Adopter en Asie et Océanie

L’Asie a été un des premiers continents vers lesquels les familles françaises se sont tournées : la Corée du Sud dans les années 1980, puis Inde et Sri Lanka. Aujourd’hui, les familles adoptent principalement au Vietnam, en Thaïlande, et en Inde.

A noter

L’actualité en matière d’adoption internationale évolue rapidement, il convient donc de s’informer régulièrement, sur les pays dont nous proposons ici un zoom, mais aussi sur les autres.

N’hésitez pas à vous rapprocher de votre association départementale EFA, qui sollicitera le cas échéant l’équipe « adoption internationale » de la fédération Enfance & Familles d’Adoption. Il convient de noter que l’adoption d’enfants nés en Polynésie française ne relève pas de l’adoption internationale, mais d’une procédure comportant un certain nombre de spécificités

Actualités et tendances: Asie et Océanie

Les adoptions en Asie en 2016

En 2016, 208 enfants sont arrivés d’Asie (235 en 2015, 307 en 2014), soit 22 % du total des enfants adoptés par des Français à l’international. Les adoptions sur ce continent sont en constante diminution depuis 2005, année où elles représentaient plus du tiers des adoptions internationales, du fait, entre autres, du ralentissement souhaité par la Chine (mise en place de nouveaux critères plus restrictifs pour les couples), de la ratification de la convention de La Haye par le Vietnam. A souligner une reprise des adoptions en Inde suite à la mise en place de nouvelles instructions et d’un nouveau système en 2015 (Pour plus d’information se référer au rapport de la mission effectuée par EFA et la MAI en mars 2017). En 2016, les principaux pays d’origine en Asie sont :

  • Le Vietnam avec 74 enfants arrivés dont 69 enfants sont à besoins spécifiques
  • La Thaïlande avec 46 enfants dont 24 enfants sont à besoins spécifiques.
  • L’Inde avec 31 enfants arrivés dont 27 sont à besoins spécifiques

Il faut y ajouter :

  • La Chine : 28 enfants. Actuellement le délai d’attente pour l’adoption d’un enfant en bonne santé est de 8 à 9 ans. Ce délai est susceptible d’augmenter dans les années à venir.
  • Les Philippines : 17 enfants.

La majorité de des pays d’origine d’Asie où l’adoption est possible ont ratifié la Convention de La Haye, ce qui impose un passage obligatoire par OAA ou par l’AFA, sauf la Corée du Sud qui a signé la Convention mais ne l’a pas encore ratifié. Le passage par OAA est néanmoins obligatoire.

Pour plus de renseignements chiffrés se reporter au rapport annuel de la Mission de l’Adoption Internationale (MAI) pour 2016.

EFA en France

Trouvez l’association dans votre département

Il existe une association EFA dans chaque département, animées par des parents adoptifs qui ont une expérience des démarches d’adoption.

Adopter au Cambodge

En quelques années, les adoptions sont passées de quelques dizaines par an à 228 en 2000.

En juillet 2003, les procédures dans ce pays étaient suspendues puis reprises en avril 2007 (ratification de la Convention de la Haye) avec de nouvelles procédures jusqu’en décembre 2009 où une nouvelle loi a été promulguée et les adoptions de nouveau suspendues

En 2013, la MAI confirmait le maintien du moratoire sur les adoptions internationales au Cambodge, moratoire toujours en cours (octobre 2017).

Fiche Cambodge de la MAI

Adopter au Népal

Le Népal a signé en 2009 la Convention de la Haye, mais peine à mettre en place les pratiques administratives et juridiques adéquates.

De ce fait, depuis août 2010, la France ne transmet plus de dossiers au Népal.
Communiqué de la Mission de l’Adoption Internationale (16 aout 2010)

Le Népal a signé en 2009 la Convention de la Haye, mais peine à mettre en place les pratiques administratives et juridiques adéquates.

De ce fait, depuis août 2010, la France ne transmet plus de dossiers au Népal. Communiqué du SAI : Actualité Népal (16.08.10)

En février 2017 la MAI s’est rendu à Katmandou pour y rencontrer les autorités népalaises. Il est ressorti de ces rencontres que le Népal n’est pas encore prêt à une réouverture aux adoptions internationales. En conséquence le moratoire est maintenu.

Adopter au Vietnam

Le Vietnam a ratifié la convention de la Haye qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2011.
Depuis cette date la priorité est donnée aux enfants à besoins spécifiques.
Il n’est pas inutile de rappeler que cette ratification est intervenue dans un contexte particulier.

Le Service Social International (SSI) a mené, à la demande de l’UNICEF et au ministère de la Justice vietnamien, une enquête indépendante, qui a donné lieu à un rapport. Ce rapport présente des éléments très intéressants notamment sur les questions de l’adoptabilité et de l’argent en partant de plusieurs constats:

  • L’adoption internationale au Vietnam dépend essentiellement de la « demande » des candidats étrangers à l’adoption, c’est pour cette raison que la très grande majorité des enfants adoptés à l’étranger ont moins d’un an.
  • Les circonstances dans lesquelles les enfants deviennent adoptables sont obscures et troublantes. Le principe de subsidiarité ne s’applique pas.
  • L’adoption internationale est marquée par des relations particulièrement malsaines entre les agences et les institutions qui accueillent les enfants. Cela implique des contributions financières obligatoires et importantes des agences sous forme « d’aide humanitaire ». On accorde beaucoup plus d’importance à cette aide qu’à la question de savoir, au cas par cas, si l’adoption internationale est la bonne solution.
  • Les gouvernements et les autorités centrales des pays d’accueil ne se sont pas préoccupés d’intégrer les principes de la convention de La Haye (CdLH) dans la mise en place des conventions bilatérales en matière d’adoption avec le Vietnam.
  • Le souhait actuel du Vietnam de mettre en place rapidement la CdLH est un fait positif, mais cela implique non seulement des réformes législatives mais également un changement fondamental de perspective. Le succès de la réforme ne dépendra pas que du Vietnam mais aussi de la volonté des partenaires étrangers. Ceux-ci devront apporter de l’aide pour faciliter à la mise en place d’un véritable système de protection de l’enfance, avec une stratégie de désinstitutionnalisation des enfants abandonnés ou retirés à leur famille.

En savoir plus: le rapport du SSI est consultable sur le site du SSI (en langue anglaise)

A lire aussi: mission en Chine et au Vietnam en février 2004

Adopter en Chine

La Chine s’est progressivement ouverte à l’adoption internationale à partir de 1993. La Convention est entrée en application le 1er janvier 2006. Rapidement, plusieurs milliers d’enfants ont été adoptés chaque année au Canada, aux États-Unis, en Espagne, en France et ailleurs (plus de 70 000 en une quinzaine d’années). Depuis 2005, toutefois, la tendance s’est inversée. Le pays a ratifié la convention de La Haye le 16 septembre 2005. La convention est entrée en application le 1er janvier 2006. La durée des procédures s’est considérablement allongée, les critères deviennent plus restrictifs, le nombre d’enfants confiés en adoption internationale baisse et leur profil évolue, tandis que l’adoption nationale commence à se développer.

Tendances : une baisse régulière et une évolution du profil des enfants

71 enfants ont été adoptés par des familles françaises en 2014. Ils étaient au nombre de 458 en 2005, sur les 14 000 adoptions réalisées en Chine cette année-là, tous pays d’accueil confondus.

La tendance est à une baisse régulière et inéluctable, liée à une prise de conscience des autorités locales et à des critères toujours plus restrictifs.

Les procédures

Depuis le 1er octobre 2011, les candidats doivent fournir trois lettres de recommandation, et une attestation de 12 heures de formation.
Lire le communiqué de l’AFA
Voir aussi l’article de la revue Accueil de juin, n° 159, qui détaille les attentes qualitatives des pays d’origine, et notamment celles de la Chine.

Pour adopter en Chine, les voies sont au nombre de deux :

Qui sont les enfants ?

En 2014, les enfants adoptés en Chine sont majoritairement des filles (66 %). 90 % des enfants avaient moins de 3 ans. 25 enfants étaient porteurs de pathologies.

La Chine recherche des familles pour des enfants dits à particularité ou à besoins spéciaux. Former un tel projet de vie nécessite de prendre le temps d’une réflexion approfondie, sur ses capacités et ses limites, les conséquences sur la vie familiale en termes de place de l’enfant, de regard extérieur, d’accompagnement dans des prises en charge ultérieures, etc.
Aucune des pathologies énumérées dans ce communiqué ne sont sans conséquence. Des informations concernant tant les cardiopathies que les fentes labiales ou labio-palatines sont disponibles sur ce site. De même, la perspective d’une hospitalisation n’est pas neutre et doit être préparée, sujet de la chronique santé du numéro d’Accueil n° 161. Nous vous invitons à consulter ces différents documents ainsi qu’à vous rapprocher de votre association départementale.
Nous vous rappelons également l’existence d’un groupe yahoo EFA Santé et d’une ligne d’écoute nationale.

Il convient d’être vigilant sur l’origine des enfants. En effet, malgré le ralentissement des adoptions internationales, la pression des candidats à l’adoption internationale, qui vient se rajouter au développement de l’adoption nationale, reste forte sur le pays et des pratiques irrégulières ont été relevées. Au début du mois de décembre 2011, le démantèlement de deux vastes réseaux de trafic d’enfants, actifs dans plus de dix provinces de Chine, recevait une vaste couverture médiatique à la télévision nationale, l’information étant relayée dans la presse internationale. Deux ans plus tôt, la journaliste Barbara Demick faisait état dans le quotidien « Los Angeles Times », d’enlèvements d’enfants dans un article intitulé « Des bébés chinois volés par les autorités pour l’adoption internationale ».

A lire aussi: mission en Chine et au Vietnam en février 2004