Pascale Perrier, Le lion endormi, Oskar éditeur, 2020

1985, en Colombie, l’éruption du volcan « Le lion endormi » ravage la région et ses habitants. Simultanément, Martin, reporter photographe français, est appelé sur place pour couvrir l’événement. La vision apocalyptique et l’horreur du spectacle de ces morts et de ces blessés lui font remettre en question son métier : jusqu’où peut-on montrer la réalité ? L’éthique de l’information est finement analysée.

Dix ans plus tard, Alicia, la fille de Martin et d’Émilie, traverse une période difficile : questionnements sur son pays de naissance, son adoption, elle se sent « déracinée ». Elle se plonge alors dans le récit de la mission en Colombie que son père a écrit à son intention. Martin a récupéré des bras d’une femme mourante – qu’il pense être sa mère, alors qu’il n’en a aucune certitude – un bébé de 3 mois. Dès lors, il ne veut plus s’en séparer, sa femme et lui ne peuvent pas avoir d’enfant. Grâce à une amie qui a des amis « haut placés », il ne faudra que trois jours pour obtenir le passeport provisoire permettant de rentrer en France. Martin est fier d’avoir « agi au mieux pour sa fille ». Même si ce livre présente d’incontestables qualités narratives, les parents qui le donneront à leurs enfants pourront utilement leur rappeler que sauver un enfant, avec les meilleures intentions du monde, suppose aussi de respecter les lois, et plus encore les enfants.

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Ce commentaire a été publié dans le numéro 198 de la revue Accueil