L‘examen de santé à l’arrivée de l’enfant

Près de 7 000 enfants, nés à l’étranger, ont été adoptés en France ces cinq dernières années. Ils sont arrivés d’environ 70 pays différents, et de tous les continents. L’information sur l’état de santé des enfants confiés en adoption est primordiale pour que l’adoption se fasse pour ce volet aussi, de façon transparente.
Les problèmes médicaux que vont rencontrer les enfants seront bien sûr dépendants du pays d’origine, des conditions de vie avant leur adoption, mais aussi de leur âge au moment de leur arrivée.

Avant l‘arrivée de l’enfant

Dans la mesure du possible, vous devez réunir le plus d’éléments sur l’état de santé de votre enfant avant son adoption : si la grossesse de la mère biologique a été suivie, si l’enfant est né à terme ou non, son poids de naissance, si les tests de dépistage tels hypothyroïdie et phénylcétonurie, ont été pratiqués. Mais très souvent ces renseignements ne pourront vous être fournis.

À l’arrivée, évitez au maximum une hospitalisation (sauf s’il y a un risque vital), car votre enfant pourrait le ressentir comme un nouvel abandon.

En savoir (beaucoup) plus

Après l’arrivée de l’enfant

La première consultation chez votre médecin est très importante… Un examen clinique complet sera réalisé, suivi de quelques examens complémentaires en fonction de l’âge et de l’état de santé de l’enfant.

Les mesures (taille, poids et périmètre crânien) permettront d’éliminer un retard staturo-pondéral. Ce dernier est très fréquent, dû à une malnutrition, qui peut être très sévère, engendrant parfois des troubles neurologiques irréversibles.

Souvent les états civils des enfants sont approximatifs et les doutes par rapport à l’âge réel ne sont pas rares. Il vaut mieux attendre une période de 18 à 24 mois pour faire une réévaluation de l’âge de l’enfant en s’appuyant sur une nouvelle mesure, taille, poids, un âge osseux et une enquête psychomotrice. Seul, l’âge osseux n’est pas suffisant, il peut lui aussi accuser un retard, suite à une malnutrition.
La surveillance du poids et de la taille se fera tous les deux mois, particulièrement chez les enfants qui ont souffert d’une malnutrition. Chez les petites filles arrivées entre 2 et 9 ans un contrôle régulier s’impose devant le nombre de pubertés précoces déclenchées par la réalimentation.

Un bilan simple mais indispensable

Le bilan biologique va permettre d’éliminer des maladies infectieuses et virales, une atteinte hépatique, une atteinte rénale, etc. Il comprend :

  • Une numération formule sanguine avec recherche d’une anémie et d’une anomalie de l’hémoglobine.
  • Les sérologies de l’hépatite B, A, et C, la sérologie du Sida, celle de la syphilis, du cytomégalovirus.
  • Chez les plus petits une sérologie de la toxoplasmose et de la rubéole.
  • Le dosage des transaminases hépatiques.
  • Une coproculture (analyse des selles) à la recherche de parasites.
  • Un examen des urines à la recherche d’une hématurie (présence de sang) ou d’une infection.
  • Un test tuberculinique et une radiographie pulmonaire, au vu des risques importants de tuberculose.
  • Un contrôle des vaccinations : tétanos, poliomyélite, diphtérie, coqueluche, haemophilus influenzae, rubéole, oreillons, rougeole et hépatite B. Les faire ou les compléter au besoin.

Les consultations d’orientation et de conseil en adoption (COCA)

Les consultations d’orientation et de conseils en adoption (COCA) sont des consultations spécialisées animées la plupart du temps par des pédiatres ayant une connaissance particulière dans le domaine de l’adoption. D’une durée d’une heure à une heure et demi, elles misent sur la pluridisciplinarité pour évoquer l’ensemble des problématiques de santé de l’enfant adopté.

Véritables consultations ressources, elles ne se substituent pas au suivi par votre pédiatre ou médecin habituel vers qui elles vous renverront et pour qui elles doivent rester un partenaire comme toute consultation pédiatrique spécialisée.

Ces consultations s’adressent aux parents et futurs parents adoptifs à différentes étapes de la vie familiale :

  • Dans les semaines qui suivent l’arrivée de l’enfant (un mois environ) pour un bilan tant médical que concernant l’adaptation et la relation parent-enfant ; un protocole de suivi, un traitement, des conseils pourront vous être proposés en fonction des difficultés observées.
  • À des moments clé (orientation scolaire, adolescence) où il est parfois difficile de faire la part des choses entre ce qui est propre à l’enfant et ce qui revient à sa situation d’enfant adopté.
  • Mais aussi lors de l’attribution d’un enfant, pour décrypter le dossier médical transmis, évaluer la prise en charge qu’elle suppose et la vie quotidienne avec ce futur enfant, pour vous permettre de vous projeter dans l’accueil de cet enfant-là tout en respectant vos limites. L’objectif n’est pas de vous donner un avis, mais de vous aider à prendre la décision qui vous appartient avec le maximum d’informations claires.

Bien qu’elles soient plus souvent sollicitées dans le cadre de l’adoption internationale, ces consultations sont aussi à destination des enfants nés en France.
Un cahier des charges a été établi avec des médecins responsables de COCA en lien avec EFA, soutenu par la Société Française de Pédiatrie, validé par l’ensemble des médecins des COCA réunis en groupe de travail par l’AFA, il a été présenté aux différents ministères concernés pour servir de référence vers laquelle chacun s’engage à tendre. Il prévoit :

  • La présence d’un pédiatre dans l’équipe et la consultation en pluridisciplinarité : psychologue, pédopsychiatre, puéricultrice, etc. – tout professionnel formé aux besoins de la petite enfance et notamment à l’observation du lien parent-enfant.
  • Des consultations de longue durée et l’utilisation du plateau technique hospitalier pour les différents examens complémentaires.
  • Un retour vers le médecin traitant de l’enfant.
  • L’ouverture d’une COCA par région (deux pour les mégalopoles)

Répertoire des COCA

Ce répertoire est destiné à évoluer en fonction des informations que vous nous ferez remonter. Réalisé en collaboration avec l’AFA, il ne pourra être actualisé et complété qu’avec les éléments que nous transmettront d’une part les médecins concernés et d’autre part les parents qui y auront recours. Merci de faire remonter vos observations au secrétariat d’EFA qui transmettra secretariat.federation@adoptionefa.org

En savoir plus …

Le rachitisme touche beaucoup d’enfants et plus particulièrement les enfants à peau foncée, un traitement par vitamine D est simple et efficace.

Les maladies de peau, telle que la gale, seront traitées rapidement.

Consultez à nouveau devant tout accès de fièvre, pour éliminer une crise de paludisme, par exemple.

Pour la prise de sang, vous pouvez demander à votre médecin traitant de prescrire un patch de « Emla », anesthésique local, à appliquer 1 heure avant le prélèvement.

Ces examens sont simples, mais indispensables. Essayez d’être toujours présents avec votre enfant pour le rassurer et lui expliquer les raisons de ces investigations, ou des traitements. Parlez-lui, entourez-le, votre voix, votre contact et votre odeur lui permettront de surmonter ce nouveau traumatisme.

Le calendrier vaccinal

« Adoption à l’étranger : les risques médicaux » par Dr de MONLEON, La Revue du Praticien de mars 2000

La rubrique Santé du site du ministère des Affaires étrangères

La Revue Accueil

Accueil est une revue trimestrielle réalisée par EFA. C’est la seule revue française consacrée à l’adoption. Accueil propose des témoignages d’adoptés et d’adoptants, des textes émanant de travailleurs sociaux, psychologues, psychanalystes, sociologues, juristes, écrivains.