Naissance sous X : le poids du secret

Poursuivant la thématique ouverte avec la diffusion du documentaire «Mères sous X, mères de l’ombre», Marina Carrère d’Encausse accueille plusieurs invités. L’accouchement sous X, autorisé en France et au Luxembourg, permet aux femmes qui le souhaitent d’abandonner leur bébé nouveau-né afin qu’il soit proposé à l’adoption. Un choix qui souvent reste douloureux, marqué du sceau du secret et de la honte. Témoignages et paroles de spécialistes se croisent autour de cette question complexe.

Une émission de France 5 : « Le monde en face ».

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Dans les yeux d’Olivier sur « Adoption : une aventure à risque »

Olivier Delacroix pose un regard atypique sur notre société et sur ceux qui la composent. Avec son sens tout particulier de l’écoute et de l’intérêt profond pour ceux qu’il rencontre, il va chercher la parole là où les épreuves de la vie et les traumatismes l’ont emprisonnée.

Aujourd’hui, 65 % des enfants concernés par l’adoption en France ont plus de 5 ans et sont affectés par une pathologie. Sylvie a adopté, il y a 13 ans en Russie, une fillette de 9 ans. Elle ignore tout de son passé mais découvre bientôt que sa fille souffre de graves séquelles psychologiques. En 2010, Claire et François accueillent deux frères originaires de Colombie, qui ont été abandonnés par leur mère. De leur côté, Anne-Valérie et Philippe, déjà parents, ont adopté deux autres enfants atteints de trisomie 21.

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Itinéraire d’un enfant placé

Du départ de sa famille d’accueil au possible retour chez sa mère, Yanie traverse une période de transition délicate. Un récit d’apprentissage intense et émouvant.

« On ne t’abandonne surtout pas », martèle Jacques, 70 ans, qui s’occupe avec Myriam de Yanie, placé chez eux depuis ses 14 mois. Aujourd’hui âgé de 14 ans, il doit quitter ces grands-parents de substitution qui prennent leur retraite. Du jour au lendemain, il change de cadre de vie pour habiter chez Vlassia et William, un jeune couple. « C’est pire qu’un choc. C’est comme mourir une première fois », confie ce jeune à la fois révolté et rongé par la peur. Un passage de relais déchirant : Jacques donne à Vlassia un petit carnet dans lequel ils ont consigné les étapes de vie de leur protégé. Après plus de neuf ans de séparation, Yanie expérimente en parallèle la vie commune avec Virginie, sa mère sortie de prison il y a un an qui réclame la garde de son fils. Entre l’envie de se rapprocher de cette mère qu’il connaît peu, l’amour inconditionnel qu’il porte à Myriam et Jacques, et la recherche d’un foyer stable pour se construire, Yanie peine à trouver sa place…

Articulé en trois actes, ce documentaire émouvant est un portrait à deux voix : celui de la réalisatrice Ketty Rios Palma qui filme Yanie dans cette foule d’adultes – éducateurs spécialisés, psychologues, assistants familiaux, parents… –, et celui de cet enfant placé dont on suit l’émancipation contrariée. Cet adolescent attachant fait preuve d’une maturité déconcertante face à l’annonce de son départ. Malgré le tempérament introverti de Yanie, la réalisatrice parvient à mettre en lumière son conflit intérieur, notamment en lui confiant une petite caméra. Yanie livre alors avec spontanéité ses sentiments, pour déclarer, après un long cheminement, qu’il ne se sent « le fils de personne ».

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