ELIACHEFF Caroline, À corps et à cris, Odile Jacob, coll. Poches, 1993

Olivier, Zoé, Fleur, Mathias e les autres sont des enfants du malheur. Ils ne parlent pas encore ou à peine, ils vivent de dures épreuves : naissance sous X, abandon, attente interminable d’une adoption, séparation d’avec des parents incarcérés pour meurtre. La médecine classique leur permet de survivre, pas forcément de vivre. Que faire ? Déchiffrer patiemment leur histoire et leur parler. Parler à des tout-petits ? Mais ils ne comprennent pas ! Si, ils comprennent.
Ce que Caroline Eliacheff, psychanalyste, raconte ici, c’est la façon dont elle a écouté, compris, parfois guéri Olivier et les autres. Avec comme seule arme : la parole.

https://www.amazon.fr/corps-%C3%A0-cris-psychanalyste-tout-petits/dp/273810813X

BOMBER Louise Michelle, Aider l’élève en souffrance : stratégies pratiques pour aider les enfants qui ont des difficultés d’attachement, De Boeck, 2012

Un enfant qui a vécu des expériences traumatisantes, des pertes, qui a été victime de maltraitance ou de négligence même s’il vit maintenant dans une famille aimante et sécurisante connaît souvent des difficultés à l’école et peut avoir du mal à s’adapter au système scolaire. Confrontés à ces enfants, les enseignants, qui ne sont pas formés à la problématique de l’attachement, se sentent en échec. Cet ouvrage est destiné à les aider. De façon très pédagogique, l’auteur explore le monde à travers les yeux d’un enfant avec des difficultés d’attachement pour aider les enseignants à interpréter son comportement comme un moyen de communication et à adapter la façon dont ils peuvent entrer en relation avec lui. Lorsqu’on connaît la difficulté à faire prendre en compte les spécificités d’un enfant dans le système scolaire, certaines propositions de l’auteure semblent relever de la douce utopie, par exemple, l’idée d’avoir pour chaque enfant présentant des troubles d’attachement un référent dans l’école, susceptible de l’accompagner et de fournir une figure d’attachement supplémentaire. Ce sont sans doute les parents qui bénéficieront en premier lieu des stratégies et des outils pratiques proposés dans cet ouvrage pour aider leur enfant et communiquer avec les enseignants.

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BERGER Maurice, L’enfant et la souffrance de la séparation, Dunod, 1997 P

édopsychiatre, professeur associé de psychologie à l’Université Lyon II, Maurice Berger a beaucoup oeuvré dans le domaine de la séparation parents-enfants. Ce livre nous plonge au coeur de la souffrance des enfants vivant une séparation dans le cadre d’un divorce, d’une adoption ou d’un placement judiciaire. La théorisation des processus psychiques liés à la séparation est éclairée par de nombreux cas observés.

https://www.amazon.fr/Lenfant-souffrance-s%C3%A9paration-adoption-placement/dp/2100709747

ARCHER Caroline (trad. Françoise Hallet), Enfant qui a mal, enfant qui fait mal ? Nourrissons –petits enfants : Conseils pour les parents adoptifs et les parents d’accueil, De Boeck, Coll. Parentalités, 2007

Partant de la reconnaissance du traumatisme et de la blessure que subit tout enfant qui est séparé de sa mère de naissance et confié à une famille d’adoption ou d’accueil, l’auteur, elle-même mère adoptive, explique avec sensibilité les réactions de l’enfant, envisage les questions que peut se poser la famille qui le reçoit et propose de nombreuses pistes concrètes pour favoriser son attachement et son développement en stimulant tous ses sens. De nombreux problèmes quotidiens potentiels sont envisagés : les troubles du sommeil, les pleurs, l’agressivité, l’alimentation … Les répercussions sur la vie de famille et sur les frères et sœurs sont aussi analysées ainsi que l’éventualité que l’enfant soit porteur d’un handicap. Un glossaire, une liste de livres et de sites internet ainsi qu’un carnet d’adresses complètent l’ouvrage.

https://www.decitre.fr/livres/enfant-qui-a-mal-enfant-qui-fait-mal-nourrissons-petits-enfants-9782804153489.html

ARCHER Caroline (trad. Françoise Hallet), Enfant qui a mal, enfant qui fait mal ?

Grands enfants. Adolescents : Conseils pour les parents adoptifs et les parents d’accueil, De Boeck, Coll. Parentalités, 2007 Caroline Archer cherche à fournir aux parents adoptifs et d’accueil une compréhension de l’étendue complexe des difficultés auxquelles leurs enfants doivent faire face suite à leurs expériences précoces traumatisantes. En explorant de manière très complète les effets des expériences négatives sur les systèmes innés de réponses biologiques de l’enfant, elle aide les parents à donner du sens aux comportements souvent compliqués de l’enfant blessé / qui blesse dans sa famille. Elle les guide dans l’analyse des difficultés rencontrées dans leur famille et dans la façon de faire face à des situations complexes et elle leur propose un grand nombre de pistes, laissant à chacun le soin de choisir celle qui s’adapte le mieux à la situation concrète de sa famille.

Les situations fréquentes qu’elle décrit en détail comprennent : les problèmes de sommeil, la colère, l’agressivité et la violence, les mensonges et les vols, les sorties nocturnes et les fugues, les comportements d’assuétude et d’automutilation, l’impulsivité et la prise de risques, la sexualité, le suicide et les troubles alimentaires compulsifs. Une aide remarquable pour tous les parents d’adoption et d’accueil qui sont confrontés à l’éducation d’un enfant qui a souffert de négligence et/ou de maltraitante dans son enfance. Un glossaire, une liste de livres et de sites internet, ainsi qu’un carnet d’adresses complètent l’ouvrage.

https://www.decitre.fr/livres/enfant-qui-a-mal-enfant-qui-fait-mal-grands-enfants-9782804153496.html

KASISCHKE Laura, Esprit d’hiver, Bourgois, 2013

Ce livre est un roman, une histoire imaginaire, qui prend une dimension universelle parce qu’elle parle à tous. En plus de ses qualités littéraires et de sa construction très méticuleuse, il décrit avec une grande justesse le parcours de l’adoption, ses motivations, ses espoirs, ses inquiétudes, ses fantasmes… On peut le lire au premier degré, comme un récit et en être choqué, ou bien adhérer à la proposition de Laura Kasischke qui nous met la puce à l’oreille dès le titre, puis nous manipule jusqu’au dénouement. Le roman est moderne, féminin, quotidien, avec des objets importants comme l’Iphone ou le rôti, dans ce huis clos mère et fille, un jour de Noël (et tous ses faux-semblants), alors que la maison est isolée dans le blizzard. Il est métaphorique ; lorsque la mère se demande si son enfant est bien celle qu’elle a rencontrée lors de son premier voyage, quelle belle trouvaille pour nous interroger sur la filiation ! Qui n’a pas reçu une photo qui ne ressemble pas à l’enfant accueilli quelque temps après ? Et les besoins spécifiques de cette enfant, sont-ils réels ou fantasmés ? Un roman qui ne laisse pas indifférent.

https://www.babelio.com/livres/Kasischke-Esprit-dhiver/506776

HOMES A. M ., Le sens de la famille, Actes sud, 2009 (existe en poche)

L’auteur, jeune romancière new-yorkaise, adoptée à sa naissance dans des circonstances obscures, se trouve confrontée brutalement à ses origines. Enfant de remplacement dans sa famille adoptive (adoptée 6 mois après le décès d’un autre enfant), elle nous offre pas à pas le récit du bouleversement émotionnel et identitaire qu’engendre la découverte de ses origines, entre le harcèlement affectif d’une mère de naissance immature et le côté manipulateur d’un père biologique qui ne la reconnaît (test biologique à l’appui) que pour mieux la rejeter ensuite. La mort prématurée de cette mère, et le rejet de ce père, vont la pousser dans une quête existentielle se traduisant par une recherche généalogique frénétique incluant ses quatre familles, à la recherche d’indices pouvant donner sens à son histoire. Sens qui prend forme lorsque devenue mère à son tour, elle prend conscience de l’héritage de ses quatre lignées. Avec lucidité et courage, elle nous décrit son désarroi et ses désillusions devant le retour brutal de ses origines, sa souffrance d’abandon et de non reconnaissance, ses difficultés à se situer par rapport aux décalages sociaux, culturels, affectifs, et spirituels de son double héritage. Un récit autobiographique poignant et particulièrement instructif pour ceux qui se lancent dans la quête des origines et ceux qui les accompagnent.

https://www.amazon.fr/Sens-famille-Homes-M/dp/2742785426

 

 

BERTRAND Sébastien, JAULIN Yannick, Chemin de la Belle étoile, Ed. Thierry Magnier, 2011

Sébastien Bertrand est né au Liban et a été adopté à l’âge de neuf mois. Une adoption heureuse, lumineuse. Le spectacle de Wajdi Mouawad, Incendies, déclenche en lui le désir de retourner à la source. Ce voyage, il l’accomplit avec Yannick Jaulin. De cette collaboration est né le désir d’écrire cette histoire-là, de la raconter en spectacle. Ce texte est accompagné de sa traduction arabe et enrichi de la préface de Catherine Dolto.

https://www.amazon.fr/Chemin-belle-%C3%A9toile-Yannick-Jaulin/dp/2953847804

Extrait de son spectacle

BERGE Prune, T’es pas ma mère, Actes Sud, coll. Babel, 2002

Quatre femmes correspondent entre elles, se retrouvent dans ce qu’elles ont à dire de leur histoire, alors que la vie les avait séparées. Sur le thème de l’adoption, ce très beau livre aborde aussi la question des relations filles-mères, des difficultés de l’abandon, de la volonté de se reconstruire, mais aussi de l’amour, de la maternité envisagée de manières différentes… Ce mode de récit, permet une authenticité des sentiments et une émotion rarement évoqués avec autant de spontanéité, un livre vibrant de sincérité.

https://www.decitre.fr/livres/t-es-pas-ma-mere-9782742739653.html

WINTERSON Jeanette, Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? L’Olivier, 2012 (existe en poche)

Romancière britannique, figure du mouvement féministe, Jeanette Winterson revisite son histoire personnelle. Une histoire qui s’articule d’abord autour de celle qu’elle nomme Mrs Winterson, sa mère adoptive, une dépressive truculente, enlisée dans sa religiosité et passablement illuminée. Jeanette est une résiliente qui va s’accrocher à la littérature comme à une bouée de sauvetage, lisant tous les livres de la bibliothèque publique de A à Z, et s’étonnant déjà que les femmes y tiennent si peu de place. Malgré l’adversité, elle trace son chemin, réussit sa vie avec le sentiment de se construire toute seule. En 2007, à la suite d’une rupture amoureuse, l’enfant perdue, furieuse, irascible qui vivait seule au fond d’elle-même, prend le dessus, puis elle s’effondre. Soutenue par ses amis, elle entreprend des recherches pour retrouver sa mère de naissance. L’adoption commence dans la solitude – vous êtes laissé à vous-même. Le bébé sait qu’il a été abandonné – j’en suis persuadée. De là, le voyage de retour ne devrait pas être effectué seul. Elle cesse de vouloir se comporter en « wonder woman ». Et bien lui en prend, car, si la loi a changé au Royaume-Uni en autorisant désormais les personnes nées sous X à demander leur certificat de naissance original, la procédure reste lourde, bureaucratique et teintée d’absurde… Un récit tendre, ironique, brillant, truffé d’humour, dénué de toute sentimentalité et qui parle si bien de la blessure de l’abandon, de la difficulté d’aimer quand on est marqué au fer rouge par la perte et des sentiments ambivalents qui submergent les êtres lors de retrouvailles. À ne pas manquer !

https://www.amazon.fr/Pourquoi-%C3%AAtre-heureux-quand-normal/dp/2879298709