| La tuberculose |
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La tuberculose contractée dans les pays pauvres n’est pas plus grave qu’ailleurs. C’est le retard de diagnostic et le manque de soins qui en fait une maladie plus grave qu’en France. Compte tenu de la lenteur de l’évolution, les chances de guérison sont réelles une fois rentré en France. Encore faut-il y penser et en chercher les signes.
Dans cette page : La tuberculose, qu’est-ce que c’est ?La tuberculose est une maladie infectieuse dont le germe responsable est le bacille de Koch, BK pour les intimes. Il est présent dans les sécrétions pulmonaires des personnes malades, et se transmet par voie respiratoire dans les gouttelettes qui accompagnent la toux et la respiration et dans les crachats. La tuberculose autrefoisAvant la découverte des antibiotiques et notamment de la Streptomycine, le premier antituberculeux, dans les années 50, il n’y avait aucun traitement efficace de la tuberculose. Beaucoup de malades mourraient à l’issue d’une longue agonie (La dame aux Camelias) et ceux qui réussissaient à guérir étaient très affaiblis, amaigris et avaient du mal à reprendre le dessus. Ces malades non traités étant très contagieux, on a implanté des sanatoriums pour les isoler, de préférence à la montagne en espérant que le bon air les aiderait à combattre la maladie. Quant aux enfants dont un parent était atteint, on les envoyait dans des préventoriums dans l’espoir de leur éviter la maladie. On a ainsi créé de magnifiques carences affectives et les premières observations d’hospitalisme datent de cette époque.
La tuberculose aujourd’huiLa tuberculose n’a pas disparu en France, elle est même en légère recrudescence notamment dans les régions à forte population migrante.
Diagnostic et traitementsSans entrer dans les détails, une toux qui traine, une fièvre modérée mais persistante, un amaigrissement, une grande fatigue, des sueurs nocturnes, sont des signes qui doivent faire penser au diagnostic. L’évolution de la maladie étant très lente, la rencontre avec le « contaminateur » peut dater de plusieurs semaines voire plusieurs mois et l’on n’y pense pas toujours. Au moindre doute on fera :
Il existe maintenant de nombreux antibiotiques antituberculeux, et on ne meurt plus de tuberculose en France sauf en cas de retard de diagnostic important ou de défenses immunitaires particulièrement faibles (SIDA par exemple). Le principe est d’associer entre 1 et 3 médicaments selon l’intensité de la maladie et selon la sensibilité du germe, pendant une durée qui dépendra aussi des lésions et de leur évolution, mais qui se compte en mois voire en années. Par précaution on traite aussi les primo-infections sur une durée de 3 à 6 mois, même en l’absence de signes de maladie. Il y a donc des personnes traitées par antituberculeux qui ne sont pourtant ni malades, ni contagieux. Ils ont simplement fait l’objet d’un dépistage qui a montré leur contamination récente par le bacille, et on préfère traiter avant de savoir si leur organisme sera en capacité de se défendre tout seul, et avant qu’ils ne deviennent contagieux. Malgré toutes ces précautions, certaines primo-infections passent inaperçues mais ne se règlent pas si bien. Si la lésion pulmonaire peut guérir toute seule, le BK s’est développé et est allé s’installer ailleurs créant d’autres lésions sur le même principe : abcès et destruction du tissu normal.
La tuberculose dans les pays pauvresLa tuberculose est toujours considérée par l’OMS comme un fléau à l’échelle mondiale : 9 millions de personnes atteintes dont 900.000 enfants, 2 millions de morts par an. Les pays pauvres sont les plus touchés du fait des conditions d’hygiène, de la promiscuité, du manque de soins et de la malnutrition qui fragilise les populations les plus fragiles. Le diagnostic est souvent fait tardivement et la contagion est extrême. Les traitements existent mais ils coutent chers, doivent être poursuivis sur une longue durée alors que le malade se sent mieux, et provoquent des effets secondaires qui nécessitent une surveillance médicale pas facile à réaliser dans ces conditions. Les enfants peuvent être touchés dès la naissance par leur mère tuberculeuse soit dans la petite enfance. Leur fragilité naturelle les amène à présenter des formes graves (méningée, pulmonaire ou osseuse). Cette évolution pouvant prendre des années, ils peuvent être proposés à l’adoption pendant cette période et l’on ne découvrira la maladie qu’à leur arrivée en France. Ceux qui feront une forme méningée n’arriveront malheureusement pas jusque là. Il n’est pas rare de découvrir une tuberculose pulmonaire passée inaperçue chez des enfants récemment arrivés en France. Hormis le risque de contamination de l’ensemble de la famille qui sera l’occasion d’un bilan pour tous et peut-être d’un traitement préventif, le traitement antituberculeux viendra vite régler le problème même si cela signifie médicaments (pas toujours très facile à faire avaler), surveillance régulière avec parfois quelques hospitalisations d’une journée, prise de sang, et explications répétées sur l’absence de contagion pour la scolarisation… La tuberculose peut aussi avoir été diagnostiquée et traitée dans le pays d’origine. Tout dépendra alors de l’âge de l’enfant, de la forme dont il est atteint, du traitement qui lui aura été donné, de la durée de celui-ci. Correctement traité il ne sera plus contagieux mais ce sera le bilan des séquelles qui devra conduire sa prise en charge. C’est parfois la tuberculose osseuse qui sera au centre du problème, soit avant le projet d’adoption soit après l’arrivée en France. Là encore c’est l’intensité des lésions, leur localisation qui déterminera l’importance des séquelles et leur traitement. Mais à ce stade, on n’est plus dans l’urgence d’une maladie infectieuse mais dans la réparation des dégâts causés. Quelles précautions prendre ?La carte de la tuberculose dans le monde se calque sur celle de la misère et de l’épidémie de SIDA. L’Afrique noire, l’Asie du Sud-Est, la Chine, le Brésil, Haïti et plus près de nous les pays baltes font partis de la vingtaine de pays où se concentrent 80 % des malades atteints de tuberculose. Que vous y alliez en tant que touriste ou comme futur adoptant, vous courrez le risque d’être contaminé avec 5 à 10 % de risques de déclarer votre tuberculose pulmonaire au retour en France. Ce sont les plus fragiles qui sont les plus exposés, enfants en bas âge, personnes âgées mais aussi les personnes sous corticothérapie ou immunosuppresseurs pour d’autres raisons médicales. Ce critère devra être pris en compte lors du choix du pays vers lequel les futurs adoptants vont se tourner.
En savoir plus
Site de l’OMS « La tuberculose » Site Doctissimo « Tuberculose » Site de l’institut Pasteur Page préparée par le Dr Odile Baubin Vice-présidente Santé-Vie de l’enfant d’Enfance & Familles d’adoption
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