Avant le départ

Un voyage à l’étranger, nécessite une bonne préparation, a fortiori, lorsque l’on part pour un voyage d’adoption. En effet, les pays où se rendent les adoptants, ne sont pas toujours des pays dits « touristiques », et certaines précautions doivent être prises.

Les vaccinations recommandées aux voyageurs

Vous allez vous rendre dans un pays étranger pour une démarche d’adoption, n’en oubliez pas moins, dans votre euphorie, de vérifier vos vaccinations. Faites le point quelques semaines avant de partir, car certaines vaccinations sont incompatibles. Pour tous renseignements, adressez-vous à votre médecin traitant ou directement dans un centre de « vaccination et de conseils aux voyageurs » dans les CHU ou CHR de votre ville.

La Diphtérie a quasiment disparu en France, mais des épidémies continuent à se propager en Afrique, en Amérique du sud et plus particulièrement en Europe de l’Est. La protection des Français au-delà de 35 ans est insuffisante, mais la mauvaise tolérance de ce vaccin chez l’adulte nous fera préférer l’injection de doses réduites, souvent associées au Tétanos, tel que : Repevax. Un rappel de Tétanos est indiqué si votre dernière vaccination est supérieure à 10 ans, ainsi qu’un rappel de Polio.

La fièvre jaune est une zoonose de type amarile, transmise par les moustiques, qui provoque une hépatonéphrite grave, mortelle dans 60 % des cas. Elle sévit en Afrique et en Amérique intertropicales. La vaccination est simple et bien tolérée. La période de validité est de 10 ans à compter du dixième jour de la vaccination. Elle ne peut être réalisée que dans un centre agréé qui vous fournira un certificat international.

La fièvre typhoïde est une maladie de transmission féco-orale qui sévit dans tous les pays où l’hygiène est précaire. Les sujets les plus exposés sont les voyageurs à destination de l’Asie et de l’Afrique noire, qui seront amenés à vivre auprès des populations locales et à partager eau et nourriture. Une seule injection avant le départ de type Typhim vi est valable 3 ans.

L’Hépatite A est une infection hépatique bénigne aiguë de transmission féco-orale qui se transmet de personne à personne par contact ou par ingestion d’aliments souillés ou d’eau contaminée. Le dépistage pré-vaccinal est conseillé, car les personnes de plus de 30 ans sont souvent porteuses d’anticorps naturels. Vous avez le choix entre une injection d’ HAVRIX 1440 suivie d’un rappel à 6 mois, ou une association Hep A/Hép B type Twinrix, injection à J0, J30, un rappel à 6 mois puis un rappel tous les 5 ans.

L’Hépatite B est un problème majeur de santé publique, elle est responsable d’une atteinte hépatique, parfois mortelle, souvent chronique, pouvant provoquer une cirrhose ou un cancer du foie. Elle se transmet par le sang, et les sécrétions sexuelles. La prévention est largement conseillée aux voyageurs. Une injection de Genhevac B ou Engerix B 20 à J0, J30 et un rappel à 6 mois suffit pour immuniser. Vous pouvez aussi préférer le Twinrix (voir plus haut).

Les méningites A et C sévissent plus particulièrement en Afrique tropicale, alors qu’en France l’infection est plus souvent due aux sérotypes B et C. Une injection unique protège dès le dixième jour et reste valable 3 ans.

La vaccination contre la rage est conseillée aux voyageurs aventureux.

La vaccination n’étant pas efficace, il vaut mieux respecter quelques règles de bon sens : ne manger que les aliments bien cuits, boire l’eau et le lait bouillis, ne pas prendre de glace, éviter les aliments crus.

L’encéphalite japonaise est une virose tropicale transmise par un moustique. Elle est présente dans les zones rurales d’Asie du Sud et de l’Est, de la Chine et du sous-continent Indien. Le risque maximal pendant la saison des pluies serait de 1 cas pour 5000 voyageurs. La mortalité est de 1 cas sur 4 et 1 sur 3 pourront avoir des séquelles neurologiques. Pour se faire vacciner, voir auprès des centres agréés.

Bien préparer sa « trousse avant le départ »

Les futurs parents doivent être en bonne santé et le rester. Il leur faut tout un arsenal afin de parer à toute éventualité, notamment en matière de santé.
Ils peuvent aussi être amenés à traiter une pathologie simple, infectieuse ou non, qui se déclarerait chez l’enfant, comme une rhinite ou une otite, voire une plaie bénigne.
Voici une liste, non exhaustive, pour l’enfant que vous allez rejoindre, comme pour vous-même.


Les indispensables

Pansements, compresses stériles, désinfectants, sutures adhésives, bandes, tulle, un thermomètre incassable, un pain dermatologique, de l’huile d’amande douce (massage), quelques couches.


Pour, contre et en cas…

  • Contre La fièvre : Un antipyrétique type paracétamol, suspension : 1 dose/poids 3 à 4 fois par jour.
  • Contre La diarrhée : Tiorfan sachets ou Smecta.
  • Contre la déshydratation : Des sachets, (type Alhydrate ou GES45) à diluer dans 200 ml d’eau.
  • Contre les vomissements : Un antiémétique, type Motilium ou Vogalène (10 gtes/Kg par jour).
  • En cas d’allergie : Si connaissance d’une allergie grave ou d’asthme (Anapen 0.15, Célestène solution pédiatrique, Ventoline, Aérius).
  • En cas d’infection : Un antibiotique à large spectre, Amoxicilline ou Macrolide si allergie aux pénicillines, en suspension
  • Pour les yeux : Du collyre désinfectant, sérum physiologique
  • Pour le nez : Un soluté nasal, type Rhinotrophyl et/ou Physiomer bébé
  • Pour la peau : Crèmes : antibiotique, corticoïde si eczéma ou dermatite atopique, type Bepanthène-crème ou Saforelle pédiatrie (lait crème à la bardane) pour les érythèmes fessiers ou les peaux sensibles.

Dans les pays chauds et/ou humides

  • Crème type Biafine (coup de soleil ou brûlure)
  • Crème solaire et après solaire, un chapeau
  • Répulsifs anti-moustiques (Mousticologne, Butix ou Insect écran enfant)
  • Une moustiquaire imprégnée si besoin

Alimentation et confort de l’enfant

  • Biberons et tétines – éventuellement un kit de stérilisation
  • Lait en poudre (1° âge, 2° âge en poudre) + 1 boîte relais
  • Petits pots : légumes, fruits ou assiettes (type Blédina) et éventuellement un couvert
  • Un « doudou »
  • Une poussette faisant face aux parents 1 Sac « Kangourou » (position ventrale)
  • Linge ou layette appropriée
  • Une baignoire gonflable ou bien, un petit bateau pour le bain.

Pour les parents

En plus des médicaments conseillés pour les enfants qu’il faut emporter en version adulte, les parents penseront aussi, à : un anti-inflammatoire type, un gel antiseptique pour les mains, des comprimés désinfectants pour l’eau, (on peut aussi faire bouillir l’eau pendant 5 minutes), sans oublier, leurs médicaments habituels, pour une durée suffisamment longue, les durées de séjour n’étant jamais certaines. Enfin, en fonction du pays de destination et des recommandations du BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire) : prévoir une prévention contre le paludisme. (se renseigner auprès du médecin traitant ou des consultations spécialisées)

De l’usage des questionnaires médicaux

Véritables inventaires à la Prévert, les questionnaires médicaux sont devenus incontournables dans le domaine de l’adoption internationale. Souvent conçus par des professionnels non médicaux, mal traduits, ils n’ont guère de sens pour les médecins qui sont sollicités pour les expliquer, encore moins pour les postulants sommés de définir leurs limites à partir de ces documents. Alors, comment s’y retrouver et en faire un outil de réflexion ?

Des problématiques de santé très différentes au regard de la prise en charge et du pronostic

Parmi les questionnaires les plus simples à remplir, on trouve des informations concernant les caractéristiques physiques de l’enfant que l’on s’apprête à accueillir : sexe, âge, existence de fratrie, origine ethnique, mais aussi concernant le milieu social des parents biologiques et les conditions de procréation : précarité, délinquance, prostitution, viol, inceste, addiction, pathologie mentale ou psychiatrique. Et là, ça se complique ! Quelle hérédité ? Quelles conséquences ces modes de vie marginaux peuvent-ils avoir pour l’enfant ?

On se posera les mêmes questions face aux conditions de vie dans la petite enfance. On connaît les risques de l’alcool pendant la grossesse, et on sait qu’une malnutrition précoce (y compris in utero) peut avoir des conséquences sur le développement de l’enfant. Sans compter les séquelles d’une carence affective marquée : que ce soit par négligence, délaissement, maltraitance, certains enfants peuvent rester marqués à vie, alors que d’autres trouveront des tuteurs de résilience qui leur permettront de surmonter cette épreuve. Ce ne sont pas tant les facteurs de risque rencontrés par les enfants que la façon dont ils vont les affronter et ce qui aura été mis en place pour les accompagner qui feront le pronostic de ce qu’ils deviendront. Néanmoins, il persiste une incertitude sur leur avenir et c’est sans doute sur ce point que les postulants ont à s’interroger.

Après ce préambule assez habituel, on trouve une liste de pathologies, de symptômes, de malformations, de suspicions qui sont ordonnés différemment selon que le questionnaire émane d’une instance médicale ou non. Curieusement les non-médicaux déclinent les items par appareil touché (cœur, peau, appareil digestif, squelette…) alors que les soignants utilisent plutôt une classification par catégorie de pathologie, en fonction de leur cause, en différenciant ce qui relève de la malformation et ce qui rentre dans les maladies chroniques. Mais les uns comme les autres mettent sous une même question des ensembles très disparates de problématiques de santé si on se penche sur ce que cela représente en termes de prise en charge au quotidien et de pronostic évolutif. D’ailleurs, la plupart des questionnaires mêlent une partie « médicale » et une autre rédigée par les professionnels sociaux en charge des enfants, qui ont leur vision personnelle de l’impact de telle ou telle pathologie.

Signes isolés ou pathologie grave ?

Voyons d’abord, pour les mettre rapidement de côté, ce que j’appellerai les « curiosités » qui ne devraient même pas être mentionnées. Angiomes, nævi1, syndactylies2 sont des signes particuliers fréquents, comme les yeux vairons3 ou les oreilles décollées ; ils ne méritent d’être signalés que lorsqu’ils prennent une ampleur significative (angiome ou nævus géant) nécessitant une prise en charge précoce, ou lorsqu’ils entrent dans un syndrome malformatif qui touche d’autres organes. Dans le même ordre d’idée, on note parfois des signes qui relèvent de maladies bénignes et courantes de la petite enfance : otites, diarrhées, parasites, fissure anale, strabisme, troubles du sommeil… qui n’ont d’intérêt que lorsqu’ils sortent de cette banalité.

On se retrouve face au même dilemme devant une énumération de signes isolés qui pourraient tout aussi bien évoquer une pathologie grave qu’être un épiphénomène sans lendemain : jambes arquées, cryptorchidie4, somnambulisme, crise d’épilepsie… sans compter les comportements jugés « pathologiques » tels que colères, hyperactivité, ou que l’on n’hésite pas à qualifier d’autistique ou de névrotique. D’autres anomalies signalées sont en fait le résultat de maladies antérieures et il est difficile de savoir sur quoi porte la réflexion attendue. Par exemple, l’existence d’une cicatrice cutanée importante peut être vécue comme un handicap esthétique qu’il convient d’assumer, mais on peut aussi se demander si ce n’est pas la cause de cette cicatrice qui doit être prise en compte : brûlure accidentelle, maltraitance ou violence de guerre, opération chirurgicale lourde… cette cicatrice met en lumière une histoire qui mérite d’être prise en considération.

À ce stade, toutes ces questions peuvent être abordées par les postulants dans le cadre de leur agrément ou après, avec les professionnels de l’ASE, au sein des associations départementales EFA avec les pairs, lors de conférences ; elles peuvent aussi être utilement complétées par la lecture de quelques ouvrages sur l’adoption. Avec un bon dictionnaire des termes médicaux, il est assez simple de comprendre de quoi il retourne et de se déterminer en conséquence ; ce qui n’empêchera pas, le moment venu d’en discuter avec un médecin.

Quand l’éclairage médical devient indispensable

Ce n’est que pour aborder le domaine bien spécifique des maladies chroniques, malformations et autres pathologies, qu’un éclairage médical devient indispensable.

Passons rapidement sur les pathologies infectieuses materno-fœtales traitées (syphilis, tuberculose) ou suspectées (mère séropositive pour le VIH ou l’hépatite). Ce sont des problèmes qui ont été pris en charge, et pour lesquels il s’agira de faire le point sur les séquelles éventuelles ; ils font plutôt partie de l’histoire de l’enfant s’ils ont été traités correctement et c’est sous cet angle qu’ils doivent être regardés. Certaines de ces maladies ont encore mauvaise presse dans de nombreuses cultures et peuvent aussi être un des motifs de l’abandon.

On retrouvera décliné, çà et là, quelques vraies pathologies sur lesquelles il est bon de s’arrêter : prématurité, retard de croissance intra-utérin, SAF (syndrome alcoolo-fœtal), hépatites, séropositivité VIH, intolérances digestives, IMC (infirmité motrice cérébrale), diabète, insuffisance hormonale, asthme… la liste est longue, surtout si on y ajoute les malformations (cardiaques ou des membres, les fentes labio-palatines), les déficits sensoriels (surdité, troubles visuels). Derrière quelques « petites anomalies » peuvent parfois se cacher des syndromes poly-malformatifs qui méritent d’être évoqués. Parmi les erreurs les plus fréquemment observées dans le monde de l’adoption, citons le cas du doigt surnuméraire du syndrome de Bardet-Biedl, de la cryptorchidie4 bilatérale associée à une anomalie sexuelle chromosomique. Le dépistage systématique de certaines maladies génétiques mérite aussi une place particulière dans la réflexion : s’agissant de drépanocytose, de thalassémie, de mucoviscidose, les enfants sont la plupart du temps indemnes de tout signe au stade de présentation du dossier et c’est l’incertitude de l’évolution qu’il convient d’appréhender. Il existe des formes de gravité très variables pour ces pathologies, qui évolueront tout au long de la vie et il vaut mieux se renseigner et se préparer aux formes les plus lourdes. De même, toute observation de retard dans le développement (croissance, psychomoteur, de langage, mental) nécessite une discussion approfondie sur les causes possibles et les conséquences à long terme à envisager.

Une anomalie ou une pathologie peut en cacher une autre

Pour ces points bien particuliers, le recours à un professionnel compétent est indispensable : médecin traitant, futur pédiatre des enfants, consultation adoption des COCA vous aideront à mieux comprendre ce qui se cache derrière ces noms barbares. Vous trouverez aussi dans la revue Accueil et sur ce site d’EFA des articles sur la plupart de ces sujets. Il peut être utile de s’y référer dans un premier temps avant la consultation médicale pré-adoption, et de sélectionner les quelques pathologies que vous vous sentez en capacité d’assumer, pour les détailler avec le médecin qui vous apportera son éclairage tant sur les différents stades possibles, que les traitements et prises en charge à envisager, et les ressources locales disponibles. Plus vous serez informé sur telle ou telle maladie, mieux vous saurez définir dans votre questionnaire, mais aussi dans votre lettre de motivation, les limites de votre projet eu égard aux items cochés. Car, c’est la plus grande limite de ces questionnaires que de mélanger dans une même catégorie des niveaux de gravité très différents.

Cette consultation de préparation permettra aussi au médecin de mieux vous connaître, de cerner vos limites, ce qui sera très utile le jour où vous le solliciterez pour un dossier médical précis. Il pourra alors vous éclairer sur l’intensité des troubles, avancer prudemment un pronostic et surtout vous aider à vous projeter dans le quotidien avec cet enfant particulier, en fonction de ses besoins propres et de vos capacités parentales.

1 Malformation congénitale de la peau
2 Accolement des doigts ou des orteils entre eux
3 Dont les deux iris sont de couleur différente
4 Absence de testicules dans le scrotum

La Revue Accueil

Accueil est une revue trimestrielle réalisée par EFA. C’est la seule revue française consacrée à l’adoption. Accueil propose des témoignages d’adoptés et d’adoptants, des textes émanant de travailleurs sociaux, psychologues, psychanalystes, sociologues, juristes, écrivains.

En savoir plus

Guide pratique de santé à l’usage des adoptés, de leur famille et des professionnels de santé, EFA, coll. Les guides pratiques d’EFA, 2015

Un outil, conçu pour les professionnels, pour les adoptés et leur famille, permettant d’établir une relation de confiance et favoriser une prise en charge adaptée des enfants adoptés.