Il n’existe pas de droit à l’enfant

La polémique enfle autour de l’adoption par les couples de même sexe.

Dans ce contexte, il est important de rappeler qu’il n’y a jamais eu de droit à avoir un enfant, mais, qu’en revanche, chaque enfant a le droit d’avoir une famille, quels que soient son origine, son histoire et ses besoins spécifiques ( la position d’EFA sur le mariage pour tous en octobre 2012 ).

EFA accueille tous les candidats à l’adoption dans le respect de leurs projets et de leurs limites et rappelle que l’égalité de traitement entre tous les candidats à l’adoption, dés lors qu’ils sont titulaires de l’agrément pour adopter, doit être respectée.

Les enfants pupilles de l’État sont tous des enfants particuliers ayant tous subi des ruptures affectives. Il convient alors de chercher, pour chacun d’eux, non pas une famille au hasard parmi les 13 700 agréments en cours de validité mais LA famille qui pourra répondre au mieux à ses besoins. Les conseils de famille des pupilles de l’État ont la responsabilité de déterminer, avec l’aide des professionnels des services, le profil parental qui pourra correspondre à cet enfant-là, en tenant compte de son vécu pré-adoptif et de ses particularités, et de choisir ensuite la famille à qui il sera confié en vue de son adoption.

Il ne s’agit pas de croisement de listes ou de quota selon l’orientation sexuelle des futurs parents, leur statut matrimonial, leur âge, leur couleur de peau ou leur religion… Il ne s’agit pas non plus de mettre « en concurrence » les uns et les autres, mais d’effectuer un travail sur-mesure qui engagera à vie un enfant et ceux qui deviendront ses parents.

Aujourd’hui, avec moins de 1 500 adoptions (internationales et nationales) par an, il est certain que tous les candidats à l’adoption ne verront pas leur projet aboutir. Malgré cela, si les conseils de famille des pupilles de l’État trouvent aisément des familles pour les enfants très jeunes et en bonne santé, il n’en est pas de même pour plus de 800 enfants pupilles de l’État. Certains de ces enfants sont plus grands, leurs premières années de vie ont été marquées par des traumatismes, des ruptures successives, des maltraitances et des négligences, d’autres sont en fratrie, porteurs de pathologie ou d’un handicap… Ils ont besoin d’être accompagnés, ils ont besoin de parents, préparés à les accueillir, ouverts aux différences, de parents qui devront développer des compétences particulières et de solides capacités d’adaptation.

Se proposer comme parent d’un enfant à besoins spécifiques, c’est probablement se donner plus de chances de voir son projet aboutir, mais c’est d’abord et surtout cheminer, si on est en capacité de le faire, vers un enfant différent de celui qu’on avait imaginé au départ. Ce cheminement se travaille et s’accompagne, tant du côté des parents que de celui des enfants ; certains services Adoption en France – dont celui de Seine-Maritime – se sont particulièrement mobilisés en leur faveur.

Et ne l’oublions pas : chaque enfant est singulier et chaque candidat à l’adoption est particulier.

Enfance & Familles d’Adoption, le jeudi 21 juin 2018