Depuis plusieurs mois la situation à Haïti s’est fortement dégradée. En novembre, un couple de postulants qui venait d’arriver à Port au Prince pour la période de socialisation a été assassiné. L’insécurité est telle que l’IBESR, autorité centrale haïtienne, et la Mission de l’adoption internationale ont décidé début 2020 que les adoptants dont les procédures étaient terminées, rencontreraient leur(s) enfant(s) en Guadeloupe et ne se rendraient plus à Haïti, leur sécurité ne pouvant être garantie.

Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines : émeutes, écoles et hôpitaux fermés, heurts entre armée et policiers, ….

Enfance & Familles d’Adoption ne peut que saluer la décision de la MAI de suspendre par arrêté à compter du 11 mars et pour une durée de 3 mois les adoptions à Haïti. Il n’est pas possible dans des périodes troublées telles celles suivant des catastrophes naturelles ou des périodes d’extrême violence et de désorganisation totale d’un pays de pouvoir assurer des adoptions éthiques dans le respect des droits des enfants telles que le prévoit la CIDE et la Convention de la Haye dans le cadre de l’adoption internationale.

Si les pensées d’Enfance & Familles d’Adoption vont en premier lieu vers le peuple haïtien et en particulier les enfants qui représentent les premiers victimes, nous avons une pensée particulière pour les candidats dont les procédures sont en cours et qui attendent impatiemment de pouvoir aller chercher leur(s) enfant(s) mais également pour ceux qui ont un dossier dans ce pays et voient leur projet suspendu ou dans l’obligation de le réorienter. Au-delà de l’accompagnement proposé par l’AFA et les OAA, les associations départementales peuvent soutenir les postulants qui le souhaitent. La ligne d’écoute d’EFA est également à leur disposition.

Nous espérons qu’Haïti retrouvera calme et sérénité et que tous les enfants pour lesquels l’adoption internationale est le projet pourront avoir des parents répondant à leurs besoins.

Le Conseil d’administration, 15 mars 2020