| EFA prend position |
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Dans cette page:
EFA interpelle les candidats à l'élection présidentielle
Dossier unique de l'AFA: EFA s'oppose Adoption internationale: un dispositif français plus inadapté que jamais (6 février 2012) Accouchement sous X: la position d'EFA (2010-2011) Haïti: Communiqué d'Enfance & Familles d'Adoption (30 mai 2011) Adoption nationale et enfance délaissée: rapport de l'Académie de médecine (janv. 2011) Décembre 2010: Lettre ouverte à Michèle Alliot-Marie Octobre 2010: Identité nationale ou xénophobie? Mai 2010: EFA réagit aux propos du ministre des Affaires étrangères et européennes
Janvier 2010: Urgence Haïti, suite au séisme à Port-au-Prince Septembre 2009: EFA défend la fonction de Défenseur des enfants Avril 2009: Le projet de loi relatif à l’adoption, la position d’EFA Décembre 2006: EFA se mobilise en faveur des "enfants oubliés"
Décembre 2005: adoption au Cambodge malgré la fermeture
Allo docteur ?C’est avec un grand étonnement que nous avons appris que le centre de vaccinations internationales d’Air France organisait deux journées de consultation adoption les 25 et 26 mars par le docteur Jean-François Chicoine avec la collaboration des médecins répondants français du centre, chaque consultation d’une heure revenant à 330€. Serions-nous un pays en voie de développement en matière de santé de l'adoption, perçu comme tellement démuni, pour que nos cousins canadiens envisagent ce qui ressemble à une « mission humanitaire » – à des tarifs qui n’ont rien d’humanitaire ? Que justifie cette initiative du centre de vaccinations d'Air France, qui semblerait vouloir développer une activité adoption, alors que les médecins qui y interviennent ne se sont jamais rapprochés ni des médecins des consultations d’orientation et de conseil en adoption (COCA), ou des centres médico-psychologiques (CMP) spécialisés, ni d’Enfance & Familles d’Adoption, ni, à notre connaissance, d’autres associations d’adoptants ou d’adoptés ? Depuis plus de 20 ans pour la plus ancienne, des consultations spécialisées (COCA) accompagnent les familles avant, pendant et après l’adoption. A cela se rajoutent des consultations spécifiques de certains CMP comme celui du Figuier ou l’Arbre vert à Paris, voire des consultations privées. Pour une somme modique, entre 20 et 30 € selon l'âge de l'enfant (tarif d'une consultation spécialisée pédiatrique secteur 1 conventionné), prise en charge au titre de l'assurance maladie, ces structures proposent des consultations pluridisciplinaires (pédiatre, pédopsychiatre ou psychologue, voire orthophoniste ou puéricultrice) adossées à des services hospitaliers pédiatriques qui offrent tout le plateau technique nécessaire pour les examens complémentaires. En outre, elles s’appuient sur un réseau partenarial de personnes ressources ayant acquis des compétences dans le domaine de l'adoption (y compris EFA pour l’accompagnement qu’elle apporte) vers lesquelles les familles peuvent être orientées en fonction des besoins identifiés. Ces consultations n’ont pas vocation à se substituer aux médecins de famille ou aux pédiatres qui suivent les enfants, mais à intervenir en complémentarité, tant pour la famille que pour son médecin, qui peut au besoin consulter ses confrères de la COCA qui a reçu l’enfant et ses parents. Ce fut le cas pendant toute la période qui a suivi le séisme en Haïti et l’arrivée des enfants où les COCA se sont mobilisées pour répondre aux besoins des familles inquiètes et désorientées – période où le milieu de l’adoption a certainement été confronté à ce qui pourrait s’assimiler à une période d’urgence humanitaire. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la compétence internationalement reconnue et le rôle de précurseur comme pédiatre de l'adoption du docteur Chicoine, mais de s’interroger sur la pertinence de cette initiative. S’il existe en France une vingtaine de consultations adoption qui répondent aux mêmes critères que ceux mis en avant pour valider cette annonce, elles sont à ce jour encore mal réparties sur le territoire français, même si Paris et sa proche banlieue ne sont pas les territoires les plus mal pourvus. Elles se battent depuis de nombreuses années, aux côtés d’associations comme Enfance & Familles d’Adoption (EFA), pour tenter d’obtenir une reconnaissance officielle par les autorités sanitaires françaises et un financement dédié (modique) qui leur permettrait d'asseoir leur pérennité, d'améliorer leurs conditions d'exercice et d’offrir une capacité d’accueil mieux adaptée aux besoins des familles. Face aux tergiversations politiques, malgré l’élaboration d’un cahier des charges porté par la Société française de pédiatrie et EFA, les COCA ne survivent que par le bon vouloir des uns et des autres. Certaines se voient dans l’obligation de limiter le public qu’elles reçoivent selon des critères variables d’une COCA à une autre : âge des enfants, nombre d’années écoulées depuis l’arrivée en France, carte de compétence géographique de l’hôpital dont elles dépendent. L’efficacité des réponses apportées aux familles souffre aussi de l’insuffisance, et de la mauvaise répartition territoriale, des réseaux de professionnels formés aux spécificités de l’adoption adoptive, d’où le grand désarroi de nombreuses familles. Dans ce contexte, la possibilité d’obtenir une consultation avec le docteur Chicoine représente pour certaines familles l’espoir d’obtenir enfin un diagnostic pour leur enfant. Cependant, de nombreuses questions demeurent. Comment seront réalisés les bilans et examens complémentaires le plus souvent nécessaires à l'arrivée de l'enfant ? Qui en assurera la lecture, l'analyse et le suivi immédiat ? Qui assurera les différents rendez-vous nécessaires pour pouvoir poser un diagnostic pour un enfant qui se trouve déjà dans sa famille depuis de nombreuses années, en tenant compte de tous les paramètres (médicaux, familiaux, scolaires, sociétaux) ? Vers quels professionnels compétents seront ensuite orientés les enfants et leur famille ? Les médecins français du centre n'ont pas, à notre connaissance, de compétence particulière dans l'adoption et, quand bien même disposeraient-ils d'une liste de partenaires, couvre-t-elle l’ensemble de la France ? L’absence de volonté politique de donner une reconnaissance légale aux COCA, de développer les consultations dans les CMP, de donner aux professionnels spécialisés et compétents de notre pays les moyens de répondre aux besoins des familles, de créer des structures d’accueil pour tous les enfants présentant des troubles importants, ouvre la voie à des consultations comme celles proposées par le centre de vaccinations internationales d’Air France et dont le coût constituerait le critère d'accès. Nous ne pouvons que le déplorer, comme nous déplorons l'inertie sur le dossier des COCA, dont les familles sont, une fois encore, les premières victimes. Enfance & Familles d'Adoption, 12 mars 2013
Ni humanitaire ni adoption : chronique d’une supercherie numérique
Lundi 3 décembre 2012 s'est ouvert le procès de l'affaire dite Arche de Zoé devant la 15ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Retour sur cette affaire Nous sommes au printemps 2007. Les responsables d’EFA pointent déjà l’évolution de l’adoption internationale et la baisse prévisible du nombre d’enfants confiés par les pays d’origine qui, depuis, se sont confirmées. De plus en plus de pays prennent de nouvelles orientations dans leur politique d’adoption. L’Agence française de l’adoption (AFA) n’a pas apporté la réponse aux espoirs que sa création avait suscités deux ans plus tôt. Les délais d’attente se font plus longs, l’inquiétude gagne certains candidats. Ils sont quelques-uns à manifester leur mécontentement sous les fenêtres de l’AFA, ce printemps-là. Ils sont bien plus nombreux devant leurs ordinateurs, à s’informer, s’interroger et échanger entre internautes sur les listes de discussion et les forums dédiés à l’adoption. En parallèle, les médias relaient des reportages sur les urgences dans différentes régions du monde, dont le Darfour. On découvre alors des photos de populations jetées sur les routes, ou rassemblées dans des camps de réfugiés comme ceux que l’on a pu voir dans le film de Radu Mihaileanu : Va, vis et deviens (sorti en DVD quelques mois plus tôt). Les gros plans sur ces vieillards, ces femmes, ces enfants suscitent une vive émotion sur laquelle jouent les ONG dans leurs appels à dons. Ces ONG sont partagées sur la meilleure manière d’agir dans cette région du Soudan à la frontière du Tchad. C’est dans ce contexte qu’une association, créée par des personnes intervenues en Asie du Sud-Est lors du tsunami de décembre 2004, commence à faire parler d’elle sur la toile. Elle propose un « sauvetage » de 10 000 enfants (nombre ensuite revu à la baisse), qui seraient évacués par avion vers la France et d’autres pays occidentaux. Pour cela, il lui faut des fonds, et des familles susceptibles d’accueillir bénévolement ces enfants. Les invitations à contacter l’association se multiplient sur les listes de discussion dédiées à l’adoption, renvoyant vers un site qui présente une procédure qui résiste mal à une lecture juridique rigoureuse, mais qui laisse entendre que les familles qui accueilleraient des enfants pourraient ensuite les adopter. C’est encore par Internet que les familles intéressées sont invitées à assister à des réunions publiques en diverses villes – des réunions qui rassurent par le profil juridique et médical des personnes qui interviennent aux côtés des « responsables » de l’association. Séduites par ce dispositif qui leur permet d’espérer adopter, des familles relaient à leur tour le message de l’association et de ses dirigeants. Des débats animés s’engagent alors sur les listes et les forums, d’autres candidats à l’adoption exprimant leurs doutes sur la légalité de cette procédure. Dès le mois de mai, EFA met en garde contre les risques d’amalgame entre cause humanitaire et projet d’adoption. Un matin d’octobre 2007. Une centaine de familles attend sur un aérodrome, à l’est de Paris, l’arrivée d’un avion qui n’arrivera jamais. La veille, les organisateurs ont été arrêtés par les autorités tchadiennes alors qu’ils s’apprêtaient à évacuer 103 enfants. Ils sont jugés, condamnés, puis envoyés purger leur peine en France, dans l’attente d’un deuxième procès. Le site, lui, a changé d’adresse url et de contenu. De porteur d’espoir, le site s’est transformé en un espace de communication pour ceux qui, par Internet interposé, ont joué sur les élans compassionnels, les espoirs de parentalité et la crédulité. Ceux qui ont pu croire en eux ont aujourd’hui le sentiment de s’être fait piéger dans un réseau d’informations véhiculées à vive allure. Il est d’autant plus difficile de résister à ce type d’emballement numérique, de prendre le temps de démêler le sérieux de l’invraisemblable quand cela touche des projets aussi intimes. Ce qui s’est passé cette année-là pourrait se rejouer sous d’autres formes, sous d’autres cieux ; c’est la raison pour laquelle il est si important de ne pas rester isolé, de ne pas se contenter de glaner des renseignements sur un écran d’ordinateur, mais de se rapprocher de sources d’information fiables, pour mieux résister à l’attirance presque hypnotique que suscite toute lueur d’espoir, dans un contexte où le doute et l’incertitude de l’attente génèrent une inévitable vulnérabilité. Pour aller plus loin Christian Troubé, Les Forcenés de l'humanitaire. Les leçons de l'Arche de Zoé. Éditions Autrement, 2008.
Mariage et adoption pour tous: la position d'EFA
“MARIAGE ET ADOPTION POUR TOUS”: Un avant-projet de loi et un climat qui occultent les nécessaires débats de fond sur l'adoption Enfance & Familles d’Adoption en 2012, ce sont plus de 30 000 enfants (adoptés et non adoptés) vivant au sein de plus de 9 000 familles adhérentes. Depuis sa création, il y a bientôt 60 ans, ce sont près de 200 000 enfants nés en France et à l’étranger dont les parents ont rejoint la fédération à un moment de leur parcours. Apolitique et laïque, EFA réunit en son sein une grande diversité de situations parentales, à l’image de la diversité de la société française : couples homme-femme, mariés ou non, précédemment divorcés ou non, parents célibataires, veufs ou veuves, couples de femmes ou d’hommes. Des familles de toutes sensibilités et de toutes convictions. Certaines de ces familles s’inquiètent d’une évolution des schémas familiaux qui bousculent leurs représentations. D’autres y voient la possibilité de proposer une palette élargie de familles à des enfants qui attendent. D’autres encore hésitent, oscillent, s’interrogent, ou n’ont pas d’opinion. Une conviction fait consensus : nul n’a le droit d’instrumentaliser les enfants, de les brandir comme des étendards. Déjà en octobre 1999, la présidente d’EFA alertait contre les risques de faire des enfants le « fer de lance d’adultes ». C’était dans un débat organisé par les associations de parents gays et lesbiens. Cela vaut aujourd’hui aussi pour un certain nombre de ceux qui combattent le projet de loi, publiquement, ou derrière les multiples associations qui voient le jour depuis quelques semaines. Depuis longtemps, EFA, dans le respect de la sensibilité de chacun, a le souci de replacer l’enfant et sa famille au centre des préoccupations. La fédération s’inquiète de constater que l’avant-projet, et les débats qu’il génère, laissent de côté les enfants qui continueront de grandir auprès de parents non mariés ou célibataires, et occultent des questions de fond sur l’adoption et la filiation. 1 – L’adoption homoparentale existe déjà. L'avant-projet de loi sur le mariage homosexuel présenté par Mme Christine Taubira, Garde des sceaux, vise essentiellement l'égalité des droits entre les couples de sexe différent et ceux de même sexe. L'accès de ces derniers au mariage civil leur ouvrira, selon l'article 343 du Code civil, la possibilité d’adopter l’enfant de leur conjoint et celle, pour l’avenir, dès lors qu’ils seront agréés et que leur candidature sera acceptée, d’adopter conjointement. Or les personnes homosexuelles adoptent déjà, en tant que célibataires, même si elles vivent en couple : l’adoption est ouverte en France aux couples mariés et aux célibataires, mais pas aux couples non mariés. La filiation est alors établie au nom d’un seul parent. Cela pose la question de la place juridique du parent social auprès de l’enfant. Cela pose aussi la question de la préparation conjointe à l’agrément et à l’accueil de l’enfant. Aujourd’hui, c’est au nom d’un seul des deux que les couples non mariés (quels qu’ils soient) sollicitent un agrément, taisant le plus souvent, dans le cas notamment des candidats homosexuels, une partie de leur vie, pourtant essentielle, et dans laquelle l’enfant devra s’inscrire. EFA accompagne d’ailleurs déjà sans discrimination chaque couple parental et chaque personne célibataire avant et après l'adoption. Le débat “pour ou contre” mérite donc d'être dépassé pour remettre l'enfant au cœur des préoccupations, car c'est bien pour lui que l'adoption a été créée et c'est bien lui qui la vit au quotidien dans sa famille et dans la société. 2 – Si l'égalité des droits est en jeu, garantissons celle des enfants Mettons sur un pied d’égalité tous ceux qui se proposent comme parent(s) pour un enfant dès lors qu'ils sont agréés et qu’ils réunissent tous les conditions fixées par la loi (différence d'âge minimum entre l'adopté et l'adoptant, âge minimum ou nombre d'années de mariage). - Tous les candidats doivent pouvoir élaborer, au cours de l'agrément, un projet familial clair, dans lequel l’enfant pourra se construire. Et les responsables légaux des enfants adoptables, en France comme à l'étranger, doivent pouvoir faire pour eux des choix éclairés, basés sur une transparence des projets parentaux. En obtenant les mêmes droits que les couples de sexe différent, les couples de même sexe pourront désormais former à deux un projet de vie pour l'enfant et avancer ensemble vers cette parentalité. - Tous les candidats doivent pouvoir se préparer à l'adoption d'un enfant qui attend une famille, en France ou à l’étranger, avec son histoire et ses besoins. Ce nécessaire accompagnement devra comporter un discours clair et réaliste sur les possibilités réelles d'adoption par les couples de même sexe : très peu de pays d'origine sont prêts à leur confier des enfants et les regards ainsi que les pratiques doivent encore évoluer en France. L’amélioration de la préparation de tous les candidats à l'adoption et de l’accompagnement de toutes les familles adoptives est une priorité. Elles doivent être au cœur de la politique de protection de l’enfant dont fait partie l’adoption. Et il est aujourd'hui urgent d'adapter le système français de l’adoption à l'évolution du profil des enfants confiés en France et à l’étranger ainsi qu’aux exigences des pays d'origine, en proposant une véritable préparation aux candidats à l'adoption (voir notre communiqué sur ce sujet, demandant la réunion du comité interministériel de l'adoption) et un réel accompagnement après l’arrivée de l’enfant. 3 – Recentrons-nous sur les besoins de l’enfant C'est l'enfant qui a le droit à une famille, comme nous le rappellent la Convention internationale des droits de l’enfant et la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, ratifiée par la France le 30 juin 1998 : pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, l'enfant doit grandir dans un milieu familial, dans un climat de bonheur, d'amour et de compréhension. Le droit des adultes, quelle que soit leur orientation sexuelle, de pouvoir adopter un enfant ne leur donne pas pour autant droit à un enfant. Ce droit à l'enfant n'existe pas, et ne saurait être garanti par le seul lien du mariage. Tout candidat à l'adoption doit d'abord obtenir un agrément. Le besoin de l’enfant est bien d'avoir une famille pensée pour lui, organisée à partir de lui et autour de lui. C'est à partir du projet de vie de chaque enfant, intégrant son histoire, ses besoins, ses attentes, ses désirs, que doit être choisie une famille pour lui. Il existe aujourd’hui des enfants, en France et à l’étranger, qui ne peuvent bénéficier d’une famille car présentant des besoins spécifiques. L’exemple d’autres pays montre que de tels enfants peuvent plus aisément trouver une famille lorsque la palette des schémas familiaux envisagés est élargie – chaque candidature étant évaluée quelle que soit sa configuration – et qu’un accompagnement adapté est mis en place. Au-delà de sa famille, l’enfant adopté a besoin de s’inscrire dans la société qui l’entoure. Or le débat actuel risque d’accentuer les discriminations à son encontre à différents niveaux : - Le regard de la société : si 55 % des Français se disent favorables au mariage par deux personnes de même sexe, et au-delà à l'adoption, 45 % ne le sont pas. Certains propos entendus ces derniers temps sont déjà profondément (de façon intolérable) meurtrissants pour les enfants élevés par des parents de même sexe. Ceux qui, demain, seraient adoptés par ces couples risqueraient de voir se rajouter aux discriminations qu’ils subissent déjà parfois (par exemple pour cause de différences ethniques au sein de la famille) des discriminations supplémentaires du fait d’avoir deux parents de même sexe. Ces questions devront être abordées avec les candidats à l’adoption, comme le sont par exemple les questions liées à la différence ethnique, pour s’assurer d’une capacité d’empathie avec l’enfant et réfléchir aux accompagnements adéquats. Repartant des besoins des enfants en attente de famille, respectueuse des différentes sensibilités des familles qui composent la fédération, EFA considère qu’il n’est pas possible de réduire ce débat de société complexe à une revendication d’adultes, ni à la défense d’un schéma familial unique. La réflexion doit porter sur un certain nombre de points qui, aujourd’hui, dans un climat très passionnel, sont trop souvent laissés de côté : - la possibilité d’élaborer et de mener à terme un projet transparent, - la nécessité d’une information réaliste, - l’intégration dans les formations des professionnels d’une information sur les différents schémas familiaux qui seraient reconnus par la loi, de leurs spécificités (risques et ouvertures possibles) en matière d’accueil d’un enfant, - les risques de discrimination, - la mise en adéquation des projets avec les besoins des enfants adoptables, en France et à l’étranger. Tout cela passe par une politique gouvernementale volontariste, avec une amélioration de la préparation et de l’accompagnement de toutes les familles adoptives, avant et après l’arrivée de l’enfant. Il est urgent d'adapter le système français de l’adoption à l'évolution du profil des enfants confiés en France et à l’étranger ainsi qu’aux exigences des pays d'origine, afin de rechercher pour eux les familles dont ils ont besoin et de pouvoir accompagner toutes les familles. Enfance & Familles d’Adoption, le 18 octobre 2012 Télécharger la version pdf du communiqué d'EFA
EFA réclame la réunion du comité interministériel de l'adoption
Le 7 août dernier, le Service de l'adoption internationale publiait un communiqué informant les postulants à l'adoption en Russie de l'évolution des conditions requises par ce pays : à compter du 1er septembre 2012, une formation préalable de 30 à 80 heures sera exigée. Si cette disposition n'est pas une surprise – elle fait partie du traité franco-russe signé le 18 novembre 2011 qui doit encore être ratifié –, la soudaineté de son application et le manque d'anticipation de l'Autorité centrale française, responsable des adoptions internationales, interroge. La demande de la Russie vient rejoindre celles déjà exprimées par d'autres pays d'origine, comme la Chine et la Colombie, ou celles à venir comme au Burkina Faso. Exiger une préparation des postulants n'est pas, pour ces pays, un moyen de limiter le nombre des adoptions internationales, mais bien d'obtenir la garantie que les futurs parents seront capables de répondre aux besoins des enfants qui pourront leur être confiés. Prendre en compte la réalité du vécu des enfants adoptables (abandon, parcours de ruptures, carences affectives et éducatives, malnutrition souvent, problèmes de santé, etc.), et aider les familles à s'y préparer, devrait être une priorité de notre pays qui, en ratifiant la Convention internationale des droits de l'enfant puis la convention pour la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, s'est engagé à ce que l'intérêt supérieur de l'enfant soit toujours une considération primordiale. Certains pays d'accueil, comme la Belgique et l'Italie, ont placé la protection de l'enfant au cœur de leur dispositif, de leurs pratiques, et du parcours que doivent effectuer les futurs parents. En France, malgré une réflexion initiée en 2008 par Jean-Marie Colombani, malgré les travaux du Conseil supérieur de l'adoption et les référentiels publiés, malgré la proposition de loi sur l'adoption déposée le 21 septembre 2011, force est de constater que la question préoccupe mais que les initiatives restent isolées et disparates, sans mise en place d'une politique globale, cohérente et lisible. Au final, les candidats ne bénéficient pas d'un traitement égalitaire et la politique de la France reste complexe à déchiffrer pour les pays d'origine. À l'heure où les attentes des pays d'origine augmentent, alors que plus de 60 % des pupilles de l'État sont des enfants « grands » qui ont besoin que l'on forme pour eux un projet d'adoption réaliste, un programme global et coordonné de préparation et d'accompagnement de toutes les familles, quel que soit leur projet, doit être mis en œuvre. C'est pourquoi EFA sollicite aujourd'hui la réunion du comité interministériel de l'adoption, afin que la réflexion ne demeure pas le fait d'un service mais englobe tous les acteurs du monde de l'adoption concernés, dans l'intérêt des familles et des enfants. Enfance & Familles d'Adoption, le 24 septembre 2012 Télécharger la version pdf du communiqué d'EFA
EFA interpelle les candidats à l'élection présidentielle
31 propositions pour repenser l’adoption Au nom des 9000 familles qui composent son mouvement, Enfance & Familles d’Adoption interpelle les candidats aux élections, et décline en 31 propositions les enjeux majeurs de l’adoption aujourd’hui:
31 propositions concrètes pour que la France s’adapte à l’évolution de l’adoption et réponde au mieux aux besoins des enfants privés de famille en France et dans le monde, ainsi qu’aux demandes des pays d’origine, dans le respect de l’éthique et des conventions internationales. (4 avril 2012) Télécharger le livre blanc d'EFA en format PDF Lire le livre blanc : cliquer sur l'image ci-dessous :
Dossier unique de l'AFA: EFA s'oppose
En février 2011, l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des Affaires étrangères (IGAE) publiaient un rapport sur le déploiement de l’Agence française de l’adoption (AFA) à l’étranger. Si nous soutenons la majorité des préconisations de ce rapport, nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer notre opposition à la recommandation spécifiant que les familles passant par l’AFA devraient se limiter à un seul dossier (voir la revue Accueil n° 161, p. 50). Cette position semblait être partagée par l’AFA qui précisait dans un document disponible sur son site« Tableau des recommandations IGAS-IGAE et commentaires AFA » : L’AFA s’interroge sur la mise en œuvre de cette recommandation et souhaite la soumettre au débat des Administrateurs et recueillir l’avis des associations familiales. Malgré cet avis, le communiqué publié par l’AFA le 2 avril précise : « Soucieux d’améliorer l’accompagnement des familles, le conseil d’administration de l’AFA, conformément aux recommandations de la mission IGAS/IGAEE a décidé que les candidats accompagnés par l’AFA ne pourront désormais lui confier qu’un seul projet. » Nous ne pouvons que nous opposer à une telle mesure prise sans concertation avec les associations de familles adoptives, décision purement administrative, ne tenant compte ni des réalités de l’adoption internationale, ni de l’impérieuse nécessité de préparation et d’accompagnement des postulants. Le paysage actuel de l’adoption est trop incertain et le risque de voir un pays se fermer subitement, ou modifier ses critères d’acceptation, n’est pas un cas d’école (Haïti en 2010, Vietnam en 2011, Mali en 2011, Laos en 2012...). Les postulants, auxquels cette mesure s’appliquera, devront alors renoncer à leur projet devenu irréalisable et à leur agrément devenu inutilisable. La réflexion d’ensemble sur le fonctionnement de l’AFA proposée par le rapport de l’IGAS et de l’IGAE, et plus largement sur le dispositif français de l’adoption internationale, ne devrait-elle pas conduire à s’interdire systématiquement un saupoudrage de mesures qui déstabilisent les familles, qui nuisent à leur réflexion sur leurs limites parentales en leur apparaissant comme une sanction ? Enfance & Familles d’Adoption, le 3 avril 2012 Téléchargez la version pdf de ce communiqué. A lire aussi sur le dispositif français de l'adoption internationale: le communiqué ci-dessus. Adoption internationale: un dispositif français plus inadapté que jamais
En avril 2008, Jean-Marie Colombani écrivait: La diminution des adoptions internationales enregistrées depuis deux ans conduit à s’interroger sur les évolutions futures mais également sur l’organisation du système français. Quatre ans plus tard, non seulement le constat est toujours d’actualité mais les réformes amorcées alors sont restées au milieu du gué et le dispositif français semble plus inadapté que jamais à l’évolution de l’adoption internationale. La très forte baisse des adoptions internationales (- 52 % entre 2005 et 2011) en est une des illustrations les plus visibles. Les mutations pressenties sont devenues réalités: baisse du nombre des adoptions au niveau mondial, disparition progressive de la démarche individuelle, évolution du profil des enfants adoptables, demandes de plus en plus pressantes des pays d’origine pour faire adopter en priorité les enfants à besoins spécifiques mais aussi pour que les pays d’accueil leur proposent des familles préparées et accompagnées. En 2008, un premier niveau de réforme a vu le jour – création d’une autorité centrale visible et identifiable, nomination d’un ambassadeur pour la diriger, création du réseau des volontaires pour l’adoption internationale – laissant espérer que la France avait enfin pris la mesure des enjeux. Or, la poursuite indispensable de ces réformes s’est engluée dans une gestion au jour le jour, quasiment exclusivement administrative, sans vision à moyen et long termes et sans politique générale et cohérente.
Manque d’anticipation, de la part de l’autorité centrale française, sur les évolutions prévisibles, inadaptation du réseau des opérateurs (OAA et AFA), manque de volonté politique de réformer un système qui ne répond plus aux besoins des enfants adoptables et aux demandes des pays d’origine, incapacité à organiser une préparation réaliste des candidats à l’adoption. Le bilan est lourd ! L’adoption internationale ne peut pas se réduire à la délivrance de visas et à l’établissement de statistiques. Il appartient au Service de l’adoption internationale (autorité centrale française) de renforcer les OAA et d’impulser une dynamique de professionnalisation et d’évaluation des opérateurs, de mieux encadrer l’agrément des organismes et son renouvellement, de développer une coopération internationale correspondant aux besoins des pays d’origine et de soutenir avec force la mise en œuvre d’une véritable préparation des candidats à l’adoption.
L’autorité centrale française serait bien inspirée de s’appuyer sur les outils développés par le Bureau permanent de la conférence de La Haye, notamment le Guide des bonnes pratiques sur l’agrément et les organismes agréés en matière d’adoption, et sur l’expérience des pays d’accueil qui ont déjà réorganisé leur dispositif. L’adoption internationale ne retrouvera probablement jamais le niveau du début des années 2000 – et c’est une bonne nouvelle pour les enfants pour lesquels des solutions locales sont trouvées – mais il est aujourd’hui encore possible de faire en sorte que les enfants réellement privés de famille puissent trouver des familles françaises préparées et accompagnées. Encore faut-il s’en donner les moyens ! Enfance & Familles d’Adoption, le 6 février 2012
Accouchement dit sous X: la position d'EFA (2010-2011)
1. Evolution de la loi de 2002 vers la disparition de l’anonymat, avec recueil du nom et maintien du secret à la demande de la mère. 2. Informer la mère de la divulgation de son identité et lui proposer un accompagnement (ex. de la Suisse). 3. Recueil systématique d’informations médicales (bilans sanguins ou médicaux au moment de l’accouchement tout au moins), pour qu’elles soient versées au dossier de l’enfant, sans éléments identifiants. EFA pose comme préambule trois principes fondamentaux qui ont constamment guidé sa réflexion sur la question des origines:
"Accouchement dans le secret: la contribution d'Enfance & Familles d'Adtopion au débat": synthèse du rapport remis à Madame Brigitte Barèges, mission conduite à la demande du Premier ministre et de la secrétaire d'Etat à la famille (2010-2011) Rapport de Madame Brigitte Barèges: Mission parlementaire sur l'accouchement dans le secret. La Documentation française, 2011. Rapport de Joëlle Voisin et Philippe Georges (IGAS): Audit du fonctionnement du Conseil national pour l'accès aux origines personnelles. La Documentation française, 2011 Pour une présentation de l'accouchement sous X, voir aussi, dans ce site, Débats autour de l'adoption Haïti: Communiqué d'Enfance & Familles d'Adoption (30 mai 2011)
Le 22 décembre 2010, à l’occasion de l’évacuation de près de 300 enfants haïtiens adoptés ou en cours d’adoption par des Français suite à l’accord du 11 décembre entre le Premier ministre haïtien et l’Ambassadeur de France à Port-au-Prince, le Garde des Sceaux a adressé aux procureurs généraux une dépêche valant circulaire (réf. 04-10/CI/0-6/MS/271). Selon cette dépêche, le départ des enfants munis de la seule validation de l’adoption par l’IBESR n’ayant été « autorisé par les autorités haïtiennes que dans le cadre de l’adoption simple », « tout dépôt d’une requête en adoption plénière donnera lieu à un avis négatif [de la part des procureurs de la République] » (p. 1 et 6). La fédération Enfance & Familles d’Adoption a estimé que les familles concernées – qui n’avaient pas été averties de ce que la venue de leurs enfants dans le cadre du plan d’urgence était soumise à la condition qu’elles renoncent à demander l’adoption plénière, dans l’immédiat ou éventuellement plus tard –, étaient fondées à connaître les termes de cet accord pour en apprécier la portée exacte sur ce point. Elle en a donc demandé communication au responsable du Service de l’adoption internationale (SAI), qui lui a opposé un refus en ces termes : « Vous comprendrez que ces documents dont la teneur s’inscrit dans le cadre de relations intergouvernementales à caractère diplomatique ne puissent faire l’objet d’une communication extérieure » (lettre du 1er mars 2011). Le Garde des Sceaux, lui aussi sollicité, a fondé le même refus sur le fait qu’il n’était « ni signataire, ni dépositaire » de l’accord en question (lettre du 22 mars 2011). Toutefois, le responsable du SAI se désolidarisait explicitement du Garde des Sceaux en indiquant qu’il ne lui appartenait pas « d’interpréter les termes de la dépêche rédigée par le ministre de la Justice et des Libertés ». Enfance & Familles d’Adoption a néanmoins pu se procurer deux lettres constitutives de l’accord, lettres qui ne pouvaient avoir de caractère confidentiel dès lors qu’elles étaient destinées à être diffusées à pas moins de neuf autorités en Haïti, à donner lieu à une circulaire émanant d’un ministre français autre que celui des Affaires étrangères et européennes et à être opposées en justice à une centaine de familles. Sous réserve d’une authenticité dont il n’y a pas lieu de douter a priori, il n’apparaît nulle part dans ces lettres que les enfants évacués sans jugement doivent faire l’objet d’un traitement spécial quant à leur adoption en France. Dans la lettre de proposition française (29 novembre 2010), on peut lire en effet : « Pour les enfants se trouvant dans ce deuxième cas de figure (autorisation de l’adoption par l’IBESR), une procédure d’adoption pourra être introduite en France, conformément aux règles de droit français [c’est nous qui soulignons] et sur la base des pièces établies en Haïti afin de permettre à ces enfants de bénéficier d’un statut juridique adapté ». Dans la réponse d’acceptation haïtienne (11 décembre 2010) est écrit : « S’agissant des enfants sans jugement à ce jour, mais pour lesquels un consentement a été donné par les représentants légaux de l’enfant et pour lesquels l’IBESR a autorisé l’adoption, ils bénéficieront des mêmes dispositions et pourront quitter le territoire national dans les mêmes conditions », c’est-à-dire avec pour seul titre de voyage un laissez passer de type B établi par les autorités consulaires françaises : aucune allusion n’est faite à la nature de l’adoption à laquelle ils pourraient prétendre en France. Il apparaît ainsi que, contrairement à ce que donne à croire la circulaire précitée, l’accord ne comporte pas de clause restreignant le droit de certains enfants à bénéficier de l’adoption plénière, si les conditions en sont remplies. Comment les justiciables peuvent-ils accepter que le ministre de la Justice donne aux procureurs de la République, garants du respect du droit, l’ordre d’appliquer une clause d’accord international inexistante ? Comment, au vu de ce qui précède, les familles peuvent-elles croire, rétrospectivement, que les difficultés qu’elles rencontrent auprès des tribunaux depuis le printemps 2010 ne sont pas dues, en fait, au seul gouvernement français pour des motifs que, pour une raison inconnue, il ne veut pas dévoiler ? Comment interpréter le fait que, subitement, en 2010, l’absence de légalisation des consentements parentaux soit devenue rédhibitoire alors qu’elle ne l’a pas été pendant des années, et que la Cour de cassation se soit refusée à donner un avis circonstancié sur le sujet (avis n° 01100005P du 4 avril 2011) ?
EFA demande donc solennellement au ministre de la Justice et des Libertés de rendre public l’accord du 11 décembre 2010 afin que soit faite, principalement auprès des magistrats et des familles concernées, toute la lumière sur ce nouvel épisode dans le traitement judiciaire chaotique des adoptions d’enfants originaires de Haïti.
Enfance & Familles d’Adoption, le 30 mai 2011
Télécharger la version pdf du communiqué Adoption nationale et enfance délaissée: rapport de l’Académie de médecine (janv. 2011)
L'Académie de médecine vient de publier un rapport, "Faciliter l'adoption nationale", s'inquiétant de la baisse régulière de l'adoption nationale et s’intéressant de plus près aux situations de délaissement parental de certains enfants placés.
Enfance & Familles d’Adoption ne peut que se réjouir de voir ressurgir publiquement deux sujets qui préoccupent notre association depuis de nombreuses années. Toutefois, on peut déplorer que ce rapport n’échappe pas aux traditionnels clichés et amalgames concernant les enfants placés et les enfants adoptables, aboutissant à des préconisations qui prêtent à discussion. Toute aussi gênante: l’absence de référence au récent rapport de l'IGAS sur les conditions de reconnaissance du délaissement parental et ses conséquences pour l’enfant lien, remis à Mme Morano en novembre 2009 et présenté au Conseil supérieur de l'Adoption en juin 2010. Il est regrettable que l'Académie de médecine ne l'ait ni consulté (il n'est pas cité dans la bibliographie) ni étudié pour étayer son propos. Le rapport de l'IGAS, intéressant et assez complet, établit un certain nombre de constats sur la notion et les situations de délaissement parental et propose une série de mesures concrètes qu'il serait bon d'étudier de plus près. Si un rapport doit servir de support à la réflexion et à la mise en place de mesures, il apparaît à Enfance & Familles d'Adoption qu'il serait plus pertinent et constructif de s'appuyer sur celui de l'IGAS. Consulter aussi Adopter en France. Décembre 2010: Lettre ouverte à Michèle Alliot-Marie
LETTRE OUVERTE À MADAME ALLIOT-MARIE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES
Paris, le 21 décembre 2010 Madame le Ministre, Vous avez été à l’initiative de la décision de l’État français d’évacuer plus de 300 enfants haïtiens en cours d’adoption, certains déjà titulaires d’un jugement d’adoption, d’autres seulement en cours d’adoption. Parce que votre mission ne prend pas fin à l’arrivée des enfants sur notre territoire, Enfance & Familles d’Adoption vous demande de vous assurer aujourd’hui que l’État français garantisse aux enfants et à leurs familles la protection maximale qu’ils sont en droit d’attendre. Il y a deux mois à peine, vous étiez ministre de la Justice et des Libertés. Enfance & Familles d’Adoption s’est inquiété auprès de vous du devenir des enfants déjà adoptés en Haïti par des parents français, et déjà admis sur le territoire avant ou après le séisme du 12 janvier 2010. Nous avons en effet tenté de vous alerter sur la façon anormale dont les familles de ces enfants sont traitées par les tribunaux français, nous n’avons même pas reçu d’accusé de réception de nos courriers. Enfance & Familles d’Adoption espère que, après avoir pris la responsabilité de faire venir plusieurs centaines d’enfants, dont beaucoup rejoindront la France avec des dossiers d’adoption probablement imparfaits et le plus souvent incomplets, vous aurez à cœur de vous coordonner avec votre successeur au ministère de la Justice et des Libertés, afin que soit réservé aux enfants concernés un accueil qui ne se limite pas à quelques sourires devant des caméras de télévision. Enfance & Familles d’Adoption réclame aujourd’hui que la France prenne les mesures nécessaires pour régler juridiquement la situation de chaque enfant afin qu’une adoption plénière leur offre enfin la sécurité nécessaire à leur épanouissement auprès de parents sereins. Enfance & Familles d’Adoption réclame aujourd’hui, plus que jamais, que les différents ministères (Affaires étrangères et européennes, Justice, Cohésion sociale, Santé, Intérieur) et les organismes concernés (Assurance maladie, Caisse d’allocations familiales) collaborent et se coordonnent afin que enfants et parents puissent bénéficier de tous les droits attachés à l'adoption. Je vous prie de croire, Madame le Ministre, à l’assurance de ma haute considération. Geneviève Miral
Présidente d’Enfance & Familles d’Adoption
Octobre 2010: Identité nationale ou xénophobie?
Alors que les parlementaires français examinent un texte intitulé « Immigration, intégration et nationalité », Enfance & Familles d’Adoption s’interroge sur une banalisation de propos qui tendent à créer des clivages au sein de la société française. Après « l’identité nationale », présentée comme menacée par l’immigration et par des pratiques culturelles que certains voudraient lui associer, voilà que l’on cherche à diviser les citoyens de ce pays entre ceux qui seraient « d’ici » et ceux qui seraient d’origine étrangère, ces derniers étant, par glissement, a priori suspects. La France, terre d’asile et pays des droits de l’Homme, ne reconnaîtrait-elle plus les siens, craindrait-elle désormais la diversité qui a nourri et enrichi sa société et sa culture au fil des siècles ?
Récemment, sur un marché alsacien, des personnes arboraient des tee-shirts avec la mention « Pour une Alsace blanche ». Les actes racistes se sont multipliés en 2010, notamment dans cette région, et le maire de Strasbourg dénonce ceux qui cherchent à nous diviser, à semer le doute par rapport à ce qui constitue le socle républicain de notre vivre ensemble. Récemment encore, un employeur exigeait d’un stagiaire qu’il remplace son prénom de « consonance étrangère » par un prénom de « consonance française » pour ne pas heurter la clientèle. Un jeune homme, né à l’étranger et adopté, s’est entendu demander de « prouver que ses papiers n’[étaient] pas des faux » quand il a voulu renouveler sa carte d’identité. Ce ne sont là que quelques illustrations de la xénophobie ambiante ressentie et exprimée dans notre pays.
Nombre d’enfants, dans nos familles constituées ou agrandies par adoption, sont « colorés » et typés. Ils viennent de tous les pays, y compris de France, car à l’image de notre société diverse et métissée : ouverte. Nos enfants veulent « être comme tout le monde ». Pourtant, tout jeunes dans les cours de récréation, puis adolescents ou adultes, ils font régulièrement l’objet de remarques humiliantes ou agressives, de suspicions ou de contrôles intempestifs de papiers : ainsi l’un d’eux s’est récemment entendu dire qu’il « parlait bien le français pour un Noir ».
EFA ne veut pas d’une France qui se percevrait comme divisée entre « vrais » Français et « les autres ». Les familles d’EFA défendent le droit de tous les enfants – adoptés ou non – et celui des adultes qu’ils deviendront, à ne pas être perçus comme des Français de seconde zone, parce qu’ils seraient issus de parents nés hors des frontières de l’hexagone, dans les DOM-TOM ou dans des pays étrangers. Qu’il soit né français ou qu’il le soit devenu, qu’il soit né sous un chêne ou un baobab, tout enfant a le droit de grandir en France sans être sans cesse renvoyé à des origines réelles ou fictives perçues comme dévalorisantes ou suspectes. Il a le droit d’être fier de son histoire, et la société dans laquelle il grandit doit se réjouir de tant de diversité, d’ouverture, de richesses humaines et culturelles collectives et individuelles. Mai 2010: EFA réagit aux propos du ministre des Affaires étrangères et européennes
Enfance & Familles d’Adoption, le 10 mai 2010
1. procédure d’urgence médicale : évacuation de tous les enfants blessés des crèches vers la Guadeloupe et la Martinique en coordination avec des ONG 2. évacuation des enfants ayant bénéficié d’un jugement d’adoption vers la Martinique et la Guadeloupe, puis vers la métropole 3. pour les enfants en cours de procédure d’adoption, une analyse va être faite au cas par cas des situations juridiques et administratives Le SAI a mis en place un listing de plus de 900 familles et des enfants, pour envoi à l’ambassade, avec vérification des pièces que les candidats à l’adoption avaient en leur possession et ont pu envoyer : copies de mail, photos, tout ce qui pourrait constituer des présomptions de preuves. Ces éléments réunis constituent des indices et des faisceaux d’éléments permettant de valider qu’il y a bien eu jugement d’adoption, puis de constituer des dossiers légaux. Il est indispensable que les enfants puissent bénéficier d’un statut juridique qui les sécurise sur le sol français. Ces dispositions visant à permettre la reconstitution de parcours et de dossiers et la délivrance d’un visa sont analogues à celles prises par les autorités américaines. Enfance & Familles d’Adoption soutient le SAI dans la mission très difficile qui est la sienne, qui vise en priorité l’intérêt des enfants et le respect de la légalité dans un contexte extrêmement complexe.
UNE LOGISTIQUE PLUS COMPLEXE QUE POUR LES AUTRES PAYS D’ACCUEIL La logistique à mettre en place est bien plus importante que pour les autres pays d’accueil : les familles françaises réalisent 75 % des adoptions internationales de Haïti. De surcroît, les candidatures des familles, que ce soit par OAA ou par démarche individuelle, sont dispersées sur un nombre important de crèches ; d’où des difficultés pour entrer en contact rapidement avec l’ensemble des structures et des informations parcellaires, parfois contradictoires. Les quelque 900 familles sont à des stades de procédures différents : pour certaines, les visas d’adoption venaient d’être accordés ; d’autres avaient obtenu le jugement et demandaient le visa ; d’autres avaient un apparentement depuis plusieurs mois, voire un ou deux ans, mais n’avaient pas encore de jugement ; d’autres encore venaient de recevoir une proposition d’apparentement.
CONDITIONS D’EVACUATION Pour les enfants ayant obtenu un jugement d’adoption, les procédures devraient être rapides, ce qui permettrait aux enfants de rejoindre leur famille dans des délais assez proches. Pour les enfants n’ayant pas encore obtenu un jugement d’adoption, les procédures seront plus longues. Le ministère des Affaires étrangères et le Service de l’adoption internationale cherchent à mettre en place des solutions permettant de sécuriser le statut juridique de ces enfants. Dans les deux cas, les enfants seront acheminés vers la métropole : il est exclu que les parents se déplacent vers Haïti ou vers la Guadeloupe ou la Martinique.
Il est également exclu, en l’état actuel du pays, d’envisager de nouvelles adoptions.
PREPARER L’ARRIVEE DES ENFANTS Pour Enfance & Familles d’Adoption, les dispositions prises par les autorités françaises doivent impérativement être concertées avec les autorités haïtiennes et dans le respect de la population haïtienne : l’enfant doit se sentir autorisé à partir, à se projeter dans un avenir familial. La construction familiale et identitaire repose sur la sécurité juridique et affective. Afin de préparer l’avenir des enfants après leur arrivée en France (statut juridique, accompagnement et prise en charge), Enfance & Familles d’Adoption demande que soit rapidement réuni le comité interministériel pour l’adoption pour préparer l’avenir des enfants après leur arrivée en France : des dispositions doivent permettre l’obtention rapide d’un statut juridique, l’ouverture automatique de droits (administration, couverture sociale, congés d’adoption, etc.). L’impact de la catastrophe sur les enfants ne doit pas être sous-estimé. Des mesures doivent être prises pour permettre un accès rapide aux soins (par le biais des consultations pour adoption) ainsi qu’à un accompagnement, tant pour les parents, fragilisés par l’angoisse et l’attente, que pour les enfants (choc, culpabilité, souffrances, syndrome du survivant, etc.). Déjà, des mesures de soutien ont été mises en place par les associations départementales EFA et des conseils généraux, mais cela ne saurait suffire, même si EFA commence à préparer des outils d’accompagnement pour les familles. Fin du communiqué EFA du 20/01/10
Septembre 2009 : EFA soutient la fonction de Défenseur des enfants
En voici le texte: Modifier qualitativement les procédures liées à l’adoption à l’occasion de la mise en place de la nouvelle Agence nationale de l’adoption.
- l’accompagnement post adoption : lui aussi largement développé par JM Colombani, relayé dans les annonces du ministère, notamment sur les COCA. Novembre 2008 : Un cadre plus éthique pour aider parents et enfants
Septembre 2008 : L'adoption, nouvelle tendance de l'économie de marché
Avril 2008 : EFA et les AEM dénoncent les procédures irrégulières contraires à l'intérêt de l'enfant
Février 2008 : Lettre ouverte d'EFA à Bernard Kouchner
Octobre 2007 : EFA se mobilise contre le recours aux tests ADN
Selon la façon dont elles se sont constituées, les familles ne sont donc plus égales devant la loi, ni les enfants au sein d’une même fratrie : qu’il s’agisse d’un texte visant des familles étrangères n’y change rien. Cet amendement est donc inacceptable et irrecevable. Au détour d’un texte de loi visant à maîtriser l’immigration, il revient sur les conceptions de la filiation inscrites dans le droit français : la filiation biologique, mais aussi la filiation adoptive, affective, sociale car voulue par la société, juridique car reconnue par le droit. Il est en contradiction avec la législation qui sous-tend les procréations médicalement assistées, privilégiant non pas la réalité génétique mais la réalité affective et sociale d’une relation parent-enfant : l’homme qui a consenti à une procréation médicalement assistée avec donneur ne peut pas contester la paternité de l’enfant ainsi conçu. À travers cet amendement, la notion fondamentale de ce qui fonde une famille est remise en question. Les "évaluations" du dispositif votées en première lecture n’y changent rien. Les communiqués : Dans la presse Signez les pétitions Mai 2007 : le paysage de l'adoption en France
Entre promesses imprudentes et attentes exacerbées : un paysage peu lisible dans un contexte difficile Sur l’Agence Française de l’Adoption EFA a été, et reste, un relais vigilant des difficultés rencontrées par les familles depuis la création de l’AFA. Quelques exemples concrets : EFA fait remonter les difficultés de mise en place des correspondants, apportant des exemples concrets de non-réponses, tentatives de dissuasion, etc.. EFA a fait remonter les retours sur le standard téléphonique de l’AFA : informations contradictoires, question de la lettre de motivation/présentation. Nous comptons faire de même avec la MAI, où des familles ont aussi des difficultés à avoir des informations. EFA a obtenu des clarifications sur la possibilité d’engager plusieurs dossiers (sauf pour la Chine qui demande l’exclusivité). EFA a demandé et obtenu des explications sur la façon dont les dossiers ont été retenus pour le Vietnam. EFA a insisté pour qu’il y ait une répartition géographique pour la petite trentaine de pré-dossiers pour le Cambodge (5 pour Paris, 24 pour la province, un pour les DOM-TOM). EFA a alerté sur le fait que le 22 mai (jour de l’envoi) était férié en Guadeloupe et Martinique, et donc fait la liaison entre nos deux AD et l’AFA pour que les dossiers postés le 21 mai puissent être pris en compte. Sur le Cambodge : ce nombre peu élevé de dossiers pour 2007 se doublera d’un nombre tout aussi restreint de dossiers qui devraient être traités par un OAA (Amis des Enfants du Monde) ; il correspond à une réalité du terrain que nous avons mesurée lors de notre mission et qui est confirmée par le rapport d’une ONG. EFA a insisté auprès de l’AFA sur la nécessité d’obtenir des informations sur les enfants adoptables (âge, santé, etc.) et des clarifications sur les coûts. La place de l’AFA dans le paysage de l’adoption La logique a été politique plutôt que technique : démarrage (trop ?) rapide de l’AFA dans l’espoir d’engranger des résultats exploitables électoralement ? Là encore, responsabilité des politiques. Il semble qu’il n’y ait pas eu de réelle collaboration/harmonisation entre les deux instances AFA/MAI – l’Etat porte là une lourde responsabilité. Plus grave : nos responsables ne semblent pas avoir anticipé sur la réaction des pays d’origine face à cette modification du paysage de l’adoption en France. Ils ont cru que les pays d’origine se « contenteraient » d’un simple changement d’adresse (hier la MAI, aujourd’hui l’AFA). Or les pays d’origine ont demandé à connaître l’AFA, à comprendre ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas, comment elle s’inscrit dans le paysage par rapport aux OAA français, par rapport aux agences des autres pays d’accueil. Visiblement, certains pays ne sont pas convaincus par une « agence » qui ne pré-sélectionne pas les dossiers en fonction des besoins des pays (ça n’a pas été voulu par le groupe de travail qui a préparé la maquette et les statuts de l’AFA), qui n’assure pas d’accompagnement ou de suivi réel après l’arrivée de l’enfant (EFA avait souligné en son temps le risque qu’un simple « suivi » administratif ne soit qu’un trompe-l’œil). Le paysage français donne l’impression d’être éclaté. Si un pays d’origine recherche des familles pour des enfants (par exemple des enfants grands, handicapés, en fratrie), la logique veut que l’Autorité centrale française soit informée, que cette information soit relayée auprès de tous (AFA, MAI, OAA, associations de familles adoptives), qu’elle soit visible et lisible. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Enfin, on a ignoré les signaux qui montrent que l’adoption internationale est en train d’évoluer, de ralentir et/ou de changer de nature. Il suffit d’aller voir les sites officiels d’autres pays (dont le Québec, qui ne permet aux familles d’adopter que dans une dizaine de pays), de suivre l’actualité internationale de l’adoption internationale (annonce de la vice-présidente du gouvernement espagnol prévenant les familles que le nombre d’adoptions baisseraient sans doute l’année prochaine : où sont les politiques qui ont le courage de parler vrai ici, de nous traiter en adultes ?). Adoption internationale et adoption nationale Nous pouvons estimer qu’il y a encore beaucoup trop d’enfants interdits d’enfance, ailleurs, certes, mais aussi ici. D’ici ou d’ailleurs, ils se ressemblent... et ils attendent : grands, malades, en fratrie, ou d’une ethnie minoritaire. Quels parents pour eux ? Ceux d’ici n’intéressent pas, semble-t-il, ceux qui manifestent leur colère en ce moment, y compris certaines personnalités, quelques journalistes (pas tous heureusement), qui ferment les yeux et les oreilles quand Enfance et Familles d’Adoption alerte sur la détresse des enfants oubliés ici aussi (deux numéros de notre revue, une vaste campagne d’information auprès de tous les députés, tous les sénateurs, tous les présidents de conseils généraux). Ce n’est pas en montrant du doigt les enfants de certains pays, en exigeant qu’on nous les confie qu’on aidera à sensibiliser sur le droit des enfants à grandir dans une famille. Les pays concernés pourront nous rétorquer qu’on ferait bien de balayer devant notre porte ! En résumé : Les espoirs et les attentes de milliers de personnes ont été instrumentalisées par nos politiques. Aujourd’hui la colère se reporte sur l’AFA. Mais les autres instances (Autorité centrale, MAI) ont aussi leur responsabilité, de même que nos politiques. Un bilan des erreurs est urgent, et une réflexion commune doit s’engager, car les problèmes sont plus profonds et structurels que conjoncturels. Enfance et Familles d’Adoption
Mai 2007 : urgence au Darfour
Le drame qui se déroule depuis de trop longs mois au Darfour ne peut qu’émouvoir et susciter de la colère, un désir de dire « stop » dans les actes. Ces derniers jours, un communiqué de l'association « l'archedezoé » pour sauver des enfants du Darfour a été largement diffusé sur plusieurs groupes de discussion, dont celui d'EFA. Cette association se propose de faire accueillir puis adopter 10000 enfants du Darfour de moins de 5 ans par des familles en France et dans d’autres pays. Cet organisme, comme d’autres œuvrant sur le terrain, connaît la situation effroyable des enfants. Pour autant, nous invitons les familles à la plus grande prudence. Comme dans tous les cas de conflit ou de catastrophes naturelles rien ne prouve que tous ces enfants soient sans famille, les recherches les concernant peuvent être longues et déboucher sur des constats de non adoptabilité, des demandes ultérieures de restitution des enfants par des parents ou la famille élargie. Ce fut le cas pour des enfants du Rwanda, à l’issue du génocide, avec des conséquences dramatiques pour certaines familles, dans le cas d’enfants accueillis qui ne purent être adoptés et qui durent être "rapatriés". L’expérience du Rwanda a montré que des enfants très traumatisés par ce qu'ils ont vu ou vécu nécessitent un accompagnement et un soutien très importants. Ce type d’accueil correspond à celui d’enfants dits à particularité. Ensemble, nous pouvons trouver des façons d’exprimer auprès de nos responsables politiques et des institutions notre révolte, de soutenir des projets divers : villages d’enfants, regroupements intergénérationnels, voir par exemple l’article posté le 4 mai sur le site de l’UNICEF ou les analyses sur le site de Médecins Sans Frontières, actions des collectifs Urgence Darfour et Sauver le Darfour, ainsi que d’autres organismes. Aucun d’entre eux n’évoque l’adoption comme une réponse à ce drame. Veillons à ne pas mélanger colère citoyenne, solidarité humanitaire et projets familiaux. Exprimer activement notre solidarité est une chose, fonder une famille en est une autre. Un geste généreux, impulsif, n’est pas toujours la meilleure réponse à l’intérêt d’un enfant. Enfance et Familles d'Adoption, 5 mai 2007 Décembre 2006 : EFA se mobilise en faveur des "enfants oubliés"
Depuis de nombreuses années, EFA, Malgré les nombreuses sollicitations d’EFA, les dispositifs nécessaires peinent à se mettre en place.
Aujourd’hui, EFA lance une campagne de sensibilisation pour que, enfin, chaque enfant bénéficie d’un projet de vie personnel, adapté à ses besoins et à ses attentes. Les deux derniers numéros de la revue Accueil sont consacrés aux "enfants oubliés". Ils vont être envoyés à l’ensemble des parlementaires (députés et sénateurs), aux présidents des tribunaux de grande instance, aux présidents des conseils généraux, à la défenseure des enfants, au médiateur de la République ainsi qu’aux ministres concernés. Dans une lettre d’accompagnement, EFA leur demande de mieux organiser l’adoption des pupilles "à particularité" en aménageant le SIAPE (système d’information pour l’adoption des pupilles de l’État), ce que nous avons déjà réclamé à de multiples reprises. En outre, EFA réclame que la situation des enfants sans famille – notamment les enfants sous tutelles d’État – soit revue de manière systématique et régulière, pour qu’ils bénéficient d’un projet personnel approprié. Enfin, EFA souhaite que la loi votée le 4 juillet 2005 portant réforme de l’article 350 du Code civil (déclaration judiciaire d’abandon) et devant permettre à de plus nombreux enfants en attente de bénéficier du statut de pupille de l’État soit appliquée plus rapidement. Ainsi, espérons-le, dès 2007, des actions concrètes et efficaces pourront être engagées en faveur des enfants abandonnés. En ce mois de Noël, qui devrait être une période de bonheur et d’insouciance pour tous les enfants, chez nous, en France, des milliers d’enfants continuent d’attendre et de grandir dans l’oubli ! Commander les deux numéros de la revue Accueil sur les "enfants oubliés" (numéros 3 et 4 de 2006, au prix de 12 euros) : télécharger le bon de commande
Décembre 2005 : adoption au Cambodge malgré la fermeture
La Fédération Enfance et Familles d’Adoption apprend avec stupéfaction que les autorités françaises cautionnent des démarches d’adoption qui se déroulent au Cambodge dans l’illégalité la plus totale. En effet, elles ont choisi d’entériner des démarches entreprises par des Français qui se sont rendus au Cambodge alors que ce pays est fermé à l’adoption depuis juillet 2003 pour les adoptants de France ainsi que des principaux pays occidentaux. Si les adoptions ont été suspendues au Cambodge depuis cette date, c’est parce que de sérieux doutes planent sur l’adoptabilité des enfants et sur d’autres aspects de la procédure. Le 28 juin 2005, le site de la Mission pour l’Adoption Internationale rappelait que "la situation de l’adoption internationale au Cambodge n’offrant pas encore les garanties suffisantes pour assurer la transparence et la régularité des adoptions, aucune reprise prochaine des adoptions n’est envisagée". Avec l’UNICEF, la France et les autres pays d’accueil ayant suspendu la délivrance de visas se sont engagés à aider les autorités cambodgiennes à mettre en place une législation qui permette aux enfants privés de famille d’en trouver une, au terme d’une procédure qui vérifierait leur adoptabilité. La mise en place de cette nouvelle législation a été posée comme un préalable par tous pour la reprise des adoptions. L’attente souvent douloureuse et majoritairement très digne des postulants ne saurait justifier les moyens mis en œuvre par quelques-uns. La recherche d’une solution pour l’ensemble des enfants cambodgiens en attente d’une famille (donc juridiquement adoptables après vérification par les responsables légaux) ne saurait se réduire à des accommodements au profit de quelques personnes, au mépris d'une nécessaire éthique dans l'adoption et des termes de la Convention de La Haye relative à l'adoption internationale, ratifiée par la France. Que devons-nous conseiller désormais aux 25 000 candidats à l’adoption ? Qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un agrément, d’attendre qu’un pays ou un conseil de famille vous propose un enfant ? Qu’il suffit de forcer la porte d’un orphelinat à l’étranger (et pourquoi pas d’une pouponnière ici en France…) de « se choisir » un enfant puis de faire larmoyer les médias, les spectateurs des programmes de télévision et nos représentants politiques pour que toute réglementation fonde comme neige au soleil ? Que diront ces parents, demain, à leur enfant, que dira la France, demain, à ces enfants qui exigeront la vérité sur la façon dont ils sont devenus Français ? Janice Peyré Télécharger le communiqué d'EFA Le communiqué d'EFa à propos du Cambodge a été relayé par différents médias, dont France Inter : voici le contenu de la chronique du samedi 17 décembre 2005 de Danielle Messager : La France oublie-t-elle l’éthique en matière d’adoption ? C’est une grave question que ne pose absolument pas des opposants à l’adoption mais rien moins que la fédération Enfance et Familles d’Adoption, donc des familles adoptives : elles sont 10 000 au sein de cette fédération. Et si elle s’interroge ainsi, c’est parce que certains cas très récents d’adoption au Cambodge semblent suspects. Le Cambodge est fermé à l’adoption internationale depuis juillet 2003 pour les adoptants de France ainsi que des principaux pays occidentaux. Pourquoi cette fermeture ? Parce que dans ce pays, la situation concernant l’adoption internationale n’offrait pas de garanties suffisantes de transparence et de régularité. On se souvient du film Holy Lola, de Bertrand Tavernier, l’an dernier qui mettait en scène quelques intermédiaires peu scrupuleux. L’UNICEF, la France et d’autres pays se sont engagés à aider les autorités cambodgiennes à mettre en place une législation pour qu’il n’y ait plus justement de cas suspects mais tant que ce n’est pas terminé, il ne doit pas y avoir d’adoptions. Or, quelques Français se seraient rendus au Cambodge à la recherche d’un enfant et auraient pu le ramener en France avec forcément l’appui de représentants de l’autorité française, sinon il leur aurait été impossible de franchir les frontières. Alors que des couples sont en attente, que des parents qui ont déjà un enfant cambodgien espèrent un frère ou une sœur, que cette attente est douloureuse, pourquoi certaines personnes bénéficient-elles d’une aide privée qui leur permettrait de contourner une législation. C’est ce que Enfance et Familles d’Adoption n’admet pas et s’autorise à dénoncer. Il ne suffit pas de forcer la porte d’un orphelinat à l’étranger. Pourquoi faire ici ce que l’on ne se permettrait pas en France ? Est-ce qu’on pénétrerait dans une structure de l’Aide sociale à l’enfance en disant « mon regard a croisé celui de cet enfant et je me sens déjà son père ou sa mère » ? Non ! Que diront ces parents demain à leur enfant qui demandera comment il est arrivé en France et est devenu Français ? L’adoption est une démarche qui ne doit bénéficier d’aucun passe-droit ou accommodement. Sur les 5 000 enfants adoptés chaque année en France, 4 000 viennent de l’étranger. Leurs parents ont attendu, ont réfléchi, ont franchi des étapes. L’enfant adopté a le droit d’arriver en France dans des conditions respectables.
Novembre 2005 : réunion à l'Assemblée nationale
Dans ce cadre, la commission a entendu : Télécharger l'intervention de Janice Peyré, présidente d'EFA
Octobre 2005 : trafic d'enfants
Enfance et Familles d'Adoption rappelle que le trafic d'enfant est, non seulement, interdit (Convention internationale des droits de l'enfant) mais aussi contraire à l'intérêt des enfants concernés, et surtout qu' il ne s'agit en aucun cas d'adoption, l'adoption étant une manière légale de donner des parents à des enfants qui ont en besoin, non des enfants à des adultes en mal de parentalité.
Avril 2005 : à propos de l'accouchement sous X
Jusque dans la première moitié des années 1990, les familles membres d’EFA se sont beaucoup interrogées à propos de l’accouchement sous X. Dans les années 1996-1998, des mères de l'ombre ont commencé à faire entendre leur voix, et EFA a ouvert un grand débat interne, qui a duré deux ans avec, pour point central, un congrès interne consacré à la question. A l’issue de cette concertation, lors de son assemblée générale en 1998, notre association a décidé de ne pas prendre position et de laisser la question aux protagonistes non de l'adoption, mais de ce qui la précède, l'abandon et le recueil de l’enfant. Depuis cette date, EFA ne dit rien sur l’accouchement sous X, mais ses membres réclament la vérité pour leurs enfants, une connaissance la plus large possible de leur passé, de leur histoire, pour qu’ils puissent trouver des réponses à leurs questions. C’est la raison pour laquelle la présidente d’honneur d’EFA, Danièle Housset, siège au CNAOP (Conseil national pour l’accès aux origines personnelles), aux côtés des représentants des pupilles, des adoptés majeurs et des mères d’origine. Car, EFA a toujours œuvré pour expliquer la nécessité de "dire l'adoption", de fonder la famille, la relation parents-enfant, sur la vérité concernant la manière dont l’enfant était entré dans la famille. Et ce à des époques où les services sociaux affirmaient encore que moins on disposait d’éléments sur le passé des enfants confiés en adoption, moins ils en sauraient et mieux ce serait. Des progrès ont été faits. De nos jours, plus de la moitié des enfants adoptés en France auront directement accès à leur identité et leur histoire, et plus des trois quarts des jugements prononcés à l'étranger font état d’une identité complète. L’action d’EFA y a certainement contribué.
Janvier 2005 : raz-de-marée en Asie et adoption
Octobre 2004 : un rapport sur l'adoption internationale
La position d'EFA On peut regretter certains raccourcis. Les rapporteurs avancent que le nombre d’enfants adoptables est de 35 000, alors qu’il s’agit du nombre d’enfants adoptés chaque année à travers le monde en adoption internationale – tout en convenant que des pays comme la Russie ou la Chine disent vouloir confier plus d’enfants à des familles étrangères durant les quelques années à venir, et en reconnaissant qu’un effet « néfaste » de la Convention de La Haye est que certains pays suspendent l’adoption internationale afin de ne pas apparaître comme des pays pauvres « pourvoyeurs » d’enfants. Le rapport aurait gagné à consacrer un chapitre transversal sur : 1. Les coûts de l’adoption, avec un tableau comparatif par destination des coûts entre OAA, et une estimation des coûts de la démarche individuelle. Si de tels chiffres ne sont pas disponibles, sur quoi se base l’affirmation que le coût par démarche individuelle est supérieur à celui par OAA? 2. La santé des enfants, l’accueil nécessaire, leurs besoins, l’attente des pays qui nous les confient ; alors que ces points ont été largement développés par les représentants d’EFA qui ont été auditionnés par les rapporteurs. 3. L’évolution de l’adoption internationale, des profils d’enfants divers (quant à leur ethnie, à leur âge et leur santé). Partir de l’enfant aurait permis de s’interroger sur comment améliorer la façon d’aller vers lui. Le but n’est pas de défendre telle démarche plutôt qu’une autre. Le but est de s’assurer que les enfants dans l’attente ne le restent pas plus longtemps que prévu par la loi de leur pays ; qu’aucune pression n’est exercée sur les parents de naissance ; que l’apparentement, et encore moins la rencontre, n’aient pas lieu avant que l’adoptabilité soit définitivement établie ; que nul n’exerce une pression sur les personnels des centres, que ce soit un candidat individuel ou un OAA en situation de quasi « monopole » sur un centre ; à l’inverse, que ni les candidats ni les OAA ne soient victimes de « chantages à l’enfant » de la part de personnes du pays d’origine.
Septembre 2004 : y a-t-il un âge maximum pour adopter ?
Juin 2004 : actes racistes
Septembre 2003 : l'affaire de Nancy
L'Etat français s'est donné une mission, celui de trouver une famille pour tout enfant qui s'en trouve privé, se dotant pour cela des outils juridiques nécessaires à sa protection et à celle de la famille qui l'accueille, dans le respect des droits des parents de naissance. Depuis un demi-siècle maintenant, EFA s'est engagé dans le même sens, en n'ayant de cesse d'insister que la protection de cette nouvelle famille est vitale pour que puissent se tisser les liens essentiels au bien-être présent et futur de l'enfant. EFA a toujours mis en garde les familles contre toute remise d'enfant, ici ou ailleurs, non sécurisée, ne présentant pas toutes les garanties au niveau de l'adoptabilité, du consentement, de la protection qu'offre le droit. Une famille, un enfant, ne sauraient se construire sur l'incertitude. C'est pour cela qu'EFA ne saurait accepter que soit remis en cause l'article 352 et que l'article 353 soit interprété de façon abusive, qu'une requête d'adoption soit rejetée alors que Si, demain, l'article 352 est mis à néant et que les tribunaux invoquent pour ne pas appliquer l'article 353 des raisons autres que celles inhérentes au processus d'adoption et relevant davantage de considérations socio-idéologiques que juridiques, qui demain se sentira capable de se proposer en parents pour un enfant né en France dont les deux parents n'auront pas consenti à l'adoption ? Les familles adoptives prêtes à s'engager auprès d'un enfant ne se sentiront plus protégées par la loi française. Ne seront-elles pas tentées de se tourner vers l'étranger ? Que deviendront ces enfants ? L'adoption est un engagement mutuel entre une société qui confie un de ses enfants après s'être entouré de toutes les précautions et une famille qui s'investit pleinement auprès de lui. C'est pourquoi Enfance et Familles d'Adoption tient à : 1) Rappeler que l'article 352 demeure la pièce maîtresse et inaliénable du dispositif de placement en vue d'adoption 2) Souligner que les délais dont disposent le père et la mère pour faire valoir leurs droits sont les mêmes : à cette fin, il est proposé que l'article 62-1 soit complété comme suit : « Si la transcription de la reconnaissance paternelle s'avère impossible, du fait du secret de son identité opposé par la mère, le père peut en informer le procureur de la République. Celui-ci, dans les conditions des articles 351 et 352 CC, procède à la recherche des date et lieu d'établissement de l'acte de naissance de l'enfant. (par décret) 3) Proposer la procédure suivante pour éradiquer toute fausse reconnaissance de paternité : 4) Réaffirmer que l'on ne saurait confondre le placement provisoire d'un enfant auprès d'une assistante maternelle agréée et un placement en vue de l'adoption auprès de candidats titulaires d'un agrément. L'une est une professionnelle intervenant sur une durée plus ou moins limitée dans le temps, les autres sont des parents s'investissant dans un projet de vie. La place de l'une et des autres auprès de l'enfant est, dans son intérêt, nécessairement différente et nous ne saurions accepter une confusion entre ces rôles respectifs qui ne pourrait qu'aller à l'encontre de l'intérêt de l'enfant.
Février 2003 : l'affaire Odièvre
EFA, sans vouloir nier la souffrance de la requérante, constate que cet arrêt de la Cour européenne conforte : L’arrêt rappelle ainsi que le CNAOP offre à nos enfants une voie de recherche. Stabilisé par l’adoption plénière qui lui offre des parents pour la vie et toute la sécurité, tous les droits, qu’apporte une filiation, l’enfant peut, s’il le souhaite, quand il le souhaite, entamer des recherches. Sachant que celles-ci peuvent, si les deux parties y consentent, déboucher sur des retrouvailles ou, quand cet accord n'est pas obtenu, sur une impasse, réalité dont les parents doivent être conscients quand ils accompagnent leur enfant dans une recherche éventuelle, réalité que vient rappeler l’arrêt. EFA a apprécié que la filiation par adoption plénière soit confortée. Elle n'a pas pris parti sur le contenu de cette affaire dont les circonstances sont bien plus complexes que cela paraît. |
EFA prend position


