En France, entre 1979 et 2019 :

— 1300 enfants ont été adoptés en Ukraine,
— 4900 en Russie,
— 3350 en Roumanie,
— 2060 en Pologne,
— 34 en Biélorussie,
— auxquels on pourrait ajouter les enfants venus de Hongrie et des pays baltes.

C’est dire si les familles adoptives françaises sont nombreuses à se sentir concernées par ce qui se déroule en ce moment, avec la guerre en Ukraine et les réfugiés qui affluent dans les pays voisins. Adopter à l’étranger, c’est inscrire l’histoire de nos familles dans des destinées communes qui englobent et dépassent la somme des histoires individuelles ; des événements dramatiques comme ceux que vivent actuellement les habitants de cette région d’Europe viennent nous le rappeler. À cela s’ajoute le fait qu’une guerre proche de notre territoire ne peut manquer d’interroger tous les enfants, quels qu’ils soient

Une fois de plus, des enfants, des jeunes adultes, sont exposés à des informations et à des images qui les renvoient à un passé dont ils ont des souvenirs plus ou moins précis. Les témoignages font entendre des bribes d’une langue maternelle qui a pu être oubliée ou mise en sommeil ; les personnes qu’ils entendent et voient à la télévision ou sur les réseaux sociaux leur ressemblent physiquement.

Pour les personnes adoptées nées en Ukraine, il peut y avoir l’angoisse de savoir ce que deviennent ceux qu’ils y ont côtoyés : famille de naissance, structure d’accueil, autres enfants. Certains ont encore la nationalité ukrainienne, et leurs parents envoient, ou ont régulièrement envoyé, des informations au Consulat d’Ukraine en France. De tels liens peuvent exister aussi pour ceux nés en Russie, qui peuvent mal vivre le fait que les responsables du pays où ils sont nés envoient des militaires dans un autre pays et soient mis au ban du reste de l’Europe. La cour de récréation et l’environnement professionnel ne sont pas les lieux les plus tendres qui soient.

Rassurer son enfant (même s’il est aujourd’hui majeur) peut prendre différentes formes, en fonction de son âge, de sa maturité ; les actions menées avec lui nourrissent sa résilience, son estime de soi, sa fierté d’agir – et ne nous font pas de mal non plus !

Voici quelques pistes :

— Dialoguer, mettre des mots : surtout ne pas tenter d’occulter ce qui se passe. Si cela semble difficile, prendre appui sur la ligne nationale d’écoute d’EFA (01 40 05 57 79) ou des lignes d’écoute dans les départements.
— Encourager l’enfant, le jeune adulte, à parler et être à son écoute : il peut saisir l’occasion pour reparler de son histoire, exprimer des émotions peut-être tues, des souvenirs peuvent remonter.
— Se montrer solidaire : se rapprocher de l’Union des Ukrainiens en France, qui organise de l’aide ou d’associations humanitaires franco-ukrainiennes qui ont pignon sur rue en France ; s’informer de ce qui se fait dans sa propre ville, son département ; créer un réseau au sein de l’école, du club sportif, de son entreprise, etc.
— Plus généralement, pour parler de la guerre avec de jeunes enfants, plusieurs médias proposent des pistes, ainsi par exemple :

https://www.lavie.fr/ma-vie/famille/comment-parler-de-la-guerre-en-ukraine-avec-les-enfants-81030.php

https://actu.fr/societe/guerre-en-ukraine-c-est-en-expliquant-qu-on-rassure-comment-parler-du-conflit-aux-enfants_48977918.html

https://www.midilibre.fr/2022/02/25/guerre-en-ukraine-comment-en-parler-aux-enfants-et-les-proteger-des-angoisses-10134297.php

Le magazine « Le petit quotidien » consacre un numéro spécial à la guerre en Ukraine le mardi 1er mars, pour les 6-10 ans : lepq6783_1.indd (playbacpresse.fr)

EFA reste à l’écoute des familles. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre association départementale pour partager vos ressentis et vos expériences.

Enfance & Familles d’Adoption le 28 février 2022

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