| Adopter en Ethiopie |
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L’Ethiopie est le premier pays d’origine des enfants adoptés en France avec 288 visas accordés en 2011 pour des familles françaises, contre 445 en 2009 et 352 en 2010. Après une période d’augmentation des adoptions dans ce pays, on constate un ralentissement, dû aux nouvelles exigences du pays afin de mieux contrôler l’adoptabilité des enfants.
Avril 2011 : le MOWA (Minister of Women's Affairs) a signalé à l'autorité centrale française qu'elle n'étudierait plus que 5 dossiers d'adoption par jour au lieu de 50 dossiers/jour dans le but d'opérer des contrôles plus sévères. Une mission a été effectuée en février 2011 par deux personnes d’EFA. Qui sont les enfants adoptables ? Que ce soit en province ou à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, les enfants sont soit abandonnés « sauvagement » (ce qui est strictement interdit par la loi) et amenés dans des centres autorisés par les policiers, soit remis à ces mêmes centres par leur(s) parent(s) ou un tuteur, généralement un membre de la famille proche. Ce type de remise est autorisé à condition qu’il puisse être justifié par la pauvreté ou la maladie. Dans le cas des abandons dit « sauvages », les parents sont passibles de prison s’ils sont retrouvés. Les recueils d’enfants trouvés ou confiés se font au niveau des kébélés à travers le pays. Il est à ce niveau très difficile de vérifier si les enfants sont véritablement abandonnés. Les enfants adoptés sont plutôt des enfants de moins de 2 ans (178 en 2010) ; relativement peu de projets sont faits pour les enfants plus grands (87 enfants entre 2 et 4 ans et seulement 87 enfants de plus de 4 ans parmi les enfants arrivés en France en 2010 et quasiment aucun pour les enfants à besoins spécifiques qui restent jusqu’à leur majorité dans les centres. Le guide des bonnes pratiques du ministère de la Femme (MOWA), qui a en charge l’adoption, préconise un délai minimum de deux mois à partir du recueil des enfants, avant qu’ils ne soient déclarés adoptables et proposés en adoption internationale: l’adoption nationale concerne moins de 10 enfants par an. Toutefois ce délai minimum, qui a pour but de permettre de retrouver les parents, n’est pas toujours respecté. Si l’enfant a été remis par sa famille biologique, la ou les personnes ayant consenti à son adoption doivent comparaître devant le juge du tribunal fédéral à Addis Abeba (seul tribunal habilité pour les jugements d’adoption internationale), afin de réitérer leur consentement. Les frais inhérents à cette comparution sont à la charge de l’agence d’adoption. Ce n’est qu’après cette comparution que le jugement d’adoption pourra être prononcé. Si l’enfant a été abandonné et qu’aucune famille n’a pu être retrouvée, le tribunal fédéral pourra prononcer son adoption après avis favorable du MOWA. .../... Tous les orphelins et enfants vulnérables d’Éthiopie ne sont pas adoptables. L’adoptabilité juridique réelle gagnerait à être établie de manière plus sécurisée, et l’authenticité des informations contenues dans les documents à être mieux vérifiée, car il n’est pas rare de voir des éléments discordants dans le dossier d’un enfant. Les communications peu aisées entre Addis Abeba et la province, les problèmes liés aux traductions successives, la différence de calendrier amplifient les difficultés matérielles d’élaboration d’un dossier. Les autorités éthiopiennes sont conscientes de ces difficultés et essayent de mettre en place des protocoles pour s’assurer de la véracité des pièces contenues dans les dossiers d’adoption. Une vérification à toutes les étapes est indispensable pour que les enfants arrivés en France obtiennent de la part des juridictions françaises le statut le plus protecteur possible. En même temps, le risque pour les enfants est le rallongement d’une institutionnalisation aux effets souvent néfastes .../
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