Archive d’étiquettes pour : Témoignages

Nos cinq sens font partie intégrante de notre personne, liés au cerveau par des connexions et rouages aussi subtils qu’extraordinaires et solidaires. Pour bien fonctionner, pour pouvoir réagir de façon appropriée, [ils doivent] travailler ensemble, explique le docteur Françoise Hallet, coordinatrice de L’Envol (centre de postadoption belge). Un cerveau bien équilibré […] nourri de nombreuses sensations, fonctionne bien, ajoute-t-elle, et quand notre cerveau fonctionne bien, nous aussi.

Mais chez nos enfants, comment le développement sensoriel s’est-il passé, dans leurs débuts de vie souvent « troublés » ? N’y a-t-il pas eu des sens « privés de sens » ou « sur-stimulés » ? Quels éventuels dysfonctionnements auraient pu se produire, survenir ? Certains sens ont-ils pu être affectés, abîmés ou particulièrement développés ? Comment déceler d’éventuelles carences ou défaillances, puis comment aider à les réparer, à « rattraper » ? Ou sur quelle compétence sensorielle s’appuyer pour entrer en relation, pour favoriser les apprentissages ?
Nous aimerions attirer l’attention des parents et des futurs parents adoptifs sur cette question du développement sensoriel qui nous semble très importante et qu’on n’a pas forcément en tête lorsqu’on se prépare à accueillir un enfant, ou même lorsqu’on est parent.

Nous serions heureux, pour enrichir le prochain dossier de la revue Accueil, de recueillir vos témoignages sur ces questions dont on parle peu, ou peut-être pas suffisamment encore. Voici quelques questions – non exhaustives – pour orienter votre réflexion, nous vous remercions par avance de vos retours d’expériences.

Lire le détail de l’appel à témoignage (pdf).

 

VIRET Andrès, Abandopté ! Ou le récit d’une vie magnifique

Le roman autobiographique d’Andrès Viret nous emmène tout au long de ses 33 années d’existence et raconte avec précision les différentes étapes de sa vie. Né en Colombie, il a été adopté par une famille suisse alors qu’il avait 4 ans. Son enfance magnifique dans sa nouvelle famille est contée avec beaucoup d’humour et de reconnaissance. Narrant les étapes les plus difficiles, il a littéralement posé son cœur sur une feuille blanche ; rares sont les témoignages qui vont aussi loin dans les détails de l’obscurité mais avec toujours la volonté de penser que la lumière n’est jamais très loin. Ce livre témoigne d’un immense bonheur, d’un amour sans limite pour sa famille et tente humblement de changer une image de l’adoption parfois mal connue du grand public.

https://www.amazon.fr/Abandopt%C3%A9-r%C3%A9cit-dune-vie-magnifique-ebook/dp/B004SP2BPA

 

Mère de deux garçons adoptés « grands », en fratrie, au Brésil, Gaëlle Drevet nous fait partager le cheminement de son couple et de sa famille, les turbulences des premières années et la construction au fil du temps d’une « famille à quatre ». Six années d’espoir, de larmes, de cris mais aussi de rires et de tendresse.

Premier ouvrage de la toute nouvelle collection « Témoignage » d’Enfance & Familles d’Adoption, On regardait s’approcher les nuages apporte de nombreuses pistes de réflexion aux postulants qui se tournent vers l’adoption d’enfants grands, en fratrie. Il sera tout aussi utile aux professionnels qui accompagnent les familles adoptives.

Un livre fort, d’une lucidité et d’une franchise peu communes, sur les différentes étapes du parcours de l’auteur : du choix de devenir parent par adoption jusqu’à la rencontre des enfants, puis le long chemin de l’adaptation et de l’attachement mutuel, enfin la remarquable évolution des enfants et de toute la famille.

https://www.babelio.com/livres/Drevet-On-regardait-sapprocher-les-nuages/748990



TRAD Alexandre, Heureusement, j’ai été adopté, Back to Broumana, Société des écrivains, 2011

Après un premier voyage au Liban et à l’orphelinat où il a été recueilli, Pierre- Olivier rentre en France sans rien avoir appris de son histoire. Quelque temps après, un message inattendu de Sœur Josèphe (de l’orphelinat libanais) l’informe qu’elle a finalement retrouvé des documents le concernant, égarés dans un dossier voisin. Ceux qui lui ont donné la vie seront-ils au rendez-vous de ce second voyage ? Surgit alors une famille, chaleureuse, très orientale, composée de frères, sœurs, tantes, amis, tous enthousiastes à l’idée de revoir cet enfant si longtemps oublié pour les uns, ignoré pour les autres. Comme dans un roman à suspense, l’auteur a su parfaitement traduire les états d’âme complexes et ambivalents qui précèdent des retrouvailles, faits d’impatience, d’espoirs et d’inquiétude. Heureusement, l’auteur s’est construit au sein de sa famille en France. Il est père de famille, a le recul et la maturité nécessaire pour réaliser qu’il n’était pas dans une démarche affective, mais poussé par un besoin d’information et de compréhension de son histoire. Un ouvrage qui peut certainement aider ceux qui cherchent leurs origines à aborder cette démarche avec lucidité, et sans nourrir trop d’attentes.

https://www.decitre.fr/livre-pod/heureusement-j-ai-ete-adopte-9782748365566.html

MONESTIER Barbara, Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d’être adoptée, Anne Carrière, 2005

Que signifie ce fameux « parcours du combattant » du parent adoptif pour aller vers l’enfant tant attendu et espéré, en regard de la souffrance de l’enfant adopté qui n’a pas choisi de l’être, qui n’y a pas été préparé ? Dans un témoignage sincère et sensible, Barbara Monestier explique comment « la cassure de sa naissance ratée » a, depuis son arrivée du Chili à l’âge de 4 ans et demi, guidé ses comportements et ses relations aux autres. Durant des années, elle vit, tiraillée entre la volonté de s’intégrer, d’être conforme à ce qu’on attend d’elle, d’être une enfant comme les autres, et une revolte sourde qui gronde en elle et la conduit à des excès de colère et de provocation vis-à-vis de son entourage. Ce témoignage n’est pas un réquisitoire contre l’adoption mais l’expression d’une souffrance qui fut impossible à dire avec des mots et d’un énorme malentendu qui nous rappellent à quel point l’adoption doit d’abord être un désir de part et d’autre, un consentement et un apprivoisement mutuels.

https://www.decitre.fr/livres/dis-merci-tu-ne-connais-pas-ta-chance-d-avoir-ete-adoptee-9782843373121.html

LEROY Tinan, Magnitude 7.3, Alma éditions, 2011

Tinan arrive en France à l’âge de 4 ans 1/2, adopté par une femme célibataire. Il nous dit très peu de choses sur son enfance, sauf qu’il garde quelques souvenirs de son grand frère et de sa mère de naissance. À l’âge de 22 ans, il part en Haïti rencontrer sa famille d’origine, découvre la culture et (ré)apprend le créole… Enfin un livre qui parle de la double culture, de la double appartenance et de la difficulté à se situer. L’argent tient aussi une place importante, mais c’est surtout un livre sur le parcours d’un jeune homme qui se cherche et qui finit par se trouver. Lorsqu’il découvre dans quelles conditions il a été adopté, il forme le vœu de retrouver la quarantaine d’enfants qui vivaient dans la même crèche.

HACHEY Isabelle, Déracinés : les enfants perdus d’Hato Moyor, éditions La Presse (Québec), 2015

Dans les années 1980, plus de 200 enfants d’Hato Mayor, en République dominicaine, ont été séparés de leurs familles pour être confiés à des couples du Québec. Au cœur de cette petite ville des Caraïbes, une « machine à adoptions » redoutablement efficace avait été mise en place en toute légalité par un réseau québécois de missionnaires et de parents adoptifs. Trente ans plus tard, accompagnée d’Orlando Fleurant, l’un de ces enfants aujourd’hui adulte, Isabelle Hachey est partie sur les traces de cette organisation qui, bien qu’animée de bonnes intentions, a donné de faux espoirs à de nombreuses familles. À travers l’histoire d’Orlando, Déracinés lève le voile sur la dérive d’un système dont les impacts se font encore sentir, au Québec comme en République dominicaine.

https://www.cultura.com/deracines-les-enfants-perdus-d-hato-mayor-9782897053970.html

GIRAUD Céline, TREVERT Émilie, J’ai été volée à mes parents, Flammarion, 2007

En se lançant à la recherche de ses origines, Céline Giraud ne soupçonne pas le mystère dont elle va tirer le fil. Adoptée à l’âge de 16 jours au Pérou, cette jeune Française a toujours cru que ses parents, trop pauvres pour l’élever, l’avaient abandonnée. Mais voilà que cette employée de banque, mère d’une petite fille, découvre soudain qu’elle a été victime d’un réseau de trafiquants d’enfants.  » Tu n’as pas été abandonnée, tu as été volée « , lui révèle-t-on. Des deux côtés de l’Atlantique. Céline entreprend alors une investigation hors du commun.Elle fouille les archives, renoue avec les protagonistes, recueille des éléments sidérants sur le trafic. Elle découvre qu’une vingtaine d’enfants, comme elle, ont été dérobés à l’affection des leurs. La plupart vivent en France, encore dans l’ignorance de ce terrible secret. Son témoignage, émouvant et fort, est un livre sur l’adoption mais aussi un livre d’enquête. Le récit d’une jeune femme qui, après vingt-trois ans, découvre l’amour de sa mère naturelle sans jamais renier pour autant celui de ses parents adoptifs. Un cri du cœur et un message d’espoir.

https://www.amazon.fr/Jai-%C3%A9t%C3%A9-vol%C3%A9e-mes-parents/dp/2080690833

DRORY Diane et FRÈRE Colette, Le complexe de Moïse : paroles d’adoptés devenus adultes, De Boeck, 2011

Si tout humain se construit avec le complexe d’Oedipe, l’adopté, lui, doit y ajouter le complexe de Moïse qui caractérise sa filiation. L’amnésie infantile n’efface rien : un enfant adopté est toujours tiré des eaux, celles de sa mère biologique, et il reste inconsciemment imprégné des paroles qui ont été dites en ce temps-là. Comment faire, de ce murmure laissé en héritage, une force vive ? Soutenir son processus d’identification à la filiation adoptive ? Lui garantir le droit à la double loyauté ? L’aider à intégrer dans son histoire la blessure de l’abandon ? L’accompagner au cours de ses interrogations sur ses origines ?… Quinze adoptés, tous adultes, répondent à ces questions à travers le récit de leur vie, qu’ils ont confié à Colette Frère, celui de leur parcours, jonché de bien des paradoxes dont il faut trouver le sens. Un sens mis en lumière par le regard que Diane Drory, psychanalyste, pose depuis de nombreuses années sur les questions d’adoption. Ce très beau livre, d’une lecture facile, apporte un éclairage très intéressant sur l’adoption.

https://www.cultura.com/le-complexe-de-moise-9782804164560.html

DEMORTIER Christian, Adopté dans le vide, Fayard, coll. Les enfants du fleuve, 2001

Né à Pondichery en 1965, l’auteur a été adopté à 2 ans et demi par un couple belge, apparemment bien sous tous rapports. La réalité des faits est moins séduisante : le père, violent, abuse de Christian, la mère dépressive s’avère incapable de donner à cet enfant l’amour dont il a besoin. La présence d’un frère aîné, biologique avec lequel il a peu de relations, n’adoucit pas ce sombre tableau. Ce lourd climat ne s’allège qu’à la mort de son père, Christian a 14 ans. L’auteur analyse les étapes de sa quête d’identité. Il se sent étranger dans la société belge qu’il observe avec acuité, et fait à 16 ans une rencontre déterminante : celle de son premier ami, un indien de 14 ans, qui vit en Belgique avec ses parents. Christian fera, seul, à 26 ans, son premier voyage en Inde. Il se dit aujourd’hui “tiraillé par deux cultures auxquelles il n’appartient pas”. Ce témoignage extrême de maltraitance nous semble bien éloigné de ce pourraient décrire d’autres enfants adoptés en Inde ou ailleurs. Rappelons, dans cette collection (Les Enfants du Fleuve), les ouvrages destinés à faire connaître des initiatives de protection des enfants, comme le remarquable livre de Josette Dufour “Adopte moi quand même”, qui permet de comprendre les enjeux de l’adoption internationale, et les précautions à prendre en matière d’apparentement qui ne semblent pas avoir été respectées pour l’adoption de Christian Demortier.

https://www.decitre.fr/livres/adopte-dans-le-vide-9782213608655.html