Une famille adoptive a été victime d’actes racistes en Alsace.

Voici le communiqué de presse des associations Les Enfants du Congo Béthanie et Enfance et Familles d’adoption (20 juin 2004)

Ce communiqué, nous aurions voulu ne jamais l’écrire…..
Le 18 Juin 2004, puis de nouveau le 19 juin, la maison d’une famille résidant en Alsace a été couverte d’inscriptions ignobles, attentatoires à la dignité humaine : « maison de pédés, nègre, les nègres en Afrique, la France aux Français! », ainsi que de croix gammées. Si cette famille était visée ainsi de façon aussi infamante, c’est que deux des enfants sont nés d’une ethnie différente de celle de leurs parents : car parents et enfants sont entrés dans la vie les uns des autres par adoption et devenus par là affectivement, juridiquement, définitivement une famille à part entière, une famille française.

Ce qui a été écrit sur leurs murs a été écrit sur chacune de nos maisons, gravé sur chacun de nos fronts. Ensemble, familles qui nous sommes constituées ou élargies par adoption, et quel que soit le pays d’origine de notre enfant, nous ne pouvons laisser passer de tels actes, nous ne pouvons tolérer que des enfants soient ainsi souillés et montrés du doigt sur le sol du pays qui est le leur. Nous ne pouvons accepter ni l’escalade, ni la banalisation du racisme que certains de nos enfants, dans les propos entendus dans leurs cours d’école ou leur quartier, ont malheureusement appris à connaître.

C’est pourquoi, ensemble, l’association Les Enfants du Congo Béthanie et la fédération Enfance et Familles d’Adoption, nous portons plainte dans le cadre de la loi, nous souhaitons que la presse se fasse largement écho de cet événement honteux comme elle le fait fort justement pour d’autres, nous porterons à la connaissance des plus hautes autorités de notre pays ce qui vient de se passer. Pour que d’autres familles, demain, ne voient pas ainsi leur domicile souillé, pour que tous nos enfants grandissent dans la fraternité et l’égalité indissociables de la liberté dont notre République, leur République, se porte garante.

 

Communiqué de Presse