WINTERSON Jeanette, Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? L’Olivier, 2012 (existe en poche)

Romancière britannique, figure du mouvement féministe, Jeanette Winterson revisite son histoire personnelle. Une histoire qui s’articule d’abord autour de celle qu’elle nomme Mrs Winterson, sa mère adoptive, une dépressive truculente, enlisée dans sa religiosité et passablement illuminée. Jeanette est une résiliente qui va s’accrocher à la littérature comme à une bouée de sauvetage, lisant tous les livres de la bibliothèque publique de A à Z, et s’étonnant déjà que les femmes y tiennent si peu de place. Malgré l’adversité, elle trace son chemin, réussit sa vie avec le sentiment de se construire toute seule. En 2007, à la suite d’une rupture amoureuse, l’enfant perdue, furieuse, irascible qui vivait seule au fond d’elle-même, prend le dessus, puis elle s’effondre. Soutenue par ses amis, elle entreprend des recherches pour retrouver sa mère de naissance. L’adoption commence dans la solitude – vous êtes laissé à vous-même. Le bébé sait qu’il a été abandonné – j’en suis persuadée. De là, le voyage de retour ne devrait pas être effectué seul. Elle cesse de vouloir se comporter en « wonder woman ». Et bien lui en prend, car, si la loi a changé au Royaume-Uni en autorisant désormais les personnes nées sous X à demander leur certificat de naissance original, la procédure reste lourde, bureaucratique et teintée d’absurde… Un récit tendre, ironique, brillant, truffé d’humour, dénué de toute sentimentalité et qui parle si bien de la blessure de l’abandon, de la difficulté d’aimer quand on est marqué au fer rouge par la perte et des sentiments ambivalents qui submergent les êtres lors de retrouvailles. À ne pas manquer !

https://www.amazon.fr/Pourquoi-%C3%AAtre-heureux-quand-normal/dp/2879298709