Je suis heureux que ma mère soit vivante
de Claude et Nathan Miller, 2009, Metropolitan Filmexport

Adopté à 7 ans avec son petit frère, Thomas, 20 ans, recherche et retrouve sa mère de naissance. Pendant toute cette démarche, lui reviennent, par petites touches, des épisodes du passé : quand il vivait encore avec sa mère de naissance, les circonstances de son placement, les confrontations avec son père adoptif, ses « pétages de plomb » au collège, etc. Autant d’éléments que Claude et Nathan Miller (les réalisateurs du film) nous livrent au fur et mesure des réminicences de Thomas et qui nous permettent petit à petit d’approcher la douleur et la révolte de Thomas. Autant d’ingrédients pour que cette recherche sauvage, vitale, tourne au drame.

D’une grande subtilité, ce film ne juge pas, ne démontre rien mais nous fait rencontrer des personnages d’une grande crédibilité avec leurs fêlures voire leurs blessures, leurs manquements. Une mère de naissance qui visiblement aime ses enfants mais qui se montre incapable de leur apporter la sécurité de base, un père adoptif fragile, un jeune homme qui cherche sa place à grand fracas, un « petit » frère qui refuse de partager la quête douloureuse de l’aîné parce que lui « n’en a rien à foutre ».

Sombre, dur, ce film se laisse découvrir et soulève de nombreuses questions et réflexions : la préparation à l’adoption du côté des enfants, l’impérieuse nécessité d’un accompagnement des personnes en recherche de leurs origines, le travail non moins nécessaire que les parents (adoptifs) ont à faire sur leurs fragilités, leurs limites. Une histoire puissante, inspirée d’un fait divers, extrêmement bien servie par les 2 acteurs principaux (Vincent Rottiers et Sophie Cattani). On est heureux que Miller, père et fils, aient fait ce film!

Bande annonce