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Les missions d'EFA à l'étranger
Depuis plusieurs années, la fédération EFA effectue ses propres missions à l’étranger. Elles permettent de mieux connaître les réalités et les besoins des enfants sur place et de présenter les familles françaises aux autorités des pays.

Dans cette page :


Février 2011 : mission en Ethiopie

 

ethiopieDu 29 janvier au 5 février 2011, deux membres de l’équipe Adoption internationale d’EFA se sont rendus en Ethiopie, quatrième pays d’origine des enfants arrivés en France en 2010 (352 visas en 2010 contre 445 en 2009). L’Ethiopie, qui n’a pas ratifié la convention  de la Haye, exige le passage par une agence d’adoption, qui s’engage à financer des projets liés à la protection de l’enfance. Sept organismes autorisés pour l’adoption (OAA) français interviennent en Éthiopie.

L’Éthiopie
L'Éthiopie se situe dans la Corne de l'Afrique, avec pour pays frontaliers l'Erythrée, le Soudan, la Somalie, le Kenya et Djibouti. D’une superficie de 1 137 000 km2, le pays offre une grande diversité géographique. Avec 88 millions d’habitants, c’est le second pays le plus peuplé d’Afrique, et un des plus pauvres du monde : 39% de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 1,25$ par jour.

Des problèmes économiques structurels, associés aux effets de la guerre, ont porté un frein majeur au développement du pays, avec une importante dégradation du niveau de vie et une augmentation de la pauvreté. La guerre civile a provoqué la mort de centaines de milliers d'hommes (voire d'un million), et a contraint des milliers de réfugiés à fuir vers les pays voisins ; des milliers de personnes ont été déplacées, perdant tous leurs biens. Dans un nombre considérable de foyers, la mère est le seul chef de famille. À cela se rajoute, même si ce n’est pas le pays le plus touché d’Afrique, les ravages causés par le SIDA, qui continue de décimer toute une génération. Tout cela met à mal les réseaux traditionnels d’entraide.

L’UNICEF estime à 5 millions le nombre d’orphelins[1]. A ceux-là se rajoutent les enfants dits « vulnérables » (enfants dont la famille est touchée par le SIDA, enfants sans foyer, vivant dans la rue, handicapés, etc.).

L’Éthiopie est une république fédérale composée de 9 régions et de 2 villes-régions. Chacune est subdivisée en secteurs, eux-mêmes subdivisés : la plus petite division administrative est le kébéle (équivalent du quartier ou de la commune). La religion majoritaire est la religion orthodoxe, avec une importante population musulmane. Si l’amharique est la principale langue de l’Ethiopie, il existe environ 80 langues officielles, ce qui implique une cascade de traductions pour tous les documents liés à l’adoption (langue locale => amharique => anglais => français ou autre langue européenne). Les risques de déperdition d’information ou d’insertions d’erreurs ou d’incohérences que cela suppose sont accentués par le décalage de dates entre le calendrier grégorien que nous utilisons et le calendrier éthiopien[2].

Qui sont les enfants adoptables ?
Que ce soit en province ou à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, les enfants sont soit abandonnés « sauvagement » (ce qui est strictement interdit par la loi) et amenés dans des centres autorisés par les policiers, soit remis à ces mêmes centres par leur(s) parent(s) ou un tuteur, généralement un membre de la famille proche. Ce type de remise est autorisé à condition qu’il puisse être justifié par la pauvreté ou la maladie. Dans le cas des abandons dit « sauvages », les parents sont passibles de prison s’ils sont retrouvés.

Les recueils d’enfants trouvés ou confiés se font au niveau des kébélés à travers le pays. Il est à ce niveau très difficile de vérifier si les enfants sont véritablement abandonnés.

Les enfants adoptés sont plutôt des enfants de moins de 2 ans (178 en 2010) ; relativement peu de projets sont faits pour les enfants plus grands (87 enfants entre 2 et 4 ans et seulement 87 enfants de plus de 4 ans parmi les enfants arrivés en France en 2010[3] et quasiment aucun pour les enfants à besoins spécifiques qui restent jusqu’à leur majorité dans les centres.

Le guide des bonnes pratiques du ministère de la Femme (MOWA)[4], qui a en charge l’adoption, préconise un délai minimum de deux mois à partir du recueil des enfants, avant qu’ils ne soient déclarés adoptables et proposés en adoption internationale: l’adoption nationale concerne moins de 10 enfants par an. Toutefois ce délai minimum, qui a pour but de permettre de retrouver les parents, n’est pas toujours respecté.

Si l’enfant a été remis par sa famille biologique, la ou les personnes ayant consenti à son adoption doivent comparaître devant le juge du tribunal fédéral à Addis Abeba (seul tribunal habilité pour les jugements d’adoption internationale), afin de réitérer leur consentement. Les frais inhérents à cette comparution sont à la charge de l’agence d’adoption. Ce n’est qu’après cette comparution que le jugement d’adoption pourra être prononcé. Si l’enfant a été abandonné et qu’aucune famille n’a pu être retrouvée, le tribunal fédéral pourra prononcer son adoption après avis favorable du MOWA.

Idéalement, c’est à partir du moment où le parent de naissance ou le tuteur a réitéré son consentement que les enfants devraient être amenés sur Addis Abeba pour que la procédure puisse se poursuivre. La prise en charge étant souvent insuffisante en province, ils sont souvent acheminés vers la capitale avant que la procédure ne soit terminée, avec le risque que les familles de naissance perdent leur trace.

Depuis mai 2010, le juge fédéral exige que les parents adoptants soient présents le jour de l’audience. Cette mesure a été mise en place dans un souci de protection des enfants : en 2009-2010 une quarantaine de familles étrangères ne se sont pas venues chercher l’enfant alors que l’adoption avait été prononcée.

La rencontre
En 2010, environ 4000 enfants éthiopiens ont été adoptés par des étrangers. Ce sont donc 10 à 15 enfants légalement adoptés qui prennent l’avion chaque jour à Addis Abeba avec leurs parents. Le regard porté par la population éthiopienne sur ces départs quotidiens d’enfants est assez douloureux, et les autorités conseillent  aux parents de ne pas montrer en ville avec leur enfant.

Les recommandations varient d’une agence à une autre. Ainsi, les adoptants espagnols restent dans leur hôtel avec leur enfant dès le prononcé du jugement jusqu’au départ d’Éthiopie.

Pour les Français, plusieurs rencontres sont organisées dans le centre de vie des enfants au moment du jugement. Les parents repartent ensuite en France pour ne revenir qu’au moment de l’émission du visa. En fonction des OAA les parents verront leur enfant toute la journée s’ils le souhaitent ou, pour d’autres, une à deux heures par jour. Pour ces derniers se pose alors la question de la création du premier lien d’attachement, qui n’aura quasiment pas pu commencer à se tisser.

D’une manière générale, il semblerait qu’il y ait très peu de préparation des enfants, surtout des bébés. Il est dommage qu’il n’y ait pas d’intervention à ce niveau d’un personnel qualifié susceptible de préparer au mieux les enfants à leur nouvelle vie et de les étayer pendant cette attente entre les deux rencontres. Le seul psychologue rencontré travaillait pour une agence italienne.

Les projets de protection de l’enfance financés par les OAA français
Chaque agence d’adoption intervenant en Ethiopie doit financer/apporter un soutien financier à des actions de protection de l’enfance mises en œuvre par des associations éthiopiennes accréditées.

Les projets développés par celles avec lesquelles travaillent les OAA français sont nombreux et variés, tournés pour la plupart vers la prise en charge des orphelins et des enfants vulnérables non adoptables. L’aide passe aussi par le parrainage, le recrutement de familles d’accueil, des formations pour les chefs de famille (mère, frère ou sœur aîné) : coopératives d’artisanat, projets agricoles, etc.[5] Ayant constaté que les jeunes qui ont passé toute leur enfance dans un centre d’accueil ont de grandes difficultés pour s’intégrer à leur majorité dans la société éthiopienne, des associations ont mis en place des familles d’accueil rémunérées. Les frais de scolarisation ou de formation sont pris en charge par l’association. Le parrainage des enfants issus des familles les plus défavorisées contribue à réduire la pauvreté enfantine. Plusieurs milliers d’enfants sont ainsi pris en charge.

Il est toutefois inquiétant que l’argent de l’adoption finance directement en grande partie ces projets. Si l’adoption venait à disparaître ou à se ralentir, cela mettrait en péril la prise en charge de plusieurs centaines d’enfants. La tentation est alors de poursuivre « à tout prix » un niveau élevé d’adoptions, avec tous les risques de dérives que cela suppose, et dont les victimes seraient les enfants adoptés.

Une agence italienne que nous avons rencontrée, Centro Italiano Aiuti all'Infanzia (CIAI)[6], réalise une trentaine d’adoptions par an et concentre ses efforts sur des projets de protection de l’enfance dont le financement est déconnecté de l’adoption : parrainage, réinsertion familiale, soutien au maintien dans la famille d’origine ou dans une famille de substitution. Plus d’un millier d’enfants sont pris en charge.

Certaines associations, comme WEGEN ADEN, située dans le Merkato, quartier le plus pauvre et le plus peuplé d’Addis Abeba, ne s’occupent pas du tout d’adoption. Cette structure a été créée par les notables du quartier pour venir en aide aux familles et enfants en difficulté (20 000 familles bénéficiaires et plus de 3 000 enfants vulnérables soutenus). Les actions vont de l’aide alimentaire aux conseils nutritionnels ou d’hygiène, en passant par la scolarisation, l’étayage des foyers dirigés par des enfants, la formation de jeunes en rupture sociale, et de femmes en grande précarité, le soutien aux personnes malades (HIV) et âgées, la prévention des maltraitances  …

Conclusion
Tous les orphelins et enfants vulnérables d’Éthiopie ne sont pas adoptables. L’adoptabilité juridique réelle gagnerait à être établie de manière plus sécurisée, et l’authenticité des informations contenues dans les documents à être mieux vérifiée, car il n’est pas rare de voir des éléments discordants dans le dossier d’un enfant. Les communications peu aisées entre Addis Abeba et la province, les problèmes liés aux traductions successives, la différence de calendrier amplifient les difficultés matérielles d’élaboration d’un dossier.

Les autorités éthiopiennes sont conscientes de ces difficultés et essayent de mettre en place des protocoles pour s’assurer de la véracité des pièces contenues dans les dossiers d’adoption.

Une vérification à toutes les étapes est indispensable pour que les enfants arrivés en France obtiennent de la part des juridictions françaises le statut le plus protecteur possible. En même temps, le risque pour les enfants est le rallongement d’une institutionnalisation aux effets souvent néfastes.

Enfin, il est important pour le devenir des enfants que les procédures soient sécurisées au maximum afin que l’histoire contenue dans leur dossier soit le reflet de la réalité. Les premiers enfants adoptés en Éthiopie sont aujourd’hui de jeunes adultes. Pour certains d’entre eux il a été extrêmement déstabilisant d’apprendre, lors d’un retour dans leur pays de naissance et sans préparation aucune, que l’histoire à partir de laquelle ils s’étaient construits, en toute bonne foi, n’était absolument pas la leur/était fort éloignée de la réalité.


Article paru dans la revue Accueil n° 159

Notes :
[1] http://www.unicef.org/french/infobycountry/ethiopia_statistics.html. Le terme « orphelin » désigne tout enfant dont un des parents, ou les deux, sont décédés.
[2] Les Éthiopiens sont actuellement en 2002
[3] Statistiques du SAI 2010 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/entrees-thematiques_830/adoption-internationale_2605/statistiques_5424/2010_88914.html
[4] MOWA : Ministry of Women’s Affairs (ministère de la Femme)
[5] http://www.lesamisdutoukoul.org/ - http://www.enfantsethiopie.org/index.php - http://www.jeparraine.com/fr/index.php
[6] http://www.ciai.it/



Octobre 2010 : mission en Italie



italieDu 27 au 30 octobre 2010, EFA a effectué une mission en Italie. Second pays d'accueil après les États-Unis, il a paru intéressant d'analyser les pratiques en matière d'adoption internationale mises en place suite à la ratification de la convention de La Haye (CLH) en 1998. Par ailleurs, l'âge moyen des enfants adoptés en 2010 étant relativement élevé (6 ans), se posait aussi la question de la préparation et de l'accompagnement des familles.

Les acteurs rencontrés : un service social (Turin), chargé des enquêtes d'agrément ; un tribunal des mineurs (Piémont), délivre le décret d'aptitude (agrément) ; 3 OAA et l'une de leurs coordinations ; une association des familles adoptives (Genitori si diventa) ; l'autorité centrale (CAI) n'a malheureusement pas pu être rencontrée lors de la mission.

L'agrément : Leur contenu est encore générique et hétérogène même si leur qualité a progressé en 10 ans du fait des efforts de formation des services. La préparation des postulants inscrite dans la loi est mise en œuvre de façon hétérogène sur le territoire, avec dans certaines régions des protocoles intégrant différents acteurs de l'adoption. Enfin, le nombre des agréments demandés et accordés tend à diminuer, signe d'un certain équilibre mais aussi probablement d'une prise de conscience des réalités de l'adoption internationale.

Le parcours de l'adoption internationale : Les démarches individuelles étant interdites en Italie, les 64 OAA existants sont donc des acteurs puissants et incontournables. Pour être accrédités par l'autorité centrale, ils doivent mettre en œuvre des actions de coopération internationale. De fait, dans l’organisation des OAA rencontrés, l’adoption ne représente qu’un des secteurs d’intervention à côté de la coopération et du parrainage. La professionnalisation est importante et le personnel salarié nombreux. Ces organismes bénéficient de financements publics (CAI, Union européenne, Régions...) et recherchent activement des financements privés. Leur nombre élevé entraîne cependant des difficultés de contrôle et une certaine hétérogénéité (taille, budget, professionnalisation).

Préparation et accompagnement : Pendant l'agrément, la préparation est le fait des services sociaux, en partenariat ou pas avec les autres acteurs présents localement. Ensuite, l'obligation pour les postulants de choisir un OAA dans l'année suivant l'obtention de l'agrément induit une continuité dans leur parcours et leur préparation : réunions d'information, sessions de formations au sein des OAA. Les associations de familles proposent aussi des parcours volontaires, pendant l'agrément puis pendant le temps de l’attente jusqu'à l'arrivée de l'enfant. L'accompagnement post-adoption comprend essentiellement le suivi obligatoire, mais on note le développement d'actions spécifiques, conduites par les OAA ou par les associations de parents.

Globalement, l'Italie a su s'interroger sur les implications de la ratification de la CLH. Grâce à un travail collégial de tous les acteurs de l'adoption internationale, une réforme de fond a été définie ainsi que des mesures adaptées. Toutefois, aujourd'hui les acteurs restent nombreux et le travail en synergie semble difficile. Enfin, malgré des efforts d'amélioration, la situation reste disparate au niveau géographique, le Nord du pays semblant bénéficier d'une plus grande dynamique du fait d'acteurs privés plus nombreux.

En savoir plus

Enfance & Familles d’Adoption en Italie, Accueil n°158, p. 43-46

Odorisio Maria-Linda et Guerrieri Anna, L’enfant adopté à l’étranger n’est pas un enfant étranger, Accueil n°158, p. 28-31

Au-delà de l’agrément : préparation et accompagnement – l’expérience italienne, Accueil n°159, à paraître



Octobre 2008 : mission en Haïti



haitiDepuis le début des années 2000, Haïti est, très nettement, le premier pays d’origine des enfants adoptés en France. Ouvert largement aux célibataires, Haïti est aussi un des derniers pays qui autorise les démarches d’adoption individuelle même si la nouvelle loi, toujours à l’état de projet, en prévoit l’arrêt. Les dernières années ont vu les procédures se complexifier et les délais entre l’attribution de l’enfant et son arrivée en France se rallonger de façon considérable. Il nous a semblé important de pouvoir dans un premier temps comprendre la raison de ces difficultés mais également d’approcher au plus près les spécificités de l’adoption en Haïti.

La mission
Mandatés par le CA fédéral, deux membres de l’équipe Adoption internationale fédérale se sont rendus en Haïti du 27 septembre au 3 octobre 2008.
La mission a rencontré des autorités haïtiennes et françaises et a visité plusieurs crèches.

En conclusion
La vérification des conditions légales des adoptants (par l‘IBESR) devrait pouvoir se faire avant toute proposition d’apparentement.
Le recueil des consentements devrait pouvoir se faire indépendamment de l’apparentement, et préalablement à la proposition d’apparentement.
Les capacités d’accueil des crèches et les coûts des procédures ne seront bien cadrés que grâce à une plus grande coopération entre les différents acteurs (IBESR, ACAI, OAA, ONG) et une habilitation des établissements pouvant mener des procédures d’adoption internationale.
La subsidiarité prônée par la convention de La Haye, ne peut être, compte tenu des réalités haïtiennes - sociales, économiques, politiques, climatiques -, une exigence immédiate pour ce pays.
Il y a en Haïti des enfants sans parents, des enfants qui grandissent sans l’affection d’adultes qui se sont pourtant proposés comme parents, faisons tous ensemble en sorte que cette attente soit la plus courte possible tout en préservant l’intérêt de tous (enfants, parents de naissance, parents par adoption).


Septembre 2007 : mission en Bulgarie




bulgarieLe 1er janvier 2007, la Bulgarie rejoignait l’Union européenne. Le 1er septembre 2002, la convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale entrait en vigueur dans le pays.
Ce double processus s’est accompagné d’une baisse brutale des adoptions internationales : 230 adoptions par des familles françaises en 2003 (dossiers déposés avant la signature de la convention de La Haye), 9 en 2006. Pourtant, des informations laissent supposer que le nombre d’enfants délaissés reste élevé. Après avoir alerté le Parlement européen, et au vu de la décision prise par la Roumanie d’interdire l’adoption internationale, Enfance & Familles d’Adoption a décidé de se rendre en Bulgarie.

Les objectifs

EFA souhaitait comprendre le contexte de cette diminution importante du nombre d’enfants confiés à l’adoption internationale. Quelles mesures de protection de l’enfance ont été mises en place ? Quelle est la politique en matière d’adoption ? Le principe de subsidiarité joue-t-il ? L’insistance européenne sur la mise en place d’une politique de l’enfance a-t-elle inhibé la recherche de familles en dehors des frontières pour les enfants sans perspective de retour auprès de leurs parents ou d’adoption nationale ?

La mission
Mandatés par le CA fédéral, deux membres d’EFA se sont rendus en Bulgarie du 24 au 27 septembre 2007.

La mission a rencontré des autorités bulgares et françaises, des représentants d’associations et d’ONG, et a visité deux orphelinats à Stara Zagora (6ème ville de Bulgarie).

En conclusion
- La politique de protection de l’enfance de la Bulgarie nécessite une amélioration et une diversification des prises en charge, du personnel plus nombreux et mieux formé, des changements de mentalité, une meilleure préparation des enfants pour lesquels est fait un projet d’adoption.
- Les postulants (couples mariés ou célibataires, avec ou sans enfants) doivent prendre en compte le petit nombre d’enfants proposés à l’adoption internationale, et le fait qu’ils sont généralement grands et peuvent souffrir des séquelles d’institutionnalisation.
- Du côté de la Bulgarie, l’accueil chaleureux réservé à EFA et certains signes (changement de ministre, réunion de la commission pour l’adoption internationale) laissent penser que la situation pourrait évoluer vers une reprise de l’adoption internationale.


Décembre 2006 : mission au Cambodge




cambodgeDans la perspective d’une réouverture des adoptions au Cambodge pour les ressortissants français après une fermeture de trois années, voulue par la France, Enfance & Familles d’Adoption a estimé opportun d’effectuer une mission dans le pays pour évaluer combien d’enfants pourraient être en attente de famille et dans quelles les conditions les procédures pourraient se dérouler. Deux administrateurs fédéraux se sont rendus au Cambodge du 9 au 17 décembre 2006.

Les conclusions des chargées de mission sont les suivantes :
La situation actuelle n’est pas propice à l’adoption par les Français :
1. il n’y a pas, ou très peu, d’enfants adoptables dans les orphelinats et, en tout état de cause, plutôt des enfants grands de sexe masculin ;
2. pour ces enfants, il est essentiel de trouver des familles, si les autres pays concernés par l’adoption internationale ne le font pas, par le biais, notamment, de leurs OAA ;
3. tout semble indiquer que l’adoption internationale entraîne une augmentation des bébés arrivant dans les orphelinats ;
4. dans quelques rares orphelinats, la présence de bébés en bonne santé, sans passé connu et déclarés comme adoptables devrait susciter des interrogations chez ceux qui envisageraient d’en devenir les parents ;
5. la procédure d’adoption n’est pas clairement encadrée et a, dans le passé, entraîné des dérives individuelles gravement préjudiciable à l’image de l’adoption, notamment de l’adoption par les Français ;
6. des procédures peu nombreuses et encadrées par l’AFA ou par des OAA devraient permettre à quelques enfants qui en ont réellement besoin de trouver une famille.


Janvier 2006 : mission au Maroc




marocLe 20 janvier 2006 s’est tenu, à Rabat, un colloque international sur l’enfant privé de famille et la kafala. Organisé conjointement par la Ligue marocaine pour la protection de l’enfance et l’ONG italienne Amici dei bambini, une table ronde réunissait des personnalités marocaines inquiètes de procurer un devenir stable et épanouissant aux enfants sans familles (magistrats, représentants ministériels, psychologues et responsables de centres d’accueil d’enfants) et des invités italiens, espagnols, suisses et français.

Invités par les organisateurs, l’Association Française des Parents d’Enfants Recueillis par Kafala (APAERK) et Enfance & Familles d’Adoption (représentée par deux membres de la fédération) ont fait cause commune, lors de ce débat, dans la continuité du partenariat institué entre les deux associations, pour regretter, une fois encore, le fait que la législation française soit sans doute la plus tranchée – et la plus restrictive – en ce qui concerne l’adoption des enfants recueillis en kafala au Maroc ou en Algérie par des parents résidant en France.

La délégation d’EFA a ensuite visité deux centres recueillant des enfants privés de famille et a pu constater les efforts faits pour offrir un cadre de vie adapté à ces enfants, mais aussi le manque criant de personnel. Elle tient à attirer une fois encore l’attention des pouvoirs publics français sur le sort de ces enfants, au Maroc mais aussi en Algérie, alors que des familles en France sont prêtes à se proposer pour devenir leurs parents et leur offrir un avenir.


Juin 2005 : mission en Grande Bretagne




grande-bretagneUne mission, prise en charge conjointement par EFA Gard et la fédération EFA, a rencontré des responsables du ministère de l’éducation (en charge au Royaume-Uni de la politique de la famille) ainsi que des responsables du secteur associatif. Cette mission nous a permis de constater les profondes différences entre les politiques britannique et française sur la protection de l’enfance.

Les conclusions des trois chargés de mission
Alors que la politique française sur la protection de l’enfant est basée sur la prépondérance et la préservation du lien familial, l’approche des services sociaux britanniques paraît centrée sur l’enfant et son intérêt supérieur. Il leur paraît donc primordial de rechercher rapidement une solution définitive pour l’enfant si sa famille est absente ou dans l’incapacité d’assurer son éducation, sans attendre trop longtemps une hypothétique amélioration.
Dès sa prise en charge par les services sociaux, sa situation est examinée et un suivi est mis en place. Selon le cas, l’enfant pourra être placé dans une famille adoptive ou dans une famille d’accueil (foster family).
Il est à noter que les familles d’accueil doivent suivre une préparation et obtenir un agrément tout à fait analogue à celui des familles adoptives. Les élus locaux n’interviennent pas dans la délivrance de l’agrément de même que la justice en cas de refus.
D’après nos interlocuteurs, la décision de rendre un enfant adoptable est rarement une décision judiciaire, la justice n’intervenant qu’en cas de refus abusif des parents, ce qui raccourcit les délais entre la prise en charge par les services sociaux et son adoption. On peut noter aussi que la sécurité du placement n’est pas assurée dans tous les cas, certains enfants étant même placés avant d’être déclarés adoptables, les parents adoptifs sachant qu’il y a une possibilité de faible probabilité que l’enfant retourne dans sa famille de naissance.
Dans « l’intérêt de l’enfant », celui-ci est placé, chaque fois que c’est possible, chez des parents de même origine ethnique, de même langue, de même religion et de même culture. Si cela n’est pas possible, la capacité des parents à aider l’enfant à vivre ses différences est alors prise en compte pour le placement.

On peut constater que, dans le processus de l’adoption, les Britanniques ont, beaucoup plus qu’en France, mis l’accent, d’une part sur la période préalable avec la préparation des parents et des enfants, d’autre part sur la période post-adoption avec un suivi structuré complété éventuellement par des thérapies.

Dans un souci de donner priorité à l’adoption des enfants nationaux et dans la crainte de difficultés d’intégration de l’enfant, l’adoption internationale, bien que possible, est soumise à une taxe de 5000 livres (environ 7000€) pour l’obtention de l’agrément, ce qui freine beaucoup de familles. Alors que 3700 enfants nationaux ont été adoptés en 2004, seulement 330 enfants ont été adoptés à l’étranger.


Mars 2005 : missions au Burkina Faso et au Mali




burkina-fasoDeux administrateurs d’Enfance & Familles d’Adoption se sont rendus en mars 2005 au Mali et au Burkina Faso pour prendre contact avec les autorités chargées de l’adoption, et rencontrer les enfants sur leurs lieux de vie.


maliDans le cadre des missions d’EFA entreprises à l’étranger, il nous a semblé intéressant de comparer deux pays africains proches géographiquement et culturellement, où les dépôts de dossiers de postulants français à l’adoption ont beaucoup augmenté ces dernières années. L’un a signé la convention de La Haye : le Burkina Faso, l’autre non : le Mali. Dans ces deux pays, l’accueil qui nous a été réservé par les autorités – ministères, consulats ou orphelinats – a toujours été très cordial et chaleureux, des discussions sérieuses et intéressantes se sont engagées. EFA a mieux fait connaître sa position et son engagement dans le paysage français de l’adoption, ce qui a suscité un vif intérêt chez nos interlocuteurs.









Février 2004 : mission en Chine et au Vietnam




chinevietnamÀ l’occasion d’une mission à l’étranger, M. Jacob, ministre de la famille a souhaité qu’un membre d’EFA représente dans sa délégation les familles adoptives françaises et le réseau des associations EFA sur le territoire français. La délégation s’est tout d’abord rendue au Vietnam. Là, le ministre a cherché, avec les autorités vietnamiennes, à mieux comprendre les attentes de celles-ci en termes de coûts de procédures, de nombre d’enfants adoptables et de santé de ceux-ci. Parmi les dossiers encore en attente à l’ambassade de France depuis 2001, l’Autorité centrale vietnamienne a décidé d’en prendre deux cents. Nous avons également visité un orphelinat et rencontré le comité populaire de sa région (Hoa Binh). Puis la délégation s’est rendue en Chine, où nous avons pu rencontrer les ministères concernés par l’adoption, le CCAA (centre Chinois pour l’adoption), et un orphelinat sur Pékin. La visite du CCAA nous a permis de mieux appréhender l’organisation de ce service et la façon dont les apparentements se font. M. Jacob a demandé aux autorités chinoises d’habiliter au moins un nouvel OAA français. Le seul frein a plus d’attributions d’enfants à des familles françaises semble être la capacité de nos OAA à prendre suffisamment de dossiers en charge. Nous tenons à remercier M. Jacob qui a voulu notre présence lors de cette mission et qui a donné la parole à notre représentante lors de chaque entretien.




2003 : mission Madagascar




madagascarPour la deuxième fois en moins d’un an, EFA a conduit une mission à l’étranger dans le double but de mieux comprendre les procédures d’adoption dans un pays et de présenter les familles adoptives françaises. Cette fois-ci, c’est à Madagascar que se sont rendus Marie-Hélène Theurkauff, Martine Zeisser, et Bernard Hoarau, pour présenter EFA à Madagascar et rencontrer les autorités malgaches, françaises ainsi que les responsables des orphelinats. Dans le prolongement de cette mission, l’association EFA de La Réunion a organisé une conférence avec les responsables malgaches de l’adoption internationale et Danielle Housset. Durant cette conférence et la réunion de travail qui l’a précédée, ce sont essentiellement les procédures actuelles et leurs modifications (en raison de la ratification future de la convention de La Haye) qui ont été explicitées et évaluées. Des travaux communs entre les plus hautes autorités malgaches et EFA se mettent en place, tant sur la santé des enfants que sur les réformes législatives en cours.


Novembre 2002 : mission Lettonie




lettonieEFA a organisé, financé et mené une première mission à l’étranger à l’automne 2002. Deux membres d’EFA, un médecin et membre de l’équipe Adoption internationale se sont donc rendus sur place en novembre 2002 dans un double but :



• rencontrer les autorités compétentes en charge de l’adoption afin de :
- connaître la législation et les rouages des procédures nouvelles mises en place
- sensibiliser les responsables à certaines attentes essentielles des futurs adoptants concernant à la fois la santé et le passé des enfants,
- expliquer la place et les droits identiques à ceux des enfants français que notre Loi accorde aux enfants adoptés,
- connaître de façon réelle le besoin de familles françaises (en nombre et en « qualité » de projet).
• rencontrer les enfants privés de famille dans leurs différents lieux de vie en nourrissant l’espoir :
- de pouvoir mieux appréhender leur situation actuelle et de pouvoir informer les familles françaises sur la réalité de l’adoption dans ce pays,
- de pouvoir répondre à leurs attentes, dans le cadre de l’adoption, mais aussi plus largement dans le cadre de la protection de l’enfance.

De ce premier contact aux prolongements attendus, les chargées de mission ont retenu notamment deux éléments essentiels :
• Toutes les personnes que nous avons rencontrées font preuve de beaucoup d’attention dans la prise en charge des enfants et ont comme seul souci de trouver rapidement la meilleure solution familiale durable pour ceux-ci, dès lors qu’ils sont juridiquement adoptables.
• Les considérations mercantiles n’interfèrent pas dans les procédures et l’intérêt de l’enfant est partout présent.
 
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Accueil n°161 - déc. 2011
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