Julie Foulon, Sara et Tsega, Éditions Baudelaire, 2020

Sara, 6 ans, et Tsega, 4 ans, sont emmenées – dans la clandestinité – dans un orphelinat éthiopien. En grande difficulté matérielle après la mort de son mari, et sous la pression de ses autres enfants adultes, la mère confie à Sara un « secret » qu’elle ne devra révéler sous aucun prétexte. Au terme d’un court séjour à l’orphelinat, les deux fillettes arrivent en France et sont « livrées » à un couple, sans aucune préparation. Avec son regard et ses mots d’enfant de 6 ans, Sara nous fait vivre l’étrangeté, l’incompréhension et les malentendus qu’elle ressent auprès de ce couple, qu’elle juge accueillant mais un peu trop insistant. On ne s’étonnera pas que cette enfant ne puisse se résoudre à appeler ces adultes « Papa et Maman ». Lorsqu’elle finit par avouer son secret pour se libérer d’un poids trop lourd à porter, mais aussi dans l’espoir de retrouver sa famille d’origine, personne ne la croit et le climat familial se détériore. L’état psychologique de Sara se dégrade au fur et à mesure qu’elle réalise que sa mère ne viendra pas les chercher comme elle le lui a promis. Les relations avec ses parents adoptifs ne font que s’envenimer. Au terme de longues années de difficultés et de désespoir, et d’une année de séparation, Sara finira par renouer avec ses parents adoptifs, qui en toute bonne foi souhaitaient devenir parents de celles qu’ils pensaient être leurs filles. Ce témoignage poignant et très dérangeant est une sorte de tragédie qui laisse un goût amer. Entre mensonges et vérités, on peine à démêler les motivations et le rôle qu’ont joué les adultes qui ont participé à cette double adoption.

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Ce commentaire a été publié dans le numéro 198 de la revue Accueil