| Le stress post-traumatique |
|
Un événement est considéré comme traumatique quand une personne s’est sentie menacée, a craint pour sa vie ou celle d’un proche, a été témoin d’événements insoutenables. Parmi les événements traumatiques: les catastrophes naturelles, comme le séisme vécu en janvier 2010 par les enfants de Haïti. Les enfants qui arrivent de Haïti, quel que soit leur âge, ont vécu un événement traumatisant : ils ont vu des bâtiments s’effondrer, ils ont pu être ensevelis, ils ont vu des enfants et des adultes autour d’eux blessés, décédés. Ils ont de surcroît manqué d’eau, d’alimentation… Ils ont connu la peur, l’impuissance, l’abandon, l’horreur. Les réactions peuvent être différentes d’un enfant à l’autre, et selon son histoire: manifestations extériorisées (agitation, pleurs, cris); symptômes physiques divers; prostration; réactivation de l’abandon. Dans son esprit, il va revivre en boucle les événements. Un enfant qui ne manifeste aucun signe ou qui ne dit rien ne doit pas être perçu comme un enfant allant bien. Dans tous les cas, il est important de consulter. Certains peuvent, à une échéance plus ou moins brève, donner l’illusion d’aller mieux. Pourtant, des troubles peuvent survenir ultérieurement, sans cause apparente, après un incident apparemment banal, après un événement marquant dans sa vie (décès d’un animal de compagnie ou d’un proche, dispute parentale, maladie, etc). Comprendre l'importance d'une prise en charge précoce: Un article à lire absolument: Urgence, traumatisme et adoption: quel devenir pour les enfants d'Haïti? (Revue L'Autre, vol. 10, n°3) Psychologue clinicienne et docteur en psychologie, Hélène Romano est la psychologue référente de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique du SAMU 94, chargée de la coordination des soins médico-psychologiques d’urgence à Orly auprès des enfants adoptés d’Haïti. Dans son éditorial, elle livre ici un retour sur l'arrivée des enfants, alerte sur les dangers psychiques, et préconise une prise en charge en amont (comme le dispositif d'accueil mis en place en Guadeloupe). Extraits: "Ce n’est pas tant la catastrophe de ce tremblement de terre que la manière dont ses conséquences seront traitées qui risqueront de faire une trace traumatique durable dans l’histoire de ces enfants. Le traumatisme, les ruptures, les pertes des figures d’attachement, sont des expériences déjà malheureusement éprouvées par ces enfants même à l’aube de leur vie d’adultes. Dans un pays où la misère et la violence de rue sont le quotidien de nombreuses familles, un grand nombre d’enfants en attente dans les orphelinats ont déjà été exposés à ces contextes traumatiques. Ce qu’ils viennent de vivre se surajoutent tout en réactivant ces traumas antérieurs. L’adoption n’annulera pas la dette traumatique…. même avec un amour infini des parents adoptants." "Des enfants épuisés certes, carencés, avec de nombreux retards de développement et des problèmes médicaux multiples. Mais aussi et pour la très grande majorité des enfants profondément blessés psychiquement avec de graves troubles psychotraumatiques : prostration, hypervigilance, hypersomnie, troubles de l’attachement (accrochage exclusif à l’adulte référent et absence d’exploration de l’environnement ou attitude de retrait, d’évitement et de rejet des adultes (intervenants, parents), regard vide, tristesse et désespoir infinis. Dans un tel contexte il est bien difficile de savoir ce qui est lié aux traumas antérieurs et ce qui serait spécifique des événements vécus depuis le séisme." un article dans La Croix (21/01/10) Extrait de l'entretien avec le Dr Thierry Baubet, pédopsychiatre à l'hôpital d'Avicenne à Bobigny: Comment réagissent les enfants ? Le jeune âge ne protège pas. On a tendance à penser qu’ils vont facilement oublier ou qu’ils ne comprennent pas la portée d’un tel événement. Mais c’est faux. Ils ressentent directement ce qui se passe ainsi que, par ricochet, l’angoisse de leurs parents. Selon leur âge, on pourra soit parler avec eux, soit passer par le dessin ou le jeu. L’arrivée des enfants de Haïti: un dispositif de prise en charge psychologique inédit (résumé d’un article paru dans Le Quotidien du Médecin, 27/01/10) Un dispositif spécifique de prise en charge psychologique précoce des enfants et des parents adoptants a été mis en plance dans un but thérapeutique et préventif. Il est coordonné par le Dr Thierry Baubet, pédopsychiatre à l'hôpital d'Avicenne à Bobigny (auteur, avec d’autres, de Bébés et traumas, La Pensée sauvage, 2006). Pourquoi un tel dispositif (extraits)? Côté parents: Ils ont été soumis à rude épreuve. Comme tous les autres, ils n’ont pas su, pendant au moins une semaine, si l’enfant était vivant ou mort et ont fini par l’apprendre dans une grande confusion et une grande angoisse. Côté enfants: Ils ont été exposés au traumatisme du tremblement de terre, aux destructions, à la désorganisation, à l’angoisse des adultes, aux cadavres. Certains ont également vécu des deuils en plus de la séparation et de leur histoire antérieure, qui peut être lourde. Les premiers enfants arrivés: On a vu à l’aéroport des enfants extrêmement choqués et qui présentaient des tableaux de choc psychique. Cela ne veut pas dire que ces tableaux sont durables mais ils peuvent l’être et se chroniciser Le traumatisme peut passer inaperçu et avoir pourtant des conséquences importantes sur le bien-être et sur le développement de l’enfant
Comment fonctionne le dispositif? Le dispositif se décline en plusieurs temps:
Un lieu de conseils, informations et adresses: le site Traumapsy Descriptif de l’événement traumatique Liste des consultations en Paris et en province => Lire en lien avec cette page: Accueillir un enfant traumatisé Traumatisme et adoption, un regard clinique Retour vers le sommaire de la rubrique Haïti: l'arrivée de l'enfant |
