La fédération Enfance & Familles d’Adoption (EFA) prend acte de la décision apparente du gouvernement de reporter une réforme de l’Agence française de l’adoption (AFA), annoncée mardi 11 octobre à l’Assemblée nationale par la ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes, Laurence Rossignol, et relayée par une dépêche AFP.

Cette réforme, initialement prévue pour entrer en vigueur dès le 1er janvier 2017, aurait entraîné une modification du statut de l’AFA et rendu nécessaire de nouvelles accréditations dans les pays d’origine avec lesquels l’agence travaille. Un calendrier aussi serré aurait mis en péril les parcours d’adoption de nombreuses familles. Des inquiétudes pesaient notamment sur l’avenir d’enfants ayant déjà fait l’objet d’un apparentement et commencé à créer des liens avec leurs parents. Le fait même que le gouvernement n’ait pas fait le choix d’inscrire ce projet dans une réforme globale du dispositif de l’adoption, comme le demande EFA depuis 5 ans (voir le livre blanc d’EFA publié lors de la présidentielle de 2012), était en soi source d’interrogations quant à son bien-fondé et signe d’une absence de vision globale.

Il y a un mois, EFA, le Mouvement de l’adoption sans frontières (MASF) et l’Association des parents ayant adopté en Russie (APAER) envoyaient une lettre ouverte au Président de la République. Toutes les associations départementales d’EFA se sont mobilisées en saisissant leurs élus, de nombreuses familles ont témoigné. EFA remercie tous ceux qui ont apporté leur soutien et relayé ses inquiétudes, mais la fédération reste très vigilante sur ce dossier, comme sur tous les aspects de l’adoption en France : adoption nationale et internationale, agrément, aide à l’adoption des pupilles de l’État, accompagnement des familles, services post-adoption comme les consultations d’orientation et de conseil en adoption (COCA), accompagnement des adoptés dans la recherche de leur histoire pré-adoptive.

Enfin, EFA demande que tout processus qui serait engagé à l’avenir en faveur de l’adoption et de l’enfance délaissée se fasse en concertation avec les associations et les autres acteurs de terrain, comme cela a le plus souvent été le cas par le passé.

13 octobre 2016