Accueil Actualité de l’adoption Septembre 2009 : Qui sont vraiment les jeunes ? Une étude qui bouscule bien des idées reçues
Septembre 2009 : Qui sont vraiment les jeunes ? Une étude qui bouscule bien des idées reçues

L’adolescence est-elle ce « moment de crise » souvent décrié par l’opinion ou un âge paisible et agréable ? « nos » ados vont-ils bien ou non ? Une étude menée par une équipe du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) vient bousculer un certain nombre d’idées reçues sur ces 7 millions de 10-18 ans (12 % de la  population générale), pré-ados, ados et « jeunes » (à partir de 15 ans).



L’adolescence est-elle ce « moment de crise » souvent décrié par l’opinion ou un âge paisible et agréable ? « nos » ados vont-ils bien ou non ? Une étude menée par une équipe du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) vient bousculer un certain nombre d’idées reçues sur ces 7 millions de 10-18 ans (12 % de la  population générale), pré-ados, ados et « jeunes » (à partir de 15 ans).

Quelques exemples. 80 % des ados ne font pas de crise : pour François de Singly, directeur de recherche, « la crise est à l’adolescence ce que la grève est à la classe ouvrière, une arme de dissuasion (…) nécessaire à l’adolescence mais pas aux adolescents ». Les conduites à risque semblent légèrement en berne : la consommation régulière d’alcool a baissé à 8,9 %, contre 14,5 % en 2003. Les vols de véhicules à moteur sont passés de 75 % en 1970 à 40 % dans la délinquance des mineurs ; en revanche l’usage et la revente de stupéfiants, la dégradation de biens publics, ou les agressions verbales, physiques et sexuelles augmentent, du moins les « statistiques administratives qui mesurent toutefois davantage l’activité policière que celle des délinquants », note le chercheur Laurent Mucchielli.

Pour autant, la souffrance d’une fraction de la jeunesse existe. Elle s’exprime à travers des conduites à risque, qui concernent deux fois plus de garçons que de filles, et où des grandes catégories dominent : l’ordalie (dont l’archétype est la tentative de suicide), le sacrifice (à travers les addictions ou l’anorexie), la blancheur (jeux d’étranglement, fugues, errance, adhésion à une secte ou recherche de la « défonce »), la scarification.

Côté sentiments, l’adolescence est plutôt le temps des grandes amitiés et des premières explorations du sentiment amoureux : l’âge du premier rapport sexuel complet se situe autour de 17,5 ans. Le mélange d’autonomie sociale et culturelle s’accompagne d’une dépendance économique qui contraint les jeunes à rester chez leurs parents, l’âge moyen de départ du foyer familial se situant autour de 23 ans (contre 21 au Royaume-Uni ou au Danemark, et 27 ans en Espagne). La durée des études y contribue, mais aussi la précarité : 60 % des jeunes actifs de moins de 25 ans connaissent une situation professionnelle précaire ou le chômage.
Ce pourrait être une des clés du pessimisme des jeunes Français : ils sont 25 %, contre 60 % pour les Danois, à considérer que leur avenir est prometteur ; 28 % se disent « inquiets ». Leur regard sur le monde des adultes est critique : 2 % de 14-18 ans font confiance aux médias, 3 % au gouvernement, 4 % aux « gens en général ». Une enquête donc, qui renvoie les parents à des questionnements.

A lire dans Le journal du CNRS n°236 (septembre 2009)

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