Pour la première fois de sa vie, et par le plus grand des hasards, Caroline découvre quelqu’un qui lui ressemble, au fond d’une brasserie. Ce n’est qu’une photo, celle d’une petite fille de 2 ans, mais intriguée par cette ressemblance – question si présente chez les enfants adoptés –, Caroline mène son enquête et remonte le fil de ses origines. Elle découvrira la lettre de sa mère de naissance écrite au moment de se séparer d’elle et surtout le fameux cahier bleu qui lui livrera d’autres secrets. Romanesque et enchanteur pour de jeunes adolescents amateurs d’histoires heureuses.

https://www.babelio.com/livres/Taboni-Miserazzi-La-photo-de-la-brasserie/1213118

Ce commentaire a été publié dans le numéro 196 de la revue Accueil

Depuis son plus jeune âge Pénélope vit seule sous l’emprise d’une mère toxique. Lorsqu’elle tombe enceinte, Pénélope se résout à confier à l’adoption l’enfant qu’elle mettra au monde, une petite fille, Garance, qui n’a pas de père non plus. Garance deviendra Romane avec ses parents adoptifs : des parents exceptionnels, bienveillants, qui aiment leur fille d’un amour inconditionnel – le trait paraît parfois un peu forcé. Jusqu’au jour où Pénélope ressurgit dans la vie de Romane…

https://editions-sarbacane.com/romans/des-astres

Commentaire publié dans le numéro 196 de la revue Accueil

Lorsque le Vietnam s’ouvre à nouveau à l’adoption internationale, les candidats qui souhaitent adopter des enfants déjà grands sont les bienvenus. Ainsi, Camille, 10 ans, et sa sœur Léa, 8 ans, sont confiées à un couple français par un OAA. Après la traditionnelle lune de miel, leur mère constate chez les fillettes, au hasard de faits anodins du quotidien, des comportements étranges. Par petites touches, le doute commence à s’insinuer dans son esprit, mais il lui faudra beaucoup de temps pour comprendre de quoi il retourne : Je ne pouvais pas me douter, à ce moment-là, que cette peur [qui envahit l’une des filles] serait capable du pire. Un livre qui soulève le problème de l’information et de la transparence des dossiers des enfants sur leur histoire, mais aussi de l’accompagnement des parents, incapables, sans une aide très spécifique, de déceler ce qui se trame chez leurs enfants et qui gangrène la relation parents-enfants. Certains adoptés ne peuvent pas s’attacher. Dans une très belle langue, les manifestations de ce trouble sévère de l’attachement sont analysées avec lucidité, mais sans rancœur.

https://www.editionsdelaremanence.fr/livre/une-adoption-particuliere/

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Négligée par sa mère, Benni, 9 ans, est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu’elle n’arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, ballotée de foyer en foyer, elle n’aspire pourtant qu’à être protégée et trouver un amour maternel qui lui manque tant. Son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour panser ses blessures et l’aider à trouver une place dans le monde. Comme une mise en images des propos de Maurice Berger, ce film illustre avec subtilité le parcours et la souffrance explosive de ces enfants dits « incasables », de ces enfants tellement malmenés par la vie qu’un projet d’adoption ne paraît pas envisageable ou représente un véritable défi quotidien.

https://www.advitamdistribution.com/films/benni/

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Le pédopsychiatre Maurice Berger a longtemps œuvré au CHU de Saint-Étienne, expérience et pratique qu’il a partagées à travers de nombreux articles et ouvrages. Publié en 2003, L’enfant et la souffrance de la séparation vient d’être réédité et, comme Maurice Berger l’écrit lui-même, malgré les dix-sept années qui séparent les deux éditions : Rien de ce qui est écrit ne […] paraît inexact, parce que le besoin de lien demeurera toujours le point fort et le point faible de l’être humain. Le lien, le besoin de lien, les liens en souffrance, voilà bien un sujet qui concerne les enfants adoptés et leurs familles. Cet ouvrage nous permet de mieux comprendre les séquelles, chez certains, d’une séparation précoce, comment l’enfant doit se (re)construire une identité et repenser ses origines. Un chapitre entier est consacré à l’enfant et l’adoption, mais le propos principal porte sur les liens « pathogènes » et leurs conséquences dans le quotidien de l’enfant. Grâce à de nombreux exemples, nous pouvons les percevoir concrètement et mieux en saisir les impacts. Une lecture essentielle !

https://www.dunod.com/sciences-humaines-et-sociales/enfant-et-souffrance-separation-divorce-adoption-placement-0

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De plus en plus d’enfants arrivent dans leur famille d’adoption à l’âge de la scolarisation obligatoire. Comment les accueillir à l’école, les intégrer et les soutenir au mieux en tenant compte de leurs besoins et de leur passé fait de ruptures et de traumas ? S’appuyant sur le suivi de nombreux enfants adoptés, les publications consacrées à ce sujet et la rencontre avec des acteurs de l’enseignement, ce guide décline en cinq chapitres des propositions et des pistes d’accompagnement, propose des éclairages précieux et souligne quelques points de vigilance. Si les références aux spécificités de la fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas transposables en France, les familles adoptives françaises et les enseignants, généralement peu informés des particularités des parcours des enfants adoptés, auront tout à gagner à lire cette brochure claire et pertinente, téléchargeable sur le site de L’Envol (www.lenvol-adoption.be).

http://www.enseignement.be/index.php?page=23827&do_id=15478&do_check=EQVGKERLFC (pdf)

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« Maintenir des liens à tout prix est ce que nous faisons quand nous n’écoutons pas les souffrances psychiques, l’angoisse d’abandon persistante, les incohérences éducatives et affectives auxquelles les enfants sont soumis au quotidien. »1 Cette phrase de Françoise Peille résume bien le récit de Stéphanie, cette petite fille qui ne souhaitait qu’une seule chose : vivre protégée et aimée par sa « famille de cœur ».

À l’âge de 4 mois, Stéphanie est placée en pouponnière car elle est en danger chez ses parents qui souffrent de problèmes psychiatriques. À 11 mois, des signes d’hospitalisme apparaissent et elle est placée en famille d’accueil. Stéphanie grandit et se développe en s’attachant à son assistante familiale et ses cinq enfants. Mais pour l’Aide sociale à l’enfance, le lien mère-enfant doit s’installer et être soutenu. Aussi, sa mère biologique lui rend fréquemment visite puis demande à la recevoir chez elle, mais malheureusement la greffe ne prend pas. Stéphanie est très angoissée et sa mère ne semble pas capable de s’occuper de sa fille, elle vit d’ailleurs chez ses parents. Quant à son père, alcoolique et atteint de schizophrénie, il la terrorise. S’ajoutent à ces tensions, les jugements pour renouveler son placement tous les deux ans, qui perturbent l’adolescente et viennent aggraver le climat d’insécurité dans lequel elle vit. À l’âge de 15 ans, c’est le coup de grâce, sa mère exige de reprendre sa fille alors que la relation est de plus en plus difficile. Stéphanie mènera alors un véritable combat pour que les juges tiennent compte de ses souhaits et des difficultés qu’elle ressent au contact de sa mère. Qu’importe son avis, son anxiété, sa peur et sa souffrance, l’adolescente doit quitter sa famille de cœur, pour partir vivre chez sa mère. Stéphanie se rend compte qu’elle n’est pas entendue par les adultes chargés de s’occuper d’elle, que les décisions sont prises sans qu’on tienne compte de son avis. Au fond, elle n’est pas reconnue en tant que personne, alors, à 15 ans, c’est elle qui écrira directement au juge. Sur les conseils, d’ailleurs, d’une éducatrice.

Ce livre pose le délicat problème du rôle et de la place des familles d’accueil auprès des enfants qu’ils accueillent provisoirement. Peut-on vivre avec des enfants, les éduquer sans leur apporter affection ni amour ? Certes, être famille d’accueil est un métier, ce qui représente un coût financier pour la collectivité, mais faut-il pour autant accéder aux demandes des parents de naissance de reprendre leurs enfants sans tenir compte de « l’intérêt de l’enfant » ? La fameuse loi des « liens du sang », dans le cas présent, semble primer sur toute autre considération. Ce livre, préfacé par le Dr Maurice Berger, est un document qu’il faut lire. S’appuyant sur des courriers ou rapports contenus dans le dossier de Stéphanie, il va bien au-delà du témoignage, il permet de comprendre une certaine « philosophie » qui sous-tend la politique de l’Ase.

Grâce à son potentiel et à une volonté à toute épreuve, l’avenir de Stéphanie s’éclaircira. Mais pour une grande majorité de jeunes, le problème de leur devenir reste entier : que deviennent-ils lorsque sonne le glas de la majorité ? Âge où ils ne sont plus pris en charge – sauf s’ils peuvent bénéficier d’un « contrat jeune majeur ». La famille biologique n’est pas toujours la bonne réponse.

https://www.decitre.fr/livres/le-jour-ou-j-ai-choisi-ma-famille-9782100809554.html

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Un livre de plus sur la parentalité et l’éducation ? Pas tout à fait car il s’agit d’un livre original, dont l’autrice est allée très loin cueillir ce qu’elle nous propose, avec un regard décalé et peut-être plus clairvoyant sur ce qui nous entrave.

Au bord du burnout parental, Michaeleen Doucleff, journaliste scientifique, décide de partir vivre avec sa fille dans des communautés de chasseurs cueilleurs, ces cultures qui affutent leurs stratégies éducatives depuis des milliers d’années, pour tenter de comprendre ce qui ne fonctionne plus dans notre façon occidentale d’éduquer les enfants. Alors que nous perpétuons des relations fondées sur les conflits et la peur, les parents chasseurs cueilleurs vivent la coopération et la confiance avec leurs enfants. Comment font-ils ?

Après un démarrage un peu long, visant à définir notre problématique occidentale (une conception éducative focalisée sur les recherches occidentales, une famille nucléaire, une routine parentale qui s’est emballée, la pression de la performance), on entre au bout de 80 pages dans le vif du sujet avec une plongée dans la culture maya. À partir de là, l’autrice nous entraîne dans une quête passionnante, mêlant le récit de ce qu’elle vit avec sa fille et ses observations, ses questionnements, les pistes éducatives et concepts qu’elle en tire, étayés par le regard scientifique de professionnels (psychologues, ethnopsychiatres…).

De l’éducation maya, elle retient la tendre camaraderie, cette facilité qu’ont les parents à associer les enfants à leurs activités du quotidien, à sortir du contrôle pour favoriser la collaboration. En Tanzanie, les parents hadza valorisent l’autonomie au point de se donner beaucoup de mal à ne pas dire aux enfants ce qu’ils doivent faire car ils sont convaincus que l’enfant sait comment apprendre et grandir. Quant aux parents inuits, ils ne crient jamais, jamais : ils s’attendent au comportement inapproprié de l’enfant, car c’est dans sa nature, il n’est pas mature !

Tout au long de ce livre, Michaeleen Doucleff pointe ce qui différencie notre modèle de ceux qu’elle explore : la solitude des parents occidentaux. Dans la famille nucléaire, la mère (et le père) est la seule camarade, seule source d’amour, seul lien social, seul divertissement et seule stimulation. Ailleurs, elle constate la force de la coopération silencieuse entre adultes au sein de communautés qui partagent les mêmes valeurs éducatives, ce qui permet à l’enfant de trouver des ressources auprès d’autres membres de la famille, d’amis du couple parental, de voisins parfois… S’il est vrai que dans le cas de nos enfants adoptés, certains conseils stéréotypés sont parfois mal appropriés, permettre à l’enfant d’observer d’autres pratiques, de trouver d’autres soutiens est aussi une richesse !

Alors, si vous ne craignez pas d’être bousculé, de questionner vos pratiques parentales, vous aimerez ce livre préfacé par Isabelle Filliozat, qui retrouve ici ses thèmes de prédilection comme l’autonomie, la gestion des émotions… Michaeleen Doucleff oriente les projecteurs sur des besoins de nos enfants que nous pourrions oublier, nous les parents adoptifs, centrés que nous sommes parfois sur le défi essentiel de (re)créer attachement et sécurité. Elle nous parle de leurs besoins de contribuer, de coopérer, de liberté, de reconnaissance qui pourraient bien renforcer autonomie, confiance et appartenance !

Michaeleen Doucleff, Chasseur, cueilleur, parent, Leduc Éditions, 2021

https://www.editionsleduc.com/produit/2579/9791028521592/chasseur-cueilleur-parent

Ce commentaire a été publié dans le numéro 201 de la revue Accueil

À tes côtés de Bertrand Hagenmüller, Loir Production, 2020 (sortie 23 déc.)

David, Delphine, Yannick et Élise sont éducateurs de la protection de l’enfance, et une fois n’est pas coutume, ce sont eux les « vedettes » de ce documentaire. Nous les suivons avec attention pendant une année d’accompagnement d’une seule des nombreuses situations qu’ils ont chacun en charge. Nous partageons leur travail quotidien, leurs doutes et leurs questionnements (Comment soutenir et dénoncer en même temps ? se demande David. Peut-on accompagner sans aimer ? interroge Delphine), leur ténacité, leurs convictions et leurs espoirs, parfois contre vents et marées. Nous faisons un métier d’espoir, nous rappelle Yannick qui sillonne les rues en quête de Léo. Nous sommes loin du sensationnalisme et des procès d’intention qui secouent régulièrement le monde de la protection de l’enfance : ce film pose un regard d’une grande humanité, mais sans naïveté, sur ces éducateurs et les personnes qu’ils accompagnent.

https://www.bertrand-hagenmuller.com/a-tes-cotes

Ce commentaire a été publié dans le numéro 197 de la revue Accueil

Ma fille de Laura Bispuri, UFO Distribution, 2018 (disponible en VOD)

Vittoria, une fillette rousse d’une dizaine d’années, vit avec ses parents, Tina et Umberto, dans un village de Sardaigne. Lors d’une fête, elle fait la connaissance d’Angelica, jeune femme blonde aux mœurs dissolues. Aimantée par Angelica, la fillette passe de plus en plus de temps avec elle tandis que, sous la menace d’être expulsée de sa maison, la jeune femme demande à Tina de l’aider financièrement. Les deux femmes sont en effet liées par un secret : Angelica est la mère biologique de Vittoria. Aux prises avec des émotions contradictoires, les deux mères et leur fille vont tour à tour se rejeter et rechercher l’amour ou le soutien de l’autre. Ce n’est pas seulement Vittoria qui s’attache à Angelica – en dépit de la vie qu’elle mène – mais aussi Tina, tiraillée entre la peur de perdre sa fille au profit d’Angelica et sa promesse de soutenir celle-ci. Dans un été étouffant et un paysage aride, alors que les hommes se montrent durs et méprisants, il règne entre la fillette et les deux femmes, pourtant aux antipodes l’une de l’autre, une solidarité et un partage d’émotions. Le spectateur comprend tous les affects des protagonistes, compatit au sort d’Angelica, est de tout cœur avec Tina, est sensible aux déchirements de Vittoria. Un beau film loin de tout manichéisme et de tout jugement sur les différentes expressions de la maternité.

https://www.ufo-distribution.com/movie/ma-fille-figlia-mia/

Ce commentaire a été publié dans le numéro 197 de la revue Accueil