Les Consultations d’orientation et de conseil en adoption (COCA) sont à la disposition des familles dont les enfants arrivent d’Haïti, bien que n’ayant pas été associées à la réflexion sur les conditions d’arrivée. Le professeur Michel Roussey (CHU de Rennes) exprime son étonnement.

Voici le courrier adressé le 21 décembre par le professeur Michel Roussey, en réponse à un mail des autorités. Nous reproduisons son courrier avec son autorisation:

Permettez-moi de m’étonner de votre mail confidentiel. Je suis en effet surpris que le dispositif mis en place pour les 300 enfants haïtiens ait été décidé sans consultation préalable des Cocas de terrain, afin de savoir si elles étaient en capacité de faire face à cette arrivée importante pendant les périodes de fêtes. Je suis également surpris de ne pas voir de destinataires émanant du ministère de la santé qui est notre ministère de tutelle. Ces enfants vont forcément poser des questions de santé et d’ailleurs vous demandez aux Cocas d’intervenir 48 h et 5 jours après leur arrivée. Il est curieux de recevoir des informations uniquement de la diplomatie et du social.

L’intitulé « confidentiel » me laisse perplexe et laisse à penser qu’il ne faut pas que nos directions hospitalières soient informées alors que nos urgences sont actuellement encombrées, que les consultations hospitalières ferment certains jours et que le personnel prend en toute logique des jours de congé.

En tant que responsable d’une Coca, je ne peux que redire ce que j’ai déjà dit lors du séisme de janvier dernier. Bien évidemment nous venons en aide aux enfants et aux familles et savons être réactifs en cas de catastrophe en se mobilisant au détriment d’autres activités. Les Cocas n’ont aucune reconnaissance officielle et se sont créées à moyens constants pour rendre service à des familles et des enfants en complémentarité du travail des Conseils Généraux, qui eux-mêmes ne donnent aucune aide. On compte sans arrêt sur notre empathie et notre dévouement mais ces Cocas ne peuvent continuer à exister sans aide complémentaire. La question est simple: soit elles ont un rôle essentiel et doivent alors avoir une reconnaissance officielle des ARS afin de leur permettre de fonctionner correctement et non pas sur des engagements personnels, soit elles ont un rôle accessoire et n’ont plus de raison d’être.

Cela fait des années qu’on nous fait miroiter cette reconnaissance officielle et une fois de plus on compte sur notre dévouement. La catastrophe d’Haïti ne fait qu’accentuer le fait qu’il n’y a pas de véritable volonté politique à officialiser l’existence de ces consultations spécialisées.
J’adresse ce courrier à ma direction générale et au ministère de la Santé. Je joins également un autre courrier dans lequel je résume le sentiment d’une équipe de terrain.

Bien à vous et bonnes fêtes de fin d’année.
Pr Michel ROUSSEY
Pôle de Pédiatrie médico-chirurgicale et de génétique clinique.
Responsable de la Coca. Hôpital Sud
CHU Rennes
16 bd de Bulgarie. BP 90347
35203 RENNES cx2

Liste des Consultations d’orientation et de conseil en adoption (COCA).

Voir aussi la rubrique L’arrivée de l’enfant